Les grandes puissances et l’Iran toujours «très éloignés» sur la question du nucléaire

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La représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le négociateur iranien sur le dossier nucléaire Saïd Jalili, à Almaty le 5 avril 2013 (Photo: Archives/Ilyas Omarov/AFP)
La représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le négociateur iranien sur le dossier nucléaire Saïd Jalili, à Almaty le 5 avril 2013 (Photo: Archives/Ilyas Omarov/AFP)

L’Iran et les grandes puissances ne sont pas parvenus à faire une percée dans les négociations sur le programme nucléaire iranien controversé, les positions des deux parties restant «très éloignées» après deux journées d’intenses pourparlers au Kazakhstan.

«Il est clair que les positions (des deux parties) restent très éloignées sur le fond», a déclaré Catherine Ashton, la représentante de la diplomatie européenne qui dirige les négociations des grandes puissances.

Les pays du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU –Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine– plus l’Allemagne) et l’Iran ne sont pas non plus parvenus à se mettre d’accord sur la date et le lieu de la prochaine rencontre, a-t-elle ajouté devant des journalistes à Almaty, principale ville du Kazakhstan où les pourparlers ont eu lieu.

En conséquence, «nous avons conclu que toutes les parties allaient rentrer dans leur capitale pour évaluer où se situe le processus» des négociations, a souligné Mme Ashton.

«Je vais rester en contact avec (le chef des négociateurs iraniens Saïd) Jalili pour voir comment continuer», a-t-elle ajouté.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a lui aussi mis l’accent sur la difficulté de progresser dans les négociations, soulignant qu’il n’y avait «pas de compréhension mutuelle» entre les deux parties.

Pendant la précédente réunion au même endroit fin février, les 5+1 avaient présenté une offre prévoyant la «suspension» et non plus «l’arrêt» des activités d’enrichissement d’uranium à 20% en Iran.

Ils avaient proposé en échange d’atténuer certaines sanctions sur le commerce de l’or et le secteur pétrochimique, qui étranglent l’économie iranienne.

Mais l’Iran a insisté dès l’ouverture des nouveaux pourparlers sur la reconnaissance de son droit à enrichir de l’uranium et présenté une «proposition détaillée» apparemment pas convaincante aux yeux du groupe 5+1.

Les puissances occidentales et Israël –ennemi juré de Téhéran– soupçonnent l’Iran de chercher à fabriquer avec l’uranium enrichi l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que dément la République islamique.

Les résolutions de l’ONU sanctionnant l’Iran en raison de ses activités nucléaires ont été renforcées unilatéralement par un embargo bancaire et pétrolier de l’Union européenne et des Etats-Unis.

Les grandes puissances demandent aussi à l’Iran de fermer son site d’enrichissement de Fordo, considéré comme le seul de ce pays à être à l’abri d’une frappe militaire, et d’envoyer à l’étranger son stock d’uranium enrichi à 20%.

Mais Téhéran insiste sur le fait que l’enrichissement à 20% est utilisé pour produire du combustible destiné à son réacteur de Téhéran, qui produit des radio-isotopes utilisés contre le cancer.

Les réponses apportées par Téhéran ont soulevé «encore plus de questions», avait résumé M. Riabkov dès la première journée.

«Cela prouve que ces pourparlers sont sérieux» avait-il toutefois estimé.

La porte-parole du département d’Etat américain, Victoria Nuland, a elle aussi souligné le côté positif des pourparlers avec les Iraniens.

«Ils ont abordé les vrais problèmes, ce qui n’a pas toujours été le cas», a-t-elle déclaré.

Des experts considèrent cependant qu’une percée dans les discussions est peu probable avant l’élection présidentielle du 14 juin en Iran, à laquelle le président Mahmoud Ahmadinejad ne peut se représenter après deux mandats consécutifs.

Le président américain Barack Obama a déclaré en mars qu’il estimait à «un peu plus d’un an» le délai nécessaire à l’Iran pour se doter de l’arme nucléaire, laissant entendre qu’il y avait encore du temps pour trouver une solution diplomatique, alors qu’Israël a menacé à plusieurs reprises de recourir à l’option militaire.

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