RCA: Nicolas Tiangaye est l’interlocuteur de la communauté internationale

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Une maison abandonnée en ruines dans le nord de la République centrafricaine (Photo: Archives / Anthony Morland / IRIN)
Une maison abandonnée en ruines dans le nord de la République centrafricaine (Photo: Archives / Anthony Morland / IRIN)

En visite cette fin de semaine à Douala, au Cameroun, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a réitéré le soutien politique et humanitaire de l’ONU à la République centrafricaine et, tout particulièrement, au chef de son gouvernement, Nicolas Tiangaye.

Le représentant de l’ONU a assuré le premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, du soutien de l’ONU à la mise en œuvre des Accords de Libreville signés avec la coalition rebelle de la Séléka, qui s’est emparé de Bangui le 24 mars dernier, renversant le président Bozizé qui s’est réfugié au Cameroun.

Les Accords de Librevile prévoient, notamment, que le premier ministre Tiangaye ne peut pas être limogé.

Depuis que la Séléka a lancé une offensive, en décembre 2012, 1,2 million de personnes sont privées de services de base en République centrafricaine; au moins 4,1 millions de personnes, la plupart des enfants, ont été directement touchées par la crise et plus de 37 000 ont fui les violences et les violations des droits de l’homme qui se multiplient depuis quatre mois, rappelle le service d’information de l’ONU.

M. Feltman a fait part des préoccupations du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, devant la situation en Centrafrique, marquée par une insécurité grandissante et l’absence d’ordre public et d’état de droit.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a toutefois salué la condamnation publique, par Nicolas Tiangaye,de la violence et des pillages, l’exhortant à faire preuve de leadership dans le rétablissement de l’ordre constitutionnel à travers le pays.

M.Feltman a également réaffirmé que l’ONU demeurait engagée aux côtés des partenaires régionaux et internationaux de la République centrafricaine pour fournir une assistance humanitaire, dès que les conditions de sécurité le permettront.

Le Secrétaire général avait salué la semaine dernière les efforts déployés par la Communauté économique des États d’Afrique centrale et l’Union africaine.

Le sommet des dirigeants d’Afrique centrale réunis à N’Djamena, la capitale tchadienne, a promis jeudi 18 avril de porter les effectifs de la FOMAC, la Force multinationale d’Afrique centrale déjà présente en Centrafrique, à 2 000 hommes pour arriver à de mettre fin à l’anarchie qui prévaut en Centrafrique depuis la prise du pouvoir par la Séléka.

Djotodia, snobé par la communauté internationale

Deux jours plutôt., mardi 16 avril, le premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, avait demandé l’appui de la France et de la Fomac (Force multinationale d’Afrique centrale), «en tant que forces impartiales, pour la conduite des opérations de sécurisation de la ville de Bangui et toutes les régions de notre pays».

Mais, si le chef de la diplomatie française s’était donc déclaré disposé à répondre favorablement à la demande du premier ministre, il y mettait une condition : qu’il y ait un retour à la légitimité.

Et, pour la France et une bonne partie de la communauté internationale, le nouvel homme fort de Centrafrique, l’ex-chef rebelle qui s’est autoproclamé président, est un obstacle à cette légitimité.

Même après qu’il eut été élu «président intérimaire» par le Conseil national de transition, ses voisins d’Afrique centrale, à commencer par le tchadien Idriss Deby, refusent de le reconnaître comme le chef d’État de la RCA.

Tout juste s’accordent-ils à le reconnaître comme responsable de la transition.

Pour sa part, dans sa réponse à la demande d’aide de Nicolas Tiangaye, le chef de la diplomatie française a déclaré : «La France a dit qu’elle était évidemment disponible pour appuyer tout effort pour revenir vers la stabilité, mais il faut mettre en place des autorités légitimement reconnues, ce qui n’est pas le cas du président actuel.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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