Les progrès en matière de non-prolifération nucléaire dépassés par les menaces, selon l’ACA

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Explosion nucléaire à Muroroa (Photo: Archives/gouv.fr)
Explosion nucléaire à Muroroa (Photo: Archives/gouv.fr)

«Le Bulletin 2010-2013» de l’Arms Control Association, l’ACA, constate que le rythme des progrès sur la non-prolifération et le désarmement nucléaire au cours des deux dernières années et demie ne correspond pas à l’urgence des menaces nucléaires d’aujourd’hui», a déclaré un analyste de l’ACA , Kelsey Davenport.

L’Arms Control Association(ACA), fondée en 1971, est un organisme indépendant dont la mission est de promouvoir la compréhension et le soutien de politiques efficaces de contrôle des armes efficaces. L’ACA fournit aux décideurs politiques, à la presse et au public des informations faisant autorité en la matière, ainsi que des analyses et des commentaires sur les propositions de contrôle des armements, les négociations et les accords dans le domaine du contrôle des armements.

Le bulletin 2010-2013 de l’Arms Control Association (Image: ACA)

Cette semaine, alors que plus de 190 États se réunissaient à Genève pour examiner la mise en œuvre du traité de non-prolifération nucléaire, l’Arms Control Association, un organisme indépendant a publié une étude mise à jour qui mesure la performance des 11 pays clés en matière de non-prolifération, de désarmement et de sécurité nucléaire au cours des 32 derniers mois.

«Alors que certains États prennent des mesures importantes dans des domaines clés pour réduire les dangers posés par les armes nucléaires, les progrès restent limités, et les principaux États de prolifération continuer à s’engager dans des activités qui compromettent gravement la non-prolifération et les normes en matière de désarmement. La nature de la menace nucléaire exige que les États agissent avec une plus grande urgence», a déclaré Davenport, un coauteur du rapport.

L’étude, l’évaluation des progrès sur la non-prolifération nucléaire et le désarmement, donne des notes à la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Inde, Israël, le Pakistan, qui possèdent tous l’arme nucléaire et à la Corée du Nord, qui maintient une capacité d’armes nucléaires, ainsi qu’à l’Iran et la Syrie, qui font l’objet d’enquête pour une éventuelle activité nucléaire liée aux armes.

«Bien que plusieurs États dotés d’armes nucléaires aient réduit la taille de leurs arsenaux nucléaires, presque tous les États dotés d’armes nucléaires investissent d’énormes ressources pour développer de nouveaux systèmes de vecteurs d’armes nucléaires sur le terrain, une action qui renforce la nécessité perçue d’une force de dissuasion nucléaire et remet en question leur engagement à poursuivre le désarmement complet», a déclaré pour sa part MarcusTaylor, un autre coauteur du rapport de l’ACA.

»L’entrée en vigueur en 2011 du nouveau traité START par la Russie et les États-Unis a été un pas en avant», dit Taylor., qui ajoute : «La Russie, en particulier, a joué un rôle de chef de file en matière de désarmement nucléaire en réduisant avant l’échéance, fixée à 2018, ses forces stratégiques déployées en dessous de la limite imposée par le nouveau traité START.»

Les mauvais élèves

Les explosions nucléaires de Nagasaki et Hiroshima. Serait-ce encore possible aujourd’hui? (Photo Archives/WikiCreativeCommons)

«La Corée du Nord a de nouveau reçu les notes les plus basses de tous les 11 États, soit un «F» sur sept des 10 normes d’évaluation.

Pyongyang continue à bafouer les normes internationales de non-prolifération internationale établie et les normes en matière de désarmement, ce qui, selon Davenport, en fait un problème de prolifération sérieux.

«Bien que l’Iran et la Syrie ne possèdent pas d’armes nucléaires, leur incapacité persistante à respecter les engagements internationaux en matière de garanties nucléaires et les contrôles de base d’exportation fait baisser leurs notes et augmente le soupçon qu’ils sont engagés dans des activités nucléaires illicites», a encore (sans jeu de mots) noté Kelsey Davenport.

«L’échec de ces trois États à se conformer aux normes de non-prolifération nucléaire érode la confiance internationale dans le système et augmente la probabilité d’activités de prolifération illicites. La communauté internationale doit intensifier ses efforts pour dialoguer avec l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie, et réintégrer dans le régime », a-t-il renchéri.

Autres mauvais élèves, l’Inde et le Pakistan : «Malheureusement, l’Inde et le Pakistan continuent de renforcer leurs arsenaux nucléaires et de produire des matières fissiles pour les armes nucléaires. Bien que les ogives soient stockées séparément des systèmes de distribution, la taille croissante de leurs stocks sape le régime de non-prolifération et le désarmement », a aussi fait observé, soulignant que la rivalité nucléaire entre ces pays complique les négociations sur un traité mondial de réduction des stocks de matières fissiles.

Le directeur général de l’ACA, Daryl G. Kimball, pour sa part,invite tous les États qui sont parties prenantes au Traité de non-prolifération nucléaire à faire des efforts pour continuer réduire les dangers nucléaires.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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