Nucléaire iranien: «pas de réponse claire» de Téhéran

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L'ambassadeur iranien à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh (à droite), avait déclaré, ce jeudi, que la communauté internationale tentait de "priver l'Iran d'accès à une source d'énergie stable" (Photo: Archives/AIEA)
L’ambassadeur iranien à l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh (à droite), avait déclaré, ce jeudi, que la communauté internationale tentait de « priver l’Iran d’accès à une source d’énergie stable » (Photo: Archives/AIEA)

À l’issue d’une première journée de pourparlers, la réunion entre le groupe P5+1 et l’Iran, organisée à Almaty, au Kazakhstan, n’a débouché sur aucun accord entre les différents partis. Si Téhéran a présenté certaines propositions, il ne semble pas avoir répondu aux attentes des différents dirigeants présents.

Si les discussions doivent se poursuivre ce samedi, le premier jour des négociations avec Téhéran n’a pas séduit les représentants du groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU – États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine – plus l’Allemagne). Cité par l’AFP, un diplomate occidental a notamment confié qu’aucune réponse claire ni concrète n’avait été apportée à la proposition initiale des grandes puissances.

S’il a noté des commentaires intéressés, ce même diplomate a évoqué des réponses peu expliquées. Un manque de clarté qui fait écho aux inquiétudes internationales à propos du programme nucléaire iranien, soupçonné de dissimuler un programme d’enrichissement d’uranium à des fins nucléaires.

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Ce vendredi, l’exposé de Téhéran a laissé les dirigeants internationaux sur leurs fins, ces derniers remarquant notamment les similitudes des propositions avec celles évoquées et refusées lors d’une précédente réunion, à Moscou, en 2012.

«Son excellence le docteur Saïd Jalili a présenté ce matin une série de propositions spécifiques formulées par la République islamique d’Iran en vue de lancer une nouvelle coopération avec les six pays médiateurs», a déclaré le secrétaire adjoint du Conseil supérieur de sécurité nationale de l’Iran, Ali Bagheri.

Ce dernier garde bon espoir de voir les discussions avancer lors des prochaines séances organisées dans la ville kazakhe. «Si nécessaire, les négociations se poursuivront demain afin de permettre aux parties d’échanger leurs vues et de créer une nouvelle plate-forme de coopération», a-t-il ajouté.

«Une refonte des déclarations faites par l’Iran à Moscou»

L’avancée des négociations n’est donc pas concrète mais l’espoir de voir les discussions évoluer dans le bon sens, ce samedi, reste entier. Évoquant des «réponses détaillées», le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a confié que les négociateurs internationaux avaient «de sérieuses remarques à faire concernant ces réponses, car tout n’est pas encore clair et certaines choses demandent à être éclaircies».

«La délégation iranienne a évoqué tous les éléments qui avaient une importance prioritaire pour nous. Il s’agit notamment des activités du site d’enrichissement à Fordo et des opérations visant à transformer en oxyde l’uranium enrichi à 19,75%», a-t-il ajouté.

Se dégage donc un sentiment mitigé à l’issue de cette première journée. Si les différents sujets ont été évoqués, le manque de clarté dans leur traitement laisse planer une pâle satisfaction de la part des grandes puissances. «Les propositions iraniennes renferment quelques commentaires généraux de nos initiatives [proposées en février, ndlr] des remarques intéressantes, mais pas tout à fait explicites. Ces propositions ne sont qu’une refonte des déclarations faites par l’Iran à Moscou», a ainsi confié un diplomate occidental à l’agence Ria Novosti.

À l’issue de deux sessions plénières de négociations, l’Iran et le groupe P5+1 se sont mis d’accord pour poursuivre samedi leurs pourparlers à Almaty. L’occasion de clarifier, si possible, la teneur de négociations encore peu abouties.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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