Obama déclare que Guantanamo doit fermer

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Le camp de détention Delta de Guantanamo Bay (Photo: US Department of Defense)
Le camp de détention Delta de Guantanamo Bay (Photo: US Department of Defense)

Lors d’une conférence de presse aujourd’hui à la Maison Blanche, le président Obama a promis de redoubler d’efforts pour fermer la prison militaire de Guantanamo où la quasi-totalité des prisonniers est maintenant en grève de la faim.

«Ce n’est pas une surprise pour moi si nous avons des problèmes à Guantanamo. Je continue à croire que nous devons fermer Guantanamo. C’est important pour nous de comprendre que Guantanamo n’est pas nécessaire pour la sécurité de l’Amérique. Cela coûte cher. C’est inefficace», a déclaré Barack Obama, ajoutant qu’il ne souhaitait pas que meurent les grévistes de la faim.

«Je vais à nouveau discuter avec le Congrès et plaider que ce n’est pas quelque chose qui est dans le meilleur intérêt du peuple américain», a-t-il précisé, dénonçant du même souffle la «démagogie» de nombreux élus américains qui refusent le transfèrement des détenus sur le territoire américain au nom de la sécurité.

Selon le président Obama, qui avait d’ailleurs promis à sa première campagne à la présidence en 2008, de fermer la prison militaire sur l’île de Cuba , mais n’y était pas parvenu depuis, Guantanamo ternit l’image des États-Unis à l’étranger, «entrave la coopération antiterroriste avec nos alliés» et constitue un «outil de recrutement pour les extrémistes».

Il y a maintenant plus de 11 ans, le président Bush avait choisi ce centre, situé sur une base militaire américaine à Cuba, parce qu’il refusait de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain les personnes qualifiées de «combattant illégal», capturées par l’armée américaine dans les différentes opérations qu’elle mène à l’étranger contre les terroristes islamistes.

C’est ainsi qu’en en s’appuyant sur l’extra-territorialité de la base, que l’administration américaine a pu faire fi des droits des prisonniers et les garder en détention aussi longtemps sans inculpation ni procès.


Obama au point de presse de la Maison Blanche aujourd’hui : Guantanamo doit fermer (Vidéo: C-Span)

Le retour de Guantanamo dans l’actualité

Selon David Remes, un des avocats des détenus, le mouvement de grève de la faim, initié il y a plusieurs semaines, était un geste de désespoir des prisonniers incarcérés à Guantanamo depuis 11 ans sans inculpation ni procès et qui ne voyaient plus de lumière au bout du tunnel.

La grève de la faim a, sans contredit, ramené dans l’actualité la question de la prison militaire de Guantanamo et de ceux qui y sont incarcérés et, le 5 avril, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navy Pillay, a appelé les États-Unis à fermer la prison de Guantanamo, disant que «l’incarcération indéfinie de plusieurs de ces prisonniers est une détention arbitraire et constitue une violation flagrante du droit international.»

Pour sa part, Human Rights Watch a déclaré, par la voix de sa porte-parole Laura Pitter, que «Les détentions illégales sans charge ni procès à Guantanamo se poursuivent depuis plus d’une décennie sans issue à l’horizon, ce n’est donc pas surprenant que les détenus se sentent désespérés», ajoutant «L’administration Obama doit simplement faire davantage pour mettre fin à cette pratique illégale qui marquera toujours l’histoire américaine d’une tache noire».

Après avoir hanté l’administration Bush, Guantanamo était revenu hanter l’administration Obama.

Le président Obama a donc terminé son intervention aujourd’hui en disant qu’il fallait être «sage», maintenant que «dix ans sont passés depuis le 11-Septembre».

L’heure de fermer Guantanamo a peut-être enfin sonné.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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