Pakistan: le général Musharraf transféré au QG de la police pour interrogatoire

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La villa de Musharraf sous la protection de ses gardes du corps, le 18 avril 2013 à Islamabad (Photo : Amir Qureshiu / AFP)
La villa de Musharraf sous la protection de ses gardes du corps, le 18 avril 2013 à Islamabad (Photo: Archives / Amir Qureshiu / AFP)
Une première pour un ancien chef des armées qui assombrit davantage son avenir politique l’ex-président et ex-chef des armées Pervez Musharraf  était interrogé vendredi au quartier général de la police pakistanaise à Islamabad après avoir été placé auparavant en résidence surveillée par la justice.

La justice avait ordonné vendredi 19 avril en matinée la détention préventive pour deux jours de l’ancien chef de l’État pakistanais, qui est accusé d’avoir limogé illégalement des juges lorsqu’il était à la tête du pays.

Mais il s’agissait plutôt d’une assignation à résidence, M. Musharraf pouvant rester dans sa villa en banlieue d’Islamabad pendant ces deux jours.
Mais, coup de théâtre, l’ancien président a été transféré en milieu de journée au QG de la police pour être interrogé.
Le retour au pays, le mois dernier, après quatre ans d’exil de l’ancien général au pouvoir de 1999 à 2008, pour participer aux élections législatives du 11 mai, tourne donc à la catastrophe.

M.Musharraf s’était présenté jeudi matin à une audience pour la prolongation de sa liberté sous caution qui lui avait été accordée à son retour, mais, ce qui devait n’être qu’une formalité a tourné en épisode rocambolesque, a justice pakistanaise ordonnant son arrestation et l’ex-président Pervez s’éclipsant de la Cour sous la protection de ses gardes pour rentrer dans sa villa protégée par un commando.

Les avocats de Musharraf avaient alors annoncé qu’il feraient appel de la décision du juge vendredi auprès de la Cour suprême et, finalement, vendredi matin, la justice l’a tout simplement mis en résidence surveillée.

L’ancien président, qui prône un renforcement de l’armée pour rétablir l’ordre et la croissance dans le pays, voulait être candidat aux élections législatives du 11 mai, un test crucial pour ce pays coutumier des coups d’État., mais un tribunal pakistanais l’a déclaré cette semaine inéligible, estimant qu’il avait plusieurs fois violé la Constitution lorsqu’il était au pouvoir.

Dans un communiqué, cette semaine, l’ex-président et chef des armées évoqué un possible nouveau conflit entre la justice et l’armée, affirmant que, si la justice ne lève pas le mandat d’arrêt [contre lui], «cela pourrait mener à des tensions inutiles entre les différents piliers de l’État et même peut-être déstabiliser le pays».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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