Pakistan: Pervez Musharraf inéligible à vie!

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L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf escorté par des soldats lors de son arrivée au tribunal antiterrorisme à Islamabad, le 20 avril 2013 (Photo : Archives/Aamir Qureshi / AFP)
L’ex-président pakistanais Pervez Musharraf escorté par des soldats lors de son arrivée au tribunal antiterrorisme à Islamabad, le 20 avril 2013 (Photo: Archives/Aamir Qureshi/AFP)

De retour d’exil le 24 mars dernier, l’ancien président pakistanais Pervez Musharraf a été interdit à vie, ce mardi, de se présenter à toute élection. Aux prises avec la justice pakistanaise, le général à la retraite a également vu sa détention provisoire prolongée jusqu’au 14 mai prochain.

Après quatre ans d’exil, Pervez Musharraf pensait pouvoir retrouver une place de choix sur l’échiquier politique pakistanais. Dénonçant la faiblesse du pouvoir en place, l’ancien président démissionnaire avait fait des élections générales du 11 mai prochain un objectif déclaré. Mais depuis son retour, le 24 mars dernier, les menaces, accusations et autres condamnations pleuvent sur le «général Musharraf».

Dernière en date, ce mardi, la justice pakistanaise a décidé d’exclure à vie toute candidature de l’ancien chef d’État à des élections. La commission électorale avait invalidé sa candidature dans quatre circonscriptions différentes pour cause de «violations» de la Constitution lors de sa présidence. Ses avocats avaient alors fait appel de cette décision pour le siège de député de la petite ville de Chitral dans le nord-ouest du pays.

Ce mardi, la Haute Cour de Peshawar a rejeté cet appel, le président de cette juridiction, Dost Mohammad Kahn, lui infligeant une interdiction à vie de briguer une élection ou de siéger au Parlement. «L’ancien dictateur a ordonné l’assignation à résidence de juges éminents et de leurs familles et abrogé à deux reprises la Constitution», a ainsi déclaré le magistrat.

Assigné à résidence jusqu’au 14 mai prochain

Par ailleurs, le procureur Chaudhry Zulfiqar a confié à l’AFP que la détention provisoire de l’ancien chef d’État a été prolongée, ce mardi, par le tribunal antiterroriste de Rawalpindi, jusqu’au 14 mai prochain. Pervez Musharraf est ainsi assigné à résidence dans sa villa en banlieue de la capitale Islamabad jusqu’à la fin des élections.

Il est actuellement soupçonné de ne pas avoir assuré de manière adéquate la sécurité de Benazir Bhutto, assassinée le 27 décembre 2007 lorsqu’elle dirigeait le cortège de sa formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP), à Rawalpindi, à proximité d’Islamabad.

Alors que des heurts ont éclaté entre manifestants pro-Musharraf et des avocats hostiles à l’ancien président lors de sa comparution, le 23 avril dernier, Pervez Musharraf est également mis en cause dans deux autres affaires. D’une part, pour le meurtre du chef indépendantiste de la province du Baloutchistan, Akbar Bugti. D’autre part, pour le renvoi de juges de la Cour suprême et la suspension de la Constitution pour imposer l’état d’urgence en 2007.

Menacé de morts par les talibans pakistanais, le «général Musharraf», au pouvoir de 1999 à 2008, voit son passé revenir à la surface à l’issue de quatre années d’exil du côté de Londres et Dubaï. Si ses avocats ont d’ores et déjà annoncé qu’il ferait appel de l’inéligibilité à vie prononcée ce mardi, son retour au pays n’a pas eu l’effet escompté. «Je suis venu reconstruire le pays que je vous ai laissé», déclarait-il, le 24 mars dernier, à sa descente d’avion.


Pakistan: Pervez Musharraf compare au tribunal pour l’assassinat de Benazir Bhutto – 23 avril 2013 (Vidéo: Euronews)

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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