Mali: l’ONU adopte la résolution créant la Mission de maintien de la paix

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C’est aujourd’hui, jeudi 25 avril, que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité la résolution créant une mission de maintien de la paix au Mali qui prendra le relais de la Misma (force panafricaine) et des forces françaises pour stabiliser le nord du pays.

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Mise à jour du 25/04/2013, à 16h00: 

Dans un courriel, le ministère de la Défense nationale du Canada indique que «le Canada n’envisage et n’envisagera pas de présence militaire au Mali».

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Sur Twitter, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est félicité pour sa part de la décision de l’ONU:

 

La résolution prévoit de déployer cette mission au 1er juillet prochain si les conditions de sécurité le permettent et «pour une période initiale de 12 mois».

Ainsi, dans les 60 jours à venir, le Conseil de sécurité devra déterminer si la situation sur le terrain est assez calme pour permettre ce déploiement.

La Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) comprendra à plein régime 11 200 soldats et 1 440 policiers, dont des «bataillons de réserve capables de se déployer rapidement».

La résolution autorise également «les troupes françaises (…) à intervenir en soutien à des éléments de la Minusma en cas de danger grave et imminent les menaçant et à la demande» du secrétaire général de l’ONU.

Dans un rapport présenté le 16 avril dernier par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, où la commission prenait position pour l’autorisation de la prolongation de l’intervention, acceptée depuis par le parlement français, on soulignait d’ailleurs que «pour le désengagement français et le passage de relais à l’opération de maintien de la paix de l’ONU, la MINUSMA, d’ici juillet, de réels défis restent à relever: risque terroriste résiduel, reconstruction de l’armée, des forces de sécurité et des structures administratives maliennes, en particulier au Nord, montée en puissance des forces africaines de la CEDEAO».

La mission de la Minusma, dans ce contexte, sera de «stabiliser les centres urbains essentiels, particulièrement dans le Nord» et «empêcher un retour d‘éléments armés dans ces zones», protéger les civils et le patrimoine culturel et s’assurer du respect des droits de l’homme dit la résolution.

Maintenir la paix… quand il n’y a pas la paix

La Minusma sera dirigée par un représentant spécial de l’ONU pour le Mali et es soldats de l’ONU aideront les autorités maliennes de transition à instaurer «un dialogue politique national» à organiser des élections présidentielle et législatives «libres, équitables et transparentes» et à promouvoir la réconciliation avec les Touaregs du Nord.

La mission de la Minusma ne sera toutefois pas la lutte au terrorisme et le déploiement des soldats de la Minusma sera toutefois conditionnel à «la fin des principales opérations de combat par les forces armées internationales» ainsi qu’à une «nette réduction de la capacité des forces terroristes de constituer une menace importante».

C’est encore la France qui sera en tête dans la lutte au terrorisme au Mali.

Même si elle doit amorcer un retrait progressif de ses troupes à partir du mois d’avril, la France laissera un millier de soldats sur le territoire malien pour poursuivre la lutte contre les groupes terroristes.

Début avril, à Bamako pour une visite officielle, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait déjà ouvert la voie à un maintien de troupes françaises au Mali. «La France a proposé aux Nations unies et au gouvernement malien d’avoir une force d’appui française d’un millier d’hommes, qui sera permanente, qui sera au Mali et qui sera équipée pour lutter contre le terrorisme», avait-il déclaré lors d’une conférence de presse dans la capitale malienne.

Finalement, lundi 22 avril, le Parlement français a autorisé la prolongation de l’intervention des forces françaises au Mali à l’unanimité des suffrages exprimés.

La Misma s’intégrera à la Minusma

Les Casques bleus seront choisis dans la mesure du possible dans les effectifs de la Misma, la force conjointe des pays de l’ouest africain.

Même si la mission de la MISMA a été autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies, cette mission militaire de soutien aux Forces maliennes est conduite par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest(CEDAO).

Déjà, 18 unités de la MISMA sont réparties dans les villes de Bamako, Gao, Sevare, San, Ménaka, Na Namba, Bandiagara, Banamba, Boro, Asongo, Markala, Diabali, Aguelhok, Kidal, Tessalit et Tombouctou, et le nombre de militaires déployés atteint maintenant 6 300.

Les militaires déployés sont originaires du Nigéria, du Togo, du Niger, du Burkina Faso, du Sénégal, du Bénin, de la Guinée Conakry, du Ghana et du Tchad.

D’ailleurs, même si le Parlement tchadien avait voté lundi 15 avril à une majorité écrasante le retrait progressif des soldats tchadiens du Mali où 36 soldats du Tchad ont été tués et 74 autres blessés depuis le début de l’intervention, le président tchadien, Idriss Deby, avait déclaré que l’armée tchadienne serait disponible pour participer à une future force des Nations unies au Mali «Si l’ONU en fait la demande, le Tchad mettra à disposition de l’ONU des soldats tchadiens», a précisé le président tchadien.

En outre, environ 150 militaires français au moins devraient participer à la Minusma, dont des officiers intégrés au commandement.

La montée en puissance de la Minusma pourrait prendre des mois, mais les effectifs devraient être d’environ 6 000 hommes au 1er juillet et augmenter parallèlement à la réduction du contingent français au Mali.

À plein effectif, la Mission devrait coûter plusieurs centaines de millions de dollars par an et, surtout, elle devra oeuvrer dans un contexte bien particulier.

Après une visite au Mali à la mi-mars, le sous-secrétaire général Edmond Mulet estimait d’ailleurs que l’ONU devrait faire face au Mali à «des menaces inédites, jamais rencontrées dans un contexte de maintien de la paix».

D’ailleurs, même si la Mission doit commencer à se déployer après une nette réduction de la menace terroriste et qu’elle n’a pas mandat de faire la lutte au terrorisme, le Conseil de sécurité a tout de même autorisé la MINUSMA à utiliser la force nécessaire pour «stabiliser la situation dans les principales agglomérations, en particulier dans le nord du pays» et «écarter les menaces et prendre activement des dispositions afin d’empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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