Pyongyang veut être reconnu comme puissance nucléaire

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lève la main, avec d'autres fonctionnaires, pour adopter une déclaration lors d'une réunion plénière du comité central du Parti des Travailleurs au pouvoir, à Pyongyang, le 31 mars 2013. (Photo: KCNA)
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lève la main, avec d’autres fonctionnaires, pour adopter une déclaration lors d’une réunion plénière du comité central du Parti des Travailleurs au pouvoir, à Pyongyang, le 31 mars 2013. (Photo: Archives/KCNA)

Pour retrouver tout dialogue possible avec ses ennemis sud-coréens et américains, la Corée du Nord a de nouveau exigé, ce mardi, la reconnaissance internationale de son statut de puissance nucléaire.

Cette reprise de dialogue se fera «entre États possédant l’arme nucléaire», a prévenu le journal officiel nord-coréen Rodong Sinmun. Pour l’organe officiel du Parti du travail, au pouvoir en République populaire démocratique de Corée (RPDC), l’abandon du programme nucléaire nord-coréen, souhaité par ses opposants, reste «totalement inacceptable».

La diplomatie autour de la péninsule coréenne apparait donc des plus délicates. Au cœur d’une escalade progressive des tensions, Washington, Séoul et Pyongyang ne semblent pas prêts de trouver un quelconque compromis sur la situation actuelle.

Car quand Pyongyang ne cesse de marteler son droit à bénéficier de l’arme nucléaire, Washington n’infirme en aucun cas sa position actuelle. Exigeant notamment la dénucléarisation de la Corée du Nord, les États-Unis souhaitent ainsi faire cesser la rhétorique belliqueuse de Kim Jong-Un.

Si le régime nord-coréen s’était engagé, en 2005, à mettre un terme à son programme nucléaire malgré sa sortie du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en janvier 2003, la péninsule coréenne doit de nouveau faire face aux différentes stratégies de dissuasion menées par chaque camp. Et pour cause, les derniers mois ont vu réapparaître les menaces d’utilisation d’arme nucléaire au travers des tests et autres invectives mises en place par Pyongyang.

Soupçonnée d’essayer de miniaturiser les quelques bombes nucléaires dont elle dispose, la Corée du Nord exige, en outre, la levée complète des sanctions infligées par le conseil de sécurité de l’ONU. Une demande jugée exorbitante et inacceptable par les Nations unies et les États-Unis.

Selon l’agence de presse officielle KCNA, le président américain Barack Obama «fait des efforts désespérés de peur que sa politique fasse totalement faillite si la RPDC, une puissance nucléaire à part entière, atteint même la prospérité économique par la construction d’une nation prospère».

«C’est un droit légitime de la RPDC à l’auto-défense de prendre des contre-mesures, maintenant qu’il est devenu clair que le scénario américain pour une guerre nucléaire ait atteint sa phase de mise en œuvre que rien ne peut arrêter», a précisé l’agence de presse, ce lundi. Avant d’ajouter que «la RPDC ne veut pas de guerre, mais est obligé de se lever contre les agresseurs car ils essaient d’imposer la guerre sur elle. La RPDC n’a cependant rien à craindre. Si les Etats-Unis prévoient une attaque, mal jugeant à nouveau son rival, ses bastions seront dynamités».

Deux nouveaux lanceurs de missiles Scud sur la côte est

Alors que de nombreux spécialistes ne voient dans cette stratégie nord-coréenne que des menaces dissuasives à l’encontre de ses ennemis, Pyongyang a récemment déplacé deux lanceurs de missiles Scud sur sa côte est, comme l’a rapporté l’agence sud-coréenne Yonhap, citant une source militaire.

Réunis, ce mardi, à Bruxelles en compagnie du secrétaire d’État américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN ont condamné «dans les termes les plus forts les programmes de missiles balistiques et d’armes nucléaires que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ne cesse de développer, de même que ses récents discours virulents et menaçants».

«Nous confirmons notre attachement à une paix durable et à la réalisation de l’objectif d’une dénucléarisation vérifiable de la péninsule coréenne par des moyens pacifiques. Nous exhortons la RPDC à s’abstenir de toute nouvelle provocation. La RPDC doit […] abandonner toutes armes nucléaires et tous programmes nucléaires et balistiques existants de façon complète, vérifiable et irréversible, et s’engager dans des pourparlers sérieux et authentiques en vue de la dénucléarisation», ajoute la déclaration des différents chefs de la diplomatie des pays membres de l’Alliance atlantique.

Aussi fragile soit-il, l’équilibre actuel laisse, pour l’heure, présager d’un refus commun d’en découdre avec l’arme nucléaire. Pour autant, la dissuasion respective de plus en plus intense et soutenue met progressivement Kim Jong-Un devant ses responsabilités de nouveau leader nord-coréen, défendant bec et ongle la survie du régime face aux velléités extérieures.


Pourquoi la Corée du Nord menace-t-elle le reste du monde ? – 16 avril 2013 (Vidéo: Euronews)

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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