Mali: le nombre de militaires de la MISMA atteint maintenant 6 300

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Du 02 au 07 avril 2013, l’Escadron d’Aide à l’Engagement (EAE) du GTIA 2 a effectué une opération de reconnaissance et de présence à 250 km au nord de Tombouctou (Photo: EMA)
Du 02 au 07 avril 2013, l’Escadron d’Aide à l’Engagement (EAE) du GTIA 2 a effectué une opération de reconnaissance et de présence à 250 km au nord de Tombouctou (Photo: EMA)

De plus en plus, les forces africaines de la MISMA, la Mission internationale de soutien au Mali, seront en mesure de relever les forces françaises de l’opération Serval.

Déjà, 18 unités de la MISMA sont reparties dans les villes de Bamako, Gao, Sevare, San, Ménaka, Na Namba, Bandiagara, Banamba, Boro, Asongo, Markala, Diabali, Aguelhok, Kidal, Tessalit et Tombouctou, et le nombre de militaires déployés atteint maintenant 6 300.

Les militaires déployés sont originaires du Nigéria, du Togo, du Niger, du Burkina Faso, du Sénégal, du Bénin, du Guinée Conakry, du Ghana et du Tchad.

Arrivée d’un contingent burkinabé de la MISMA à Tombouctou (Photo : EMA)

D’ailleurs, un contingent burkinabé est arrivé à Tombouctou la semaine dernière: près de 200 hommes, appartenant à la troisième compagnie d’infanterie motorisée du bataillon burkinabé, ont pris contact avec leurs homologues français de la force Serval sur les rives du fleuve Niger avant d’être aussitôt guidés vers l’aéroport.

Le bataillon burkinabé sera plus tard renforcé par d’autres compagnies et, une fois au complet, c’est un contingent de près de 600 soldats burkinabés qui pourront alors relever les Français de l’Escadron d’Aide à l’Engagement (EAE) du GTIA2 et mener conjointement avec les forces armées maliennes (FAM) les missions de sécurisation de Tombouctou et de sa région.

Pour l’instant, afin d’assurer une bonne coordination entre les forces françaises et les forces africaines dans la poursuite des opérations sur ces zones, un détachement de liaison et d’appui sera mis en place auprès des éléments burkinabés à Tombouctou, a aussi précisé le ministère français de la Défense.

L’avenir de la MISMA

Arrivée d’un contingent burkinabé à Tombouctou (Photo: EMA)
Même si la mission de la MISMA a été autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies, cette mission militaire de soutien aux Fordes maliennes est conduite par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest(CEDAO).

Dès cet été, une mission onusienne devrait le relai des forces africaines, actuellement présentes sous l’égide de la MISMA, qui a a été vivement critiqué par les États-Unis, le Pentagone disant des troupes africaines envoyées au Mali qu’elles étaient  «totalement incapables».

Deux options sont envisagées par l’ONU: dans la première, l’Onu soutiendrait la MISMA, mais c’est cette dernière qui serait responsable de la sécurité, à l’appui des Forces de défense et de sécurité du Mali.

Dans la seconde seconde option, l’ONU établirait elle même une «mission de stabilisation intégrée multidimensionnelle des Nations Unies en complément d’une force parallèle ».

En vertu de cette deuxième option, la MISMA serait alors chapeautée par la mission de l’ONU.

Les Maliens, pas pressés de voir les Français partir

Arrivée d’un contingent burkinabé à Tombouctou (Photo: EMA)
Au cours d’une visite symbolique dans la ville de Gao, dans le nord du pays,le 11 avril, le Premier ministre malien, Diango Cissoko, a incité l’armée française à poursuivre son intervention dans les régions meurtries par les groupes islamistes.

Assurant que la France devait «continuer dans cette voie», il a tenu à rappeler que l’intégrité du Mali n’avait pas encore été recouverte.

Mais après trois mois de conflit, Paris a néanmoins attaqué le retrait progressif de ses troupes. Alors que 4 000 soldats français sont actuellement déployés sur le territoire malien, il ne devrait en rester que 2 000 cet été.

Ce nombre doit par la suite être encore réduit à 1 000 unités, ces dernières devant alors constituer une force française permanente chargée de lutter contre le terrorisme et d’épauler la mission des Nations-Unies.

Pendant ce temps, l’Union européenne, pour sa part, a débuté sa mission de formation (EUTM Mali) en vue de reconstruire l’armée nationale malienne, humiliée par plusieurs mois de présence islamiste sur son territoire avant l’intervention française.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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