Syrie: l’armée avance sur Qousseir, l’opposition fustige le Hezbollah libanais

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Des Syriens et des partisans tiennent un poster du leader du Hezbollah, Hassan Nassrallah (g), et du président syrien Bashar al-Assad, le 14 octobre 2012 à Beyrouth (Photo : Archives / Anwar Amro / AFP)
Des Syriens et des partisans tiennent un poster du leader du Hezbollah, Hassan Nassrallah (g), et du président syrien Bashar al-Assad, le 14 octobre 2012 à Beyrouth (Photo : Archives / Anwar Amro / AFP)

L’opposition syrienne a appelé dimanche le Hezbollah libanais allié de Bachar al-Assad à retirer «immédiatement» ses combattants de la région de Qousseir, frontalière du Liban, où l’armée syrienne a progressé ces derniers jours, pendant qu’à Istanbul, où avait lieu la veille une réunion des amis de la Syrie, le chef de l’opposition syrienne remettait de nouveau sa démission, sans doute pour de bon, cette fois…

Qousseir, une des plus importantes villes aux mains des insurgés dans la région de Homs, doit son importance stratégique pour le régime au fait qu’elle relie Damas au littoral.

«Les troupes loyalistes appuyées par des combattants du Hezbollah ont pris le contrôle d’importants villages dans la province de Qousseir», a déclaré pour sa part Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Parmi ces zones stratégiques, la colline de Nabi Mando qui surplombe des positions encore tenues par des rebelles.

Les combats, qui ont fait plusieurs dizaines de morts cette semaine, se poursuivent dans les alentours de ces villages, rapporte l’OSDH.

Les combattants du Hezbollah «avancent sur le terrain, tandis que l’armée assure leur couverture aérienne», rapporte pour sa part l’AFP, citant un militant antirégime basé à Qousseir, Hadi al-Abdallah

Quant à lui, le quotidien syrien Al-Watan, proche du pouvoir, indiquait que «l’armée contrôle des villages de la province de Qousseir», ajoutant: «Il y a un grand changement dans la tactique militaire de l’armée, devenue plus précise en atteignant ses objectifs».

Pendant ce temps, au Liban voisin, trois nouveaux obus lancés depuis la Syrie se sont abattus dans la région proche du Hermel, un bastion du Hezbollah, sans faire de victime, rapportait l’agence officielle libanaise.

Depuis une semaine, les rebelles tirent en direction de cette région chiite à 15 km de la frontière, disant riposter à la participation du Hezbollah au combat aux côtés du régime et, samedi, un obus a atteint pour la première fois la ville même de Hermel, semant la panique parmi les habitants.

Dans un communiqué dimanche, l’opposition syrienne a sommé le Hezbollah de «retirer immédiatement ses forces du territoire syrien», soutenant que l’implication du parti chiite «pourrait entraîner le Liban et la région dans un conflit ouvert aux conséquences destructrices».

«La Coalition appelle le gouvernement libanais […] à prendre toutes les mesures nécessaires pour stopper les actions du Hezbollah, impliqué de manière flagrante aux côtés du régime d’Assad», poursuit le communiqué.

Dans le même temps, l’opposition a aussi appelé l’Armée syrienne libre (ASL, rebelles) à «faire preuve de retenue et à respecter la frontière souveraine du Liban».

Le Hezbollah, pour sa part, prétend que les Libanais combattant à Homs étaient des habitants chiites résidant dans des villages côté syrien et qui ne faisaient que se défendre face aux rebelles, rejetant la thèse de l’implication du Hezbollah libanais en tant que tel.

Depuis plusieurs mois maintenant, le Liban, divisé entre adversaires et partisans du régime de Bachar Al-Assad, est touché par des violences à sa frontière, loin d’être étanche, avec la Syrie en proie depuis plus de deux ans à la guerre civile et dont le conflit déborde de plus en plus chez ses voisins, fasiant craindre un embrasement de la région.

Démission de Moaz Al-Khatib

Dimanche 21 avril,à deux semaines de l’élection destinée à choisir un nouveau leade, le chef de l’opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, a «encore» démissionné, probablement pour de bon cette fois, pour dénoncer le manque d’action de la communauté internationale pour aider le peuple syrien, rapporte aujourd’hui un membre de la Coalition de l’opposition à Istanbul.

C’est dans cette ville que, samedi, s’est tenue la veille une réunion du groupe des «Amis de la Syrie», durant laquelle Washington a annoncé le doublement de son assistance directe et la livraison d‘équipements militaires défensifs, mais toujours pas les armes lourdes que réclame l’opposition «pour se défendre».

M. Khatib, un islamiste modéré et populaire, avait été élu en novembre dernier pour diriger la Coalition nationale, qui représente l’ensemble de l’opposition syrienne.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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