Le Conseil de l’Arctique s’en va au Pôle Nord

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Construction d’un abri de neige pendant le cours de survie dans l'Arctique pour le personnel navigant à Crystal City, un secteur d’entraînement des Forces canadiennes près de Resolute Bay, au Nunavut ((Photo: ARC)
Construction d’un abri de neige pendant le cours de survie dans l’Arctique pour le personnel navigant à Crystal City, un secteur d’entraînement des Forces canadiennes près de Resolute Bay, au Nunavut (Photo: Archives/ARC)

À quelques semaines de l’arrivée du Canada à la présidence du Conseil de l’Arctique, la prochaine réunion des différents dirigeants de l’organisation offrira, du 9 au 11 avril prochain, une visite au Pôle Nord et à la station scientifique dérivante Barnéo.

Le Conseil de sécurité de Russie a annoncé la nouvelle, ce jeudi, sur son site internet. «Une rencontre internationale des hauts représentants des Etats membres du Conseil de l’Arctique aura lieu du 9 au 11 avril à Salekhard sur l’initiative du Conseil de sécurité de Russie», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que «les délégués se rendront au poste-frontière Nagourskoïe, à la base polaire dérivante Barnéo et au Pôle Nord».

Lors de cette rencontre, les représentants des différents pays membres du Conseil de l’Arctique seront présents pour traiter notamment des enjeux écologiques au cœur de cette région de plus en plus convoitée.

Le Conseil de sécurité russe a ainsi évoqué la tenue de discussions sur la préservation des systèmes écologiques arctiques, sur l’exploitation des ressources naturelles et le développement de l’infrastructure des transports dans cette région, ainsi que sur les perspectives de la coopération internationale appelée à éviter les situations d’urgence en Arctique.

Car à mesure de la fonte progressive de la banquise, les intérêts économiques, écologiques et géostratégiques des «États arctique» mais aussi «non-arctique» ont resurgi ces dernières années. Créé en 1996, le Conseil de l’Arctique regroupe huit membres permanents, à savoir le Canada, le Danemark, les Etats-Unis, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Russie et la Suède, ainsi que six communautés arctiques indigènes.

Parfois décrié, souvent oublié, l’organisation a repris, au fil des années, une place importante au cœur de la région. Chargé de promouvoir la coopération dans la protection de l’environnement et de stimuler le développement durable des régions polaires, il doit également gérer les intérêts divergents de chaque partie.

Le Canada à la présidence du Conseil de l’Arctique

(Photo: Archives/Sergent Matthew McGregor/DND-MDN Canada)
Des boeufs musqués lors de l’Opération Nunalivut 2012 (Photo: Archives/Sergent Matthew McGregor/DND-MDN Canada)

Le 15 mai prochain, la réunion de Kiruna, en Suède, marquera la fin de la présidence tournante de la Suède, laissant place à celle du Canada pour les deux prochaines années. L’occasion pour Ottawa d’affirmer ses projets de développement pour la région.

«Le gouvernement du Canada est déterminé à permettre au Nord de réaliser son plein potentiel comme région saine, prospère et protégée, au sein d’un Canada fort et souverain. Le Canada travaille donc en étroite collaboration avec les autres États de l’Arctique pour défendre ses intérêts nordiques et travailler avec eux à définir un vaste projet d’avenir pour la région», peut-on lire sur le site de la diplomatie canadienne.

Ayant pour thème «le développement au service de la population du Nord», la future présidence du Conseil de l’Arctique entend œuvrer pour l’exploitation responsable des ressources de l’Arctique, la navigation sécuritaire dans l’Arctique et des collectivités circumpolaires durables.

Actuel président de l’Agence canadienne de développement économique du Nord, Patrick Borbey a été nommé, le mois dernier, pour présider le Conseil durant les deux prochaines années. «La vaste expérience que M. Borbey a acquise auprès des habitants du Nord lui profitera grandement dans ses fonctions à la tête des hauts représentants de l’Arctique», a déclaré la ministre canadienne de l’Agence canadienne de développement économique du Nord et ministre du Conseil de l’Arctique, Leona Aglukkaq.

Cette dernière a d’ores et déjà pu rencontrer les différents partenaires de la région pour préparer dans les meilleures conditions la présidence canadienne. Au cours d’une semaine de visite, en janvier dernier, Mme Aglukkaq s’est ainsi rendu en Islande, au Danemark, en Finlande et en Norvège, pour présenter les priorités d’Ottawa en rapport à l’Arctique.

«Les gens se sont tournés vers l’Arctique pour se demander ce qu’il s’y passait»

En attendant, de nombreux États semblent vouloir faire partie de la nouvelle orientation à venir pour la région. Un intérêt naissant dont nous faisait part Joël Plouffe, co-directeur de la revue numérique Arctic Yearbook 2012, mercredi dernier à Montréal.

«On s’en rend d’autant plus compte aujourd’hui que les réseaux sociaux, les publications, les médias ont fait en sorte que l’Arctique fasse maintenant beaucoup plus partie des relations internationales. Et les gens se sont tournés vers l’Arctique pour se demander ce qu’il s’y passait», confiait-il dans un entretien accordé à 45eNord.ca.

Avec la fonte des glaces, les enjeux stratégiques se mêlent progressivement aux considérations écologiques avec l’ouverture de nouvelles routes maritimes. Alors que chaque «État arctique» tente de sécuriser, voire de développer, ses frontières maritimes, le Canada continue d’affirmer sa souveraineté dans la région. Notamment au travers d’exercices militaires avec l’Opération Nunalivut, actuellement en cours dans le Grand Nord. Preuve, si besoin était, de l’intérêt canadien dans une région convoitée.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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