L’UNICEF sonne encore l’alarme: les enfants centrafricains ne sont plus scolarisés

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Une jeune fille du village de Mélé, en République centrafricaine (Photo: Pierre Holtz/UNICEF)
Une jeune fille du village de Mélé, en République centrafricaine (Photo: Archives/Pierre Holtz/UNICEF)

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), de concert avec d’autres agences de l’ONU, sonne de nouveau l’alarme cette semaine face, cette fois, à l’aggravation rapide de la situation en République centrafricaine, où la scolarité des enfants est gravement perturbée par le conflit.

«Les nouvelles autorités de facto doivent accorder une priorité à la protection des enfants et aux investissements dans le système éducatif afin de respecter leur droit à l’éducation et redonner espoir à toute une génération d’enfants», a déclaré le représentant de l’UNICEF en République centrafricaine, Souleymane Diabaté.

Plus d’un million d’enfants ne sont pas scolarisés dans ce pays, rapporte l’agence onusienne. Au moins 250 000 élèves et 30 000 lycéens risquent de perdre toute l’année scolaire si les écoles ne rouvrent pas leurs portes dans les semaines à venir, prévient encore l’UNICEF.

Le système éducatif dans le pays était déjà «très faible» avant la crise, souligne le Fonds des nations-Unies pour l’enfance. Le taux d’alphabétisation pour les filles y est de seulement 27,4%, celui des garçons de 51,1%, et près de 65% des enseignants sont, tout simplement, des parents volontaires qui n’ont reçu aucune formation pour les préparer à enseigner.

Il n’est pas difficile d’imaginer les problèmes auxquels sera confrontée la Centrafrique avec toute une génération qui n’aura pas été scolarisée adéquatement.

Parmi les obstacles majeurs à la réouverture des écoles que relève l’Unicef, il y a l’exode des enseignants, qui ont fui en grand nombre les violences et n’ont pas encore pris le chemin du retou, et l’insécurité, qui empêche la distribution de fournitures scolaires.

En outre, il y a deux semaines, l’UNICEF avait aussi déclaré «détenir la preuve évidente de la poursuite du recrutement et de l’utilisation des enfants par les groupes armés en République Centrafricaine».

Selon l’agence onusienne, le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces et groupes armés ont été monnaie courante des deux côtés lors des dernières confrontations, depuis décembre 2012, et la prise de la capitale Bangui par les rebelles de la Séléka n’a en rien changé la situation.

Lueur d’espoir, le sommet des dirigeants d’Afrique centrale réunis à N’Djamena, la capitale tchadienne, a promis jeudi dernier, 18 avril, de porter les effectifs de la FOMAC, la Force multinationale d’Afrique centrale déjà présente en Centrafrique, à 2 000 hommes pour arriver à de mettre fin à l’anarchie qui prévaut en Centrafrique depuis la prise du pouvoir par la Séléka le 24 mars dernier.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.