Navires de patrouilles de l’Arctique: un rapport suggère l’abandon du programme

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Le premier ministre Harper annonce la mise en place de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (Photo: Archives/PMO)
Le premier ministre Harper annonce la mise en place de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (Photo: Archives/PMO)

L’Institut Rideau et le Centre canadien de politiques alternatives viennent de sortir un rapport recommandant l’abandon pur et simple du programme d’achat et de construction des futurs navires de patrouille extracôtier/de l’Arctique (NPEA).

Estimé en 2007 par le gouvernement Harper à 3,1 milliards $ pour la construction et 4,3 milliards $ pour les opérations et la maintenance sur une période de 25 ans, le projet des NPEA boirait tellement la tasse qu’il faudrait l’annuler en raison de l’augmentation des coûts et du retard accumulé.

Dans ses Stratégie pour le Nord du Canada (2009) et Stratégie de Défense Le Canada d’abord (2008), le gouvernement Harper indiquait faire d’une de ses priorités le développement de la capacité de patrouiller dans les eaux de l’Arctique.

Selon les chercheurs Michael Byers et Stewart Webbles, auteur du rapport Titanic Blunder: Arctic/Offshore Patrol Ships on Course for Disaster (PDF en anglais), plusieurs facteurs font que le gouvernement devrait abandonner ce projet:

  • une vitesse maximale de 17 nœuds  insuffisante pour patrouiller et aborder des navires suspectés de trafic de personnes ou de marchandises, alors que des navires similaires d’autres pays ont une vitesse comprise entre 25 et 32 nœuds.
  • une capacité d’opérations de 6 800 miles marins (12 600 km)
  • un design de compromis entre un navire de patrouille classique et un brise glace

Pour Jean-Christophe Boucher, professeur-adjoint au Département de Science politique de l’Université Dalhousie, ce projet est un projet monté de toute pièce par et pour le pouvoir politique. «C’est un projet hybride qui mélange deux idées opposées, a-t-il confié à 45eNord.ca. On va arriver avec un navire qui ne sera pas très bon en haute mer et pas très bon en Arctique, il sera juste moyen.»

Pour Michael Byers et Stewart Webb, trois recommandations s’imposent au vu des problèmes rencontrés:

    1. Annuler l’achat des navires de patrouille extracôtier/de l’Arctique.
    2. Commander six à huit navires de patrouille extracôtiers à grande vitesse basés sur un design éprouvé.
    3. Reconstituer la flotte de brise-glace de la Garde côtière en tenant compte de l’évolution des conditions de la glace et de la nécessité pour les navires de remplir un rôle supplémentaire de forces de l’ordre.
Représentation d’un modèle conceptuel du navire de patrouille extracôtier de l’Arctique. (Photo: Archives/MDN)
Représentation d’un modèle conceptuel du navire de patrouille extracôtier de l’Arctique. (Photo: Archives/MDN)

Mi-février, on apprenait que le principal risque dans l’industrie navale militaire, l’inflation, a été plus que sous-estimé par le gouvernement dans son projet d’achat. Selon David Perry, analyste à l’Institut de la conférence des Associations de la défense, le taux d’inflation annuel dans la construction de navires militaires varie entre 7 % et 11 %. Or, la Marine royale canadienne n’aurait prévu une inflation que d’à peine 2,7 %.

De plus, le projet de stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN) coûterait bien plus cher qu’annoncé, de la même façon que pour les avions F-35. Le design n’étant pas encore connu, il est impossible de savoir précisément à combien se monteront les coût d’opérations et de maintenance de ces navires dans les prochaines décennies. Selon M. Boucher, la SNACN pourrait coûté près de 100 milliards $.

Il y aurait toutefois un avantage: on construit Canadien! Et même si tous les impacts bénéfiques, tels la création d’emplois et la création d’une expertise, ne sont pas encore connus, il est certain qu’il y aura moins de problèmes que si les navires devaient être construits et réparés en Europe par exemple!

La phase d’élaboration du design des navires de patrouilles extracôtier/de l’Arctique doit être complétée à l’horizon 2015 par la firme danoise Odense Maritime Technology.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

Discussion4 commentaires

  1. Je n'en reviens pas de l'ignorance de ce gouvernement en matière de construction de navire civil et navire de guerre. ils se dise fier de construire canadien et que nous avons la technologie. Pourquoi pas voir nos cousin Français qui ont l'expertise et les connaissances aller voir leur fremm et le bpc Mistral de pure merveille et de mon avis supérieur et qui serait vraiment utile surtout le bpc Mistral une plate forme pour surveiller l'artique équiper d'hélicoptere anti-sous-marine. et les Fremm en patrouille comme L'Aquitaine
    et pour les sous-marin de classe Victoria changer pour des sous-marin Scorpene ou Allemand la ont pourra parler d'avoir une flotte pour faire respecter nos eaux souveraines dire que durant la deuxieme guerre mondiale le Canada était je crois la troisième puissance maritime. J'en demande pas temps mais si possible de grace ayons une flotte qui impose notre fierté et le respect de nos alliés et qui impose une ligne ferme contre tout adversaire qui oseront si frotté merci

  2. Un autre point a rajouté, c'est a propos des deux navires ravitailleur que la marine canadienne a depuis plus de quarante ans et qui sont a simple coque.
    bizarre le gouvernement Harper ne semble pas s'en préoccuper ils sont interdit d'accoster dans certains port en raison deleur simple coque qui de plus aurait des fuites pas trop bon pour l'environnement c'est vrai que que notre gouvernemt s'en fou, mais ils seraient important de les changés je parles des nouveau navire de ravitaillement. donc la solution laisser les F35 choississer un avion comme le raphale ou un Saab, ou bien le F18 D qui est un tres bon avion equiper de deux bon moteur et un long rayon d'action et avec les économies vous pourrez envisager d'avoirs une classe de navire de combat et de soutient voir article ci-bas merci

  3. Encore une autre erreur des conservateurs qui va nous coûter d'autres coupures dans les programmes sociaux.Après cela ils vont encore nous dire de se serrer la ceinture!

  4. Définitivement le projet doit aller de l’avant avec plus de sérieux quant aux capacités de navigation et d’interception en se basant sur ce qui se fait ailleurs. Avoir de navires qui ne dépassent pas les 17 nœuds quand comme le cite l’article d’autres peuvent atteindre 32 noeuds est tout à fait pathétique. Il faut regarder de l’avant pour un navire certes construit ici mais avec des prérogatives minimales afin de faire face à d’éventuelles rencontres avec d’autre navires (russes, par exemple qui ont déjà et auront des capacités supérieures pour de tels navires en zone polaire) qui auront une capacité et une manœuvrabilité autrement supérieure à celle demandée par les instances politiques actuelles. Il faut se doter de navires d’avant-gardes, efficaces, d’une conception rencontrant des normes minimales en face des autres marines du monde. Ne pas se contenter d’une vision de brises glaces. Comme navire de surveillance et de défense des côtes, et du passage arctique, il se doit d’avoir des capacités hors de tout doute supérieures à celles du point de vue politique!
    Notre industrie a la capacité de réaliser de tels navires!
    Merci.
    Historien, chercheur, navigateur.
    B.Lemonde