Saleh Mohamed Jerbo, un suspect de crimes de guerre au Darfour, tué au Soudan

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Abdallah Banda Abakaer Nourain et Saleh Mohammed Jerbo Jamus (Photo: CPI)
Abdallah Banda Abakaer Nourain et Saleh, assis, à gauche, et  Mohammed Jerbo Jamus, à droite (Photo: Archives/CPI)

Saleh Mohammed Jerbo Jamus, un chef rebelle accusé de crimes de guerre au Darfour, serait décédé vendredi dernier lors de combats dans le nord du Darfour, ont indiquées ses avocats à la Cour pénale internationale, où il devait passer en jugement mai 2014 pour une attaque meurtrière sur des soldats de la mission de maintien de la paix de l’Union africaine au Darfour en 2007.

Mais, bien sûr, tribunal doit avoir la preuve de sa mort avant que l’affaire ne soit abandonnée.

Saleh Mohammed Jerbo Jamus serait décédé vendredi dernier (Photo: Archives/CPI)

M. Jerbo et son compatriote, le chef rebelle Abdallah Banda Abakaer Nourain faisaient face à trois accusations de crime de guerre relativement à l’assassinat à l’assassinat des 12 soldats de l’Union africaine lors d’une attaque contre le camp de l’Union africaine de de Haskanita en septembre 2007.

Les deux hommes, qui s’étaient volontairement rendus à la CPI en 2010 pour répondre à ces accusations et le procès de Saleh Mohamed Jerbo devait débuter le 5 mai 2014.

M. Jerbo était chef de cabinet du groupe rebelle SLA-Unité au moment de l’attaque 2007, mais est actuellement membre du Mouvement pour la Justice et l’Égalité.

Ses avocats disent qu’il est mort dans le nord du Darfour, dans l’après midi du 19 avril 2013 et a été enterré le même jour.
«M. Jerbo a été tué lors d’une attaque par les forces d’une faction du Mouvement pour la justice et l’égalité dirigé par Gibril Ibrahim », ont déclaré ses avocats à la Cour pénale internationale.

Les charges retenues contre Jerbo et son Banda Abaker Nourain étaient:

  • commission ou tentative de commission d’atteinte à la vie sous forme de meurtre
  • le fait de diriger intentionnellement des attaques contre le personnel, les installations, le matériel, les unités ou les véhicules employés dans le cadre d’une mission de maintien de la paix
  • pillage

Le président du Soudan, deux ministres et un chef de milice progouvernementale ont également été mis en accusation par la CPI sur le Darfour et sont toujours en fuite.

Le président du Soudan, Omar Al-Bashir , criminel de guerre «en fuite»(Photo: Archives/CPI)

Les charges retenues contre le président soudanais, Omar Hassan Al Bashir, sont :

  • cinq chefs de crimes contre l’humanité : meurtre, extermination, transfert forcé, torture
  • deux chefs de crimes de guerre : le fait de diriger intentionnellement des attaques contre une population civile en tant que telle ou contre  des personnes civiles qui ne participent pas directement aux hostilités
  • trois chefs de génocide : génocide par meurtre, génocide par atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale et génocide par soumission intentionnelle de chaque groupe ciblé à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique

Contrairement à Jerbo et Banda Abaker Noiurain, qui s’étaient mis à la disposition de la Cour, le statut du président est , aux yeux de la Cour pénale internationale «actuellement en fuite».

Ils nient tous les accusations, affirmant que l’ampleur de la souffrance au Darfour a été exagérée pour des raisons politiques.
Le conflit a commencé il ya 10 ans lorsque les rebelles ont commencé à attaquer des cibles gouvernementales, accusant Khartoum d’opprimer les Noirs africains en faveur des communautés arabes.

La milice arabe Janjaweed a ensuite été accusée de mener une politique de nettoyage ethnique contre la population noire africaine au Darfour avec la bénédiction du gouvernement de Khartoum.

Ce conflit a fait 1, 4 million de déplacés et plus de 300 000 morts, selon les estimations de l’ONU. Le gouvernement de Khartoum, pour sa part, n’admet que 12 000 morts.

Bien que la violence au Darfour ait diminué, il ya encore de nombreux affrontements entre les forces gouvernementales, les rebelles, des bandits et des groupes ethniques rivaux.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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