Pakistan: cinq camions incendiés dans l’attaque d’un convoi de l’OTAN

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Les membres de la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF) font face à des problèmes logistiques et sécuritaires pour rapatrier leur matériel d'Afghanistan (Photo: Archives/ISAF)
Les membres de la Force internationale d’assistance et de sécurité (ISAF) font face à des problèmes logistiques et sécuritaires pour rapatrier leur matériel d’Afghanistan (Photo: Archives/ISAF)

Quatre hommes cagoulés ont attaqué et incendié, ce lundi, au Pakistan, cinq camions des forces de l’OTAN transportant du matériel en provenance d’Afghanistan. Alors que le retrait humain et logistique doit se terminer à la fin de l’année 2014, l’insécurité des routes et l’instabilité du pays laissent craindre de réelles difficultés pour les forces de l’Alliance atlantique.

L’attaque s’est produite dans le district du Bolan, à 120km au sud-est de Quetta, capitale de la province du Baloutchistan. Cité par l’AFP, un haut responsable du gouvernement local, Iftikhar Bugti, a assuré que les quatre hommes ont ouvert le feu sur le convoi pour contraindre le premier chauffeur a sortir de son véhicule. Ils ont ensuite incendié les cinq véhicules du convoi en déversant de l’essence sur chacun.

Après avoir précisé que les cinq camions ont été presque complètement détruits, M. Bugti a également ajouté que l’un des chauffeurs avait été légèrement blessé dans cette attaque. Les véhicules arrivaient en provenance d’Afghanistan où la Force internationale d’assistance et de sécurité (ISAF), sous l’égide de l’OTAN, poursuit le retrait progressif de ses troupes et de son matériel.

Mais face au coût logistique important de ce retrait, l’Alliance atlantique tente d’allier au mieux sécurité et rentabilité pour permettre un retour efficace à l’horizon 2014. Ce dimanche, le général Shapiro, responsable du rapatriement américain, a confié à l’AFP que 100 000 conteneurs et 25 000 véhicules militaires américains étaient encore sur place.

Qualifiant ce retrait comme l’un des plus grands défis de l’histoire des opérations de transport militaire en termes d’échelle et de complexité, le général Shapiro a évalué le coût des opérations entre 5 et 6 milliards $.

Un coût qui doit faire face aux problèmes logistiques liés au retrait du matériel militaire. Un porte-parole de l’ISAF, le colonel Caroll, a confié que deux convois américains de 25 conteneurs avaient franchi la frontière pakistanaise aux postes de Chaman et de Torkham, le 10 février dernier.

Il a également précisé qu’il s’agissait de la «première cargaison américaine» venue d’Afghanistan et transitant par le Pakistan depuis juillet 2012. Un premier passage qui ouvre la voie au reste du rapatriement de matériels après plusieurs mois de relations diplomatiques houleuses entre le Pakistan et les États-Unis.

6 milliards $ de matériels américains resteront en Afghanistan

Mais les attaques successives des talibans de part et d’autre de la frontière laissent planer le spectre d’une insécurité récurrente dans la région. Alors que la voie terrestre reste la moins coûteuse pour rapatrier troupes et matériels dans un pays enclavé comme le Pakistan, la route menant au port de Karachi, au sud du pays, n’apporte pas toutes les garanties sécuritaires.

Par ailleurs, les États-Unis tentent d’optimiser ce retrait en rapatriant près de 21 milliards $ de matériels mais en en laissant également pour 6 milliards $. Un choix notamment causé par le caractère obsolète de ce matériel, comme le confiait l’un des porte-paroles de l’armée au Pentagone, Wayne Hall, dans des propos rapportés, le 5 mars dernier, par le journal américain Foreign Policy.

En attendant, la situation diplomatique peine à avancer pour sécuriser le territoire afghan. S’il était présent, ce dimanche, à Doha, pour rencontrer l’émir qatari ainsi que son Premier ministre, le chef de l’État afghan, Hamid Karzaï, peine à trouver un consensus avec les talibans et les États-Unis pour rétablir l’ordre dans le pays.

À moins de deux ans du retrait total des troupes de l’Alliance atlantique, le temps presse pour les forces afghanes qui devront alors assurer pleinement la sécurité du pays. Devenues la principale cible des attaques de l’insurrection talibane, elles poursuivent leur formation visant à les rendre autonomes pour gérer l’instabilité chronique de la région.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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