L’Irak meurtri par de nouveaux attentats avant les élections

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Mars 2013 a été le mois le plus meurtrier en Irak depuis août dernier (Photo: Archives/breakingnews,ie)
Mars 2013 a été le mois le plus meurtrier en Irak depuis août dernier (Photo: Archives/breakingnews,ie)

À la veille du scrutin provincial tant attendu pour infirmer ou affirmer le pouvoir du Premier ministre, Nouri Al-Maliki, 10 personnes sont décédées, ce vendredi, dans plusieurs attaques à travers le pays. Un nouveau signe révélateur de l’insécurité actuelle régnant sur le territoire irakien.

La violence ne faiblit pas. Alors que 13,8 millions d’irakiens sont appelés à voter, ce samedi, pour renouveler les assemblées de 12 des 18 provinces du pays, de nouvelles attaques ont à nouveau émaillé ces derniers jours. À l’issue de la prière du vendredi, deux attentats contre des mosquées ont coûté la vie à huit personnes alors que 27 autres ont été blessées.

La première attaque a eu lieu du côté de Khales, dans la province instable de Diyala, au nord de Bagdad, un officier de police et un médecin évoquant une mosquée sunnite comme principale cible. Sept personnes ont ainsi péri lors de quatre tirs de mortier alors que douze autres ont été blessées.

À Kirkouk, c’est un édifice chiite qui a été visé. Dans cette ville du nord du pays, disputée par le gouvernement irakien et la région autonome du Kurdistan, un engin explosif a fait un mort et 15 blessés. Le bâtiment abrite également des bureaux du mouvement du jeune chef religieux chiite Moqtada Sadr, selon le cheikh Raad Al-Charki, chef du mouvement à Kirkouk. Du côté de Mossoul et de sa région, une personne a également trouvé la mort dans une série d’attentats.

À Bagdad, un fonctionnaire a été abattu au lendemain de l’attaque meurtrière perpétrée dans le quartier sunnite d’Amriya, dans l’ouest de la capitale. Le bilan prononcé par plusieurs sources médicales et sécuritaires a fait état de 27 victimes, dont trois enfants et une femme, et plus de 50 blessés.

Des élections à la carte

C’est dans ce contexte délétère que deux tiers des provinces irakiennes doivent voir leur assemblée renouvelée, ce samedi, à l’issue d’un scrutin sous haute tension. Alors que les forces de l’ordre ont été déployées un peu partout dans le pays pour tenter d’assurer la bonne tenue des élections, le pays est d’ores et déjà morcelé par un programme décalé. Avec un calendrier qui leur est propre, les trois provinces de la région autonome du Kurdistan ne voteront pas ce samedi.

Même son de cloche du côté de Kirkouk où un contentieux entre les différentes communautés religieuses empêche la tenue du scrutin. Quant à Ninive, dans le nord du pays, et Anbar, plus à l’ouest, le gouvernement Maliki a d’ores et déjà décidé de reporter les élections pour cause d’insécurité chronique depuis plusieurs semaines.

Avec 14 candidats assassinés depuis le début de l’année, les divergences et violences confessionnelles mettent régulièrement à mal la stabilité du pays. Pour ce premier scrutin depuis le départ des troupes américaines, en 2011, le chef du gouvernement, Nouri Al-Maliki, joue ainsi sa crédibilité. Que ce soit aux yeux de ses opposants sunnites qu’à ceux de son propre camp chiite, où son autoritarisme ne semble guère faire l’unanimité.

Élisant douze gouverneurs au pouvoir exécutif important dans leur province respective, le peuple irakien a donc rendez-vous, ce samedi, avec une partie de son histoire. Pour retrouver un semblant de stabilité et pérenniser, si cela est encore possible, une lente reconstruction.


Irak : une série d’attentats fait une vingtaine de morts – 15 avril 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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