L’ONU accuse de pillages les ex-chefs rebelles devenus cadres de l’Armée Ivoirienne

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Un Casque bleu de l'ONU avec des armes collectées auprès de milices en Côte d'Ivoire (Photo: Ky Chung/ONU)
Un Casque bleu de l’ONU avec des armes collectées auprès de milices en Côte d’Ivoire (Photo: Ky Chung/ONU)

D’anciens chefs rebelles pro-Ouatarra, devenus maintenant cadres de l’armée ivoirienne, continuent de se livrer au pillage du cacao et d’autres ressources du pays, ce qui leur qui leur rapporte des centaines de millions, dénonce un rapport d’un groupe d’experts des Nations unies déposé maintenant au Conseil de Sécurité.

Ce groupe d’experts, qui a commencé à travailler sur le terrain le 5 juillet 2012, a notamment tenu des réunions avec des États membres, des organisations internationales et régionales et des représentants du Gouvernement ivoirien, et les membres du Groupe se sont rendus en Afrique du Sud, en Belgique, au Burkina Faso, aux États-Unis d’Amérique, en France, au Ghana, au Niger, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et au Togo, ainsi que sur le terrain en Côte d’Ivoire, dans le cadre de son enquête.

Malgré des progrès, les niveaux élevés d’insécurité, observés notamment dans l’ouest et dans le nord du pays ainsi que le fait que de grandes quantités d’armes et de munitions qui demeurent introuvables, sont une source de préoccupation, note le rapport qui souligne que «La situation actuelle du pays en matière de sécurité, qui n’est pas sans rappeler l.instabilité observée lors de la crise postélectorale, reste, elle aussi, précaire.»

Le Gouvernement ivoirien en place a progressivement intégré d.anciens commandants de zone aux forces armées régulières du pays, sans pour autant que ceux-ci abandonnent leurs activités économiques prédatrices de seigneurs de guerre, qu’ils ont à présent étendues à l’ensemble du territoire ivoirien, dit le groupe d’experts.

Le pouvoir et l’influence exercés par les commandants de zone dans les sphères politique et économique tiennent à leurs moyens militaires, et en particulier à leur capacité à contrôler les anciens combattants, précise le rapport.

Ironie du sort, les anciens commandants de zone sont chargés de sélectionner les candidats admissibles au Programme de désarmement, démobilisation et réinsertion actuellement en cours, «ce qui leur permet de conserver leur emprise sur les anciens belligérants.», souligne le rapport

«Au vu du statut particulier dont jouissent les commandants de zone, et considérant leurs activités passées et les divers intérêts en jeu (y compris l’obtention de l’immunité pour les violations des droits de l’homme perpétrées par le passé)» le
Groupe d’experts dit ne pouvoir ne peut exclure la possibilité que ces commandants cherchent toujours activement à obtenir des armes et du matériel connexe.

Le Groupe dit enfin avoir réuni de nouvelles preuves et confirmé «le pouvoir et l’influence croissants dont jouissent les réseaux d’anciens membres des Forces nouvelles, de par leur intégration aux corps réguliers chargés de la sécurité et le contrôle qu.ils exercent sur diverses activités économiques illégales ou informelles.»

Leur influence au sein des forces armées nationales s’est accrue, l’intégralité des bataillons de sécurisation créés récemment ayant été placée sous le commandement d’anciens commandants de zone.

En outre, les experts de l’ONU observent aussi que, pendant que les ex-Forces nouvelles dominent l’armée ivoirienne, des mercenaires libériens et des militants pro-Gbagbo actifs au Ghana continuent de représenter une menace pour la sécurité.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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