Le complexe industriel de Kaesong quasi-déserté par les derniers employés sud-coréens

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Des hommes d'affaires sud-Coréens le 17 avril 2013 à la frontière à Paju (Photo: Archives/Jung Yeon-Je/AFP)
Des hommes d’affaires sud-Coréens le 17 avril 2013 à la frontière à Paju (Photo: Archives/Jung Yeon-Je/AFP)

Après la décision prise, la semaine dernière, par le ministère sud-coréen de l’Unification, la quasi-totalité des employés sud-coréens présents sur le complexe industriel de Kaesong, à la frontière entre les deux Corées, a quitté le site dans la nuit de lundi à mardi.  

Ils ne sont plus que sept. Sept cadres sud-coréens encore présents du côté de Kaesong. Si la date de leur départ n’a pas encore été précisée par le ministère sud-coréen de l’Unification, ces derniers employés n’ont plus qu’à régler quelques détails administratifs, concernant notamment les salaires d’ouvriers nord-coréens.

Dans la nuit de lundi à mardi, 44 employés sont rentrés en Corée du sud, comme l’ont annoncé les autorités de Séoul. Un retour retardé par des «discussions de dernière minute sur des questions administratives», comme l’a précisé le ministère de l’Unification.

Ce retrait des employés sud-coréens a été décidé suite au refus de Pyongyang de la nouvelle offre de négociations présentée par Séoul, jeudi dernier. Dans un communiqué, le ministère sud-coréen de l’Unification avait alors présenté «une offre officielle de pourparlers au niveau opérationnel et d’assistance humanitaire aux travailleurs de la Corée du Sud dans le complexe de Kaesong», fixant un ultimatum pour vendredi.

Dès samedi, 126 personnes avaient déjà franchi le point de contrôle de Paju, sur la ligne de démarcation entre les deux Corées. La Corée du Nord n’avait alors donné son accord que 30 minutes avant l’horaire initialement prévue pour le départ du contingent sud-coréen. Mais le retrait total des employés sud-coréens laisse planer de sérieuses inquiétudes concernant l’avenir du complexe industriel. Si certains experts craignent un redéploiement de troupes du Nord à la frontière, nombreux sont ceux qui redoutent l’effondrement du complexe après une telle interruption de production. Ce lundi, le chef de la diplomatie sud-coréenne Yun Byung-Se a assuré que «la fenêtre de dialogue restait ouverte».

Dans le même temps, Pyongyang a de nouveau affirmé, ce lundi, la responsabilité de Séoul dans les tensions actuelles entre les deux Corées, le régime de Kim Jong-Un menaçant son voisin de prendre «des mesures décisives et cruciales s’il continue d’essayer d’aggraver la situation».

«Ces remarques comme ‘provocation du Nord’ et ‘menace de lui’ faites par les États-Unis et les fauteurs de guerre sud-coréens ne sont que des sophismes pour cacher leur nature belliqueuse et justifier leurs mouvements pour une guerre contre le Nord», a assuré, ce dimanche, le journal officiel nord-coréen Rodong Sinmun.

Un complexe à l’arrêt, des emplois menacés

Le 3 avril dernier, Pyongyang avait décidé, unilatéralement, d’interdire aux sud-Coréens l’accès au complexe, situé sur son territoire à une dizaine de kilomètres de la frontière.  Quelques jours plus tard, le régime de Kim Jong-Un en a retiré ses 53 000 employés, causant l’arrêt de la production dans les usines du complexe industriel.

Depuis, les 123 entreprises du Sud présentes à Kaesong ont subi de plein fouet l’interruption de leur production et des livraisons. Sur le complexe à l’arrêt, seuls 176 employés sud-coréens sur les 900 habituellement présents sont restés sur place.

La semaine dernière, une dizaine de représentants des quelque 123 entreprises sud-coréennes de Kaesong avaient essuyé le refus du régime nord-coréen de se rendre dans la zone industrielle afin d’approvisionner les travailleurs sud-coréens restés sur place.

Face à l’escalade des tensions actuelle déclenchée suite au nouvel essai nucléaire de Pyongyang, en février dernier, Séoul a rappelé son intention, mercredi dernier, de rester «fidèle au principe de dénucléarisation de la péninsule coréenne», comme l’a déclaré le Premier ministre Chung Hong-won.

Selon le chef du gouvernement sud-coréen, la Corée du Sud «peut dissuader les programmes nucléaires [du Nord]en ayant recours à des moyens de dissuasion élargie fournis par les Etats-Unis», écartant ainsi tout redéploiement d’armes nucléaires tactiques sur son territoire.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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