Nouveau couac dans la vente de 126 Rafale à l’armée indienne

2
Les négociations restent délicates entre le groupe français Dassault et le gouvernement indien (Photo: Archives/Dassault Aviation)
Les négociations restent délicates entre le groupe français Dassault et le gouvernement indien (Photo: Archives/Dassault Aviation)

Les informations dévoilées par le quotidien indien The Indian News attestent, ce vendredi, d’un désaccord entre Dassault Aviation et le gouvernement indien à propos de la responsabilité du groupe français sur les 108 appareils devant être assemblés en Inde.

Alors qu’un accord semblait se profiler dans cet important dossier du groupe Dassault, les négociations achopperaient sur le rôle que devrait jouer le constructeur aéronautique dans la distribution des appareils fabriqués en Inde.

Selon les termes de ce contrat évalué à au moins 12 milliards $, 18 Rafale seront assemblés en France alors que les 108 autres le seront à partir du territoire indien. Pour ce faire, le conglomérat d’entreprises publiques Hindustan Aeronautics Limited (HAL) a été choisi pour assurer la mise à disposition de ces appareils à l’armée indienne.

Mais le cœur du problème réside dans les obligations de chacun dans la fabrication de ces appareils. Citant des sources anonymes, The Indian News assure que Dassault Aviation refuse toute responsabilité à propos de ces 108 appareils. Le groupe français a ainsi prévenu ses interlocuteurs indiens, leur précisant qu’ils devraient signer un premier contrat avec Dassault pour les 16 premiers Rafale et un second avec HAL pour 108 appareils sous licence.

Une demande loin d’être du gout de New Delhi. Le ministère de la Défense a «totalement rejeté cette suggestion et a clairement dit à Dassault qu’il serait le seul responsable de la vente et de la livraison de l’ensemble des 126 appareils», rapporte ainsi The Indian Express.

S’il a précisé qu’il ne fournirait des kits de fabrication et l’équipement à HAL qu’après que le contrat du conglomérat indien ne prenne le relais du sien, Dassault ne semble pas avoir convaincu les autorités indiennes. Ces dernières souhaitent ainsi que le groupe français reste le seul point de contact d’un contrat englobant les 126 appareils.

Aucune exportation pour le Rafale

Citant des sources au sein de l’industrie aéronautique, l’AFP rapporte que la stratégie du groupe français reste centrée sur la responsabilité de HAL en tant que maître d’œuvres. Si ses dirigeants n’ont, pour l’heure, pas souhaité communiquer, Dassault Aviation a fait de ce dossier un objectif primordial pour le groupe.

Et pour cause, le Rafale ne s’est pas encore vendu à l’exportation. S’il a déjà été sur le terrain au travers des opérations françaises en Afghanistan, au Mali ou en Libye, plusieurs déceptions successives sont venues atteindre son potentiel de vente à l’étranger.

Plus d’un an après l’ouverture de négociations exclusives, le président de la République française, François Hollande, s’est même rendu en Inde, les 14 et 15 mars dernier, afin de rencontrer le Premier ministre indien, Manmohan Singh. Saluant des «progrès» dans les discussions, le chef d’État français a témoigné son «bon espoir» de «parvenir à la conclusion» des négociations.

Présent au sein de la délégation française lors de cette visite officielle, le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, a lui-même fait part d’un «optimisme réaliste» sur les chances de conclure ce contrat avant la fin 2013, voire dès l’été.

«Tout se passe bien», déclarait alors une source proche du dossier, citée par La Tribune. Mais pour l’heure, ce nouveau point d’achoppement vient retarder un peu plus la signature officielle de ce contrat, aussi juteux qu’important pour la crédibilité du groupe français.


Vol en rafale – 3 avril 2013 (Vidéo: Viméo – Dexter)

À lire aussi:

La commande indienne de 126 Rafale du groupe Dassault se précise >>

Vente de Rafale en Inde: un accord d’ici « trois à quatre mois » >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

Discussion2 commentaires

  1. Jean Rouleau

    C'est bizarre de prendre une responsabilités quant tu vends une licence pour construire des appareils dans un pays étrangers et surtout des liens que l'inde a avec la Russie, je me demande si la technologie de l'appareil reste confidentielle a l'inde ou l'inde peut donner la technologie du Rafale a la Russie, j'aimerais avoir une réponse merci

  2. la France et ds le besoin , elle peu faire tt pour avoir de l'argent, en ce moment le transfert de la technologie n'est plus un secret , voir le méthode de la chine , copier collé