Le Canada ouvre une mission diplomatique en Irak

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Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, discute avec le président du parlement irakien, Osama al-Nujaifi (Photo: AFP)
Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, discute avec le président du parlement irakien, Osama al-Nujaifi (Photo: AFP)

Au cours de sa tournée au Moyen-Orient, le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, a annoncé, ce lundi, l’ouverture d’une mission diplomatique à Bagdad afin de témoigner «de l’intention du Canada d’élargir ses rapports avec un acteur clé sur la scène régionale».

À l’issue d’une rencontre avec le président du Parlement irakien, Osama Al-Nujaifi, John Baird a annoncé sa volonté de resserrer les liens diplomatiques entre Ottawa et Bagdad dans un contexte d’instabilité régionale.

Alors qu’il effectue actuellement une tournée au Moyen-Orient avec, pour escales, la Jordanie, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, Chypre et Israël, le chef de la diplomatie canadienne a effectué une visite surprise sur le territoire irakien. Et ce, un mois après le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney.

Évoquant «un jalon historique dans les relations entre le Canada et l’Irak», John Baird a nommé, ce lundi, une chargée d’affaires, Mme Stéphanie Duhaime, à la tête de cette mission. Conformément à l’entente signée entre le Canada et le Royaume-Uni à l’automne dernier, elle prendra place au sein de l’ambassade britannique située à Bagdad.

De son côté, la mission canadienne en Jordanie poursuivra ses fonctions depuis Amman afin d’assurer les relations diplomatiques et stratégiques avec le régime irakien, comme c’est le cas depuis 2005.

John Baird a tenu à justifier ce choix par l’attrait commercial et les divers enjeux offerts par Bagdad. «Dix ans après l’intervention en Irak, l’économie irakienne compte parmi celles qui croissent le plus rapidement au monde, malgré l’existence de tensions sectaires profondes», a-t-il commenté dans un communiqué.

Des «perspectives attrayantes» pour «le commerce et l’investissement»

«Compte tenu du conflit qui fait rage dans la Syrie avoisinante, de la poursuite sans relâche par le régime de l’ayatollah [Ali Khamenei] d’une hégémonie sectaire et de ses ambitions nucléaires, compte tenu également de la présence d’un allié de l’OTAN et partenaire économique à la frontière nord de l’Irak, l’ouverture de cette mission diplomatique à Bagdad témoigne de l’intention du Canada d’élargir ses rapports avec un acteur clé sur la scène régionale», a ajouté le ministre Baird.

Évoquant des «perspectives attrayantes […] pour les intérêts du Canada sur le plan du commerce et de l’investissement», il a également précisé qu’il entendait ouvrir des négociations commerciales avec les dirigeants irakiens à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

Actuellement, le Canada est le huitième investisseur étranger en Irak, selon la diplomatie canadienne, avec une importante représentation par des sociétés pétrolières dans cette région autonome du nord du pays.

Malgré une lente et douloureuse reconstruction, l’Irak bénéficie d’une croissance économique toujours présente. Pour autant, les divergences communautaires laissent planer un climat d’insécurité récurrent dans un pays miné par les conflits réguliers de ces dernières décennies. Un défi auquel le Canada entend participer, John Baird évoquant ainsi son souhait de voir «une société multiconfessionnelle et pluraliste vivant en paix avec ses voisins, et au sein de laquelle les musulmans, les chrétiens et les autres groupes religieux et ethniques vivront en sécurité et dans l’harmonie sociale».

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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