Les ambitions iraniennes et nord-coréennes compromettent la non-prolifération nucléaire

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La chef du Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies, Angela Kane (Photo: Jean-Marc Ferré/ONU)
La chef du Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies, Angela Kane (Photo: Jean-Marc Ferré/ONU)

Les tensions liées au programme nucléaire de la République islamique d’Iran et les menaces incessantes de la Corée du Nord ont figuré en tête des préoccupations des participants à la seconde conférence préparatoire des parties au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), qui a entamé ses travaux cette semaine à Genève.

Dans son discours d’ouverture, la chef du Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies, Angela Kane, a exhorté les États membres à créer un environnement en mesure de répondre aux menaces posées par l’Iran et la Corée du Nord.

«La raison d’être de ce processus d’examen, c’est de se concentrer sur la mise en œuvre des engagements liés aux trois piliers du traité, à avoir le désarmement nucléaire, la non-prolifération et les usages pacifiques de l’énergie nucléaire», a-t-elle dit, ajoutant «Le plus important, c’est de veiller maintenant à aller de l’avant, aussi lents et difficiles à faire les progrès soient-ils», a-t-elle ajouté.

Le Traité

Traité multilatéral ouvert à la signature le 1er juillet 1968 à Londres, Moscou et Washington, le TNP est entré en vigueur le 5 mars 1970, pour une durée initiale de 25 ans, puis, lors de la Conférence de 1995 chargée d’examiner le Traité et la question de sa prorogation, le Traité fut prorogé pour une durée indéfinie.

Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires est un traité presque universel auquel 189 États sont parties.

Il vise à réduire le risque que l’arme nucléaire se répande à travers le monde et son application est garantie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, peut on lire sur le site su Bureau de désarmement comporte quatre dispositions principales inscrites dans ses six premiers articles :

  1. Les États dotés d’armes nucléaires s’engagent à ne pas transférer d’armes nucléaires ni à aider un État non dotés d’armes nucléaires à acquérir d’armes nucléaires, de technologies connexes, ou le contrôle de telles armes et dispositifs; et les États non dotés d’armes nucléaires s’engagent à ne pas accepter le transfert d’armes nucléaires et à ne pas en fabriquer.
  2. Des garanties sont créées pour garantir que les produits fissiles spéciaux fabriqués ou utilisés dans les installations nucléaires des États non dotés d’armes nucléaires servent uniquement des fins pacifiques.
  3. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires reconnaît le droit de chaque État partie de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Il autorise les États dotés d’armes nucléaires à aider les États non dotés d’armes nucléaires à exploiter les technologies nucléaires à des fins pacifiques.
  4. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires exhorte les États parties à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures relatives au désarmement nucléaire et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace.

L’Iran et la Corée du Nord

La Corée du Nord s’est retirée du Traité en 2003 tandis que l’Iran en est toujours signataire.

Les représentants de la Chine, de la France, de la Fédération de Russie, du Royaume-Uni et des États-Unis, soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, s’étaient réunis la semaine dernière sous la Présidence russe en prévision de la Conférence.

Les membres du Conseil de sécurité ont souligné dans la déclaration qui a suivi cette réunion l’importance fondamentale d’accords de garantie de l’AIEA efficaces dans la prévention de la prolifération nucléaire et ont également discuté, précise encore la déclaration, du soutien à apporter à l’Agence afin d’identifier de possibles programmes d’armements nucléaires dans des États non nucléarisés», précise la déclaration.

Dans son discours à l’ouverture de la conférence préparatoire, cette semaine, Mme Kane a aussi expliqué que «la disposition des États nucléarisés à renforcer la transparence de leurs activités de désarmement nucléaire et de non-prolifération ferait l’objet d’une attention particulière dans les années à venir».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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