Nouvel ultimatum de Séoul sur le site industriel de Kaesong en Corée du Nord

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Un soldat sud-coréen sur la route barricadée qui mène au site intercoréen de Kaesong à Paju, le 9 avril 2013 (Photo : Archives/Kim Jae-Hwan, AFP)
Un soldat sud-coréen sur la route barricadée qui mène au site intercoréen de Kaesong à Paju, le 9 avril 2013 (Photo : Archives/Kim Jae-Hwan, AFP)

Dans un contexte extrêmement tendu entre Séoul et Pyongyang, la Corée du Sud a proposé, ce jeudi, l’ouverture d’entretiens formels avec son homologue du Nord sur le complexe industriel intercoréen de Kaesong, interdit depuis le 3 avril dernier aux employés sud-coréens. Une proposition dont le terme est déjà fixé pour vendredi.

«Nous présentons à la RPDC [République populaire démocratique de Corée, ndlr] une offre officielle de pourparlers au niveau opérationnel et d’assistance humanitaire aux travailleurs de la Corée du Sud dans le complexe de Kaesong», a déclaré, dans un communiqué, le ministère sud-coréen de l’Unification.

Mais le porte-parole du ministère de l`Unification, Kim Hyung-suk, a d’ores et déjà assuré que cette offre de négociations ne tenait que pour les 24 prochaines heures. Précisant qu’«il faut que Pyongyang nous réponde avant demain matin», le porte-parole a également confié que «la position de notre gouvernement est ferme sur le maintien du complexe industriel de Kaesong et son développement», ajoutant que «si la Corée du Nord refuse cette proposition de dialogue entres les autorités compétentes, il sera inévitable de prendre des mesures importantes».

Le 3 avril dernier, Pyongyang avait décidé, unilatéralement, d’interdire aux sud-Coréens l’accès au complexe, situé sur son territoire à une dizaine de kilomètres de la frontière.  Quelques jours plus tard, le régime de Kim Jong-Un en a retiré ses 53 000 employés, causant l’arrêt de la production dans les usines du complexe industriel.

Depuis, les 123 entreprises du Sud présentes à Kaesong ont subi de plein fouet l’interruption de leur production et des livraisons. Sur les 850 employés sud-coréens habituellement présents sur le site, seuls 176 demeurent actuellement sur place. La mise en demeure évoquée par le ministère de l’Unification pourrait aboutir, selon plusieurs experts, sur un retrait total et durable du contingent sud-coréen.

Ce mercredi, la Corée du Sud a prévu de prolonger le soutien financier offert aux compagnies sud-coréennes qui possèdent des usines dans le parc industriel de Kaesong. Une manière d’épauler les entrepreneurs et salariés du complexe, considéré comme un symbole de la coopération des plus fragiles entre le Nord et le Sud.

Séoul souhaite rester «fidèle au principe de dénucléarisation de la péninsule coréenne»

Face à l’escalade des tensions actuelle déclenchée suite au nouvel essai nucléaire de Pyongyang, en février dernier, Séoul a rappelé son intention, ce mercredi, de rester «fidèle au principe de dénucléarisation de la péninsule coréenne», comme l’a déclaré le Premier ministre Chung Hong-won. Selon le chef du gouvernement sud-coréen, la Corée du Sud «peut dissuader les programmes nucléaires [du Nord]en ayant recours à des moyens de dissuasion élargie fournis par les Etats-Unis», écartant ainsi tout redéploiement d’armes nucléaires tactiques sur son territoire.

Ce mercredi, la Corée du Sud et les États-Unis ont décidé de prolonger jusqu’en 2016 leur accord de coopération nucléaire pour poursuivre «les progrès significatifs» évoqués par la diplomatie sud-coréenne. Alors qu’il arrivait à expiration en 2014, cet accord prévoit des pourparlers en vue d’un consensus, pour l’heure non conclu, à propos de l’enrichissement nucléaire, de la gestion des déchets nucléaires et des exportations de la Corée du Sud dans le domaine.

Alors que Pyongyang a déjà rejeté une première offre de dialogue du Sud à propos de l’avenir du site de Kaesong, indiquant que «le régime fantoche (sud-coréen) ne peut pas s’exonérer de la responsabilité criminelle d’avoir mis Kaesong dans cette situation désastreuse», les tractations et manœuvres diplomatiques se poursuivent sur la péninsule coréenne. Sans profiler d’issue durable pour une région sous perpétuelle tension.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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