Syrie: un attentat-suicide fait 15 morts dans le centre de Damas

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Au moins 40 personnes ont été tuées dans un attentat à Damas (Photo: SANA)
Une série d’attentats avait fait au moins 83 morts à Damas, le 21 février dernier (Photo: Archives/SANA)

Un puissant attentat-suicide à la voiture piégée a touché le centre-ville de Damas, ce lundi, faisant au moins 15 morts et une cinquantaine de blessés. Alors que cette attaque a eu lieu dans une zone résidentielle, tuant des enfants, selon les médias officiels, le chef du gouvernement syrien a d’ores et déjà annoncé que cet attentat ne resterait pas impuni.

«J’étais dans la rue avec ma collègue quand la terre a tremblé sous nos pieds. Les gens ont commencé à crier : ‘explosion ! explosion !’, et on a vu une épaisse fumée noire se dégager du lieu de l’attentat comme si c’était un tourbillon». Dans des propos rapportés par l’Agence France Presse, Anana, 32 ans, traduit la panique qui s’est emparée de la capitale.

«Des terroristes ont fait exploser une voiture piégée entre la place Sabee Bahrat et la rue Chahbandar», a ainsi décrit la télévision d’État. Dans cette violente attaque kamikaze, 15 personnes ont péri alors que la crainte de voir ce bilan augmenter demeure à cause du nombre de blessés sérieux dans les rues de Damas.

Selon la chaîne officielle d’informations en continu, Al-Ikhbariya, des enfants ont perdu la vie dans cet attentat. L’attaque aurait ainsi eu lieu à proximité de la Banque centrale de Damas, dans une zone résidentielle, où se trouvait une école, endommagée par l’explosion.

L’AFP a également fait état des dégâts matériels qui ont touché les bureaux de ses équipes au cœur de la capitale syrienne. L’agence a ainsi mentionné que toutes les vitres ont volé en éclat à l’issue de la déflagration, le personnel sur place étant néanmoins sains et saufs.

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Si des images des rues de Damas, montrant des corps meurtris et des populations sous le choc, ont été diffusées par les médias officiels, l’armée et les services de sécurité ont désormais empêché la population syrienne de s’approcher du lieu de l’explosion.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), cet attentat à la voiture piégée a fait 16 victimes, parmi lesquels 12 civils ainsi que quatre membres des forces régulières de l’armée syrienne. «Le nombre de morts est susceptible d’augmenter, car plus de 50 personnes ont été blessées par l’attaque, certaines gravement», a ajouté l’ONG, basée à Londres et s’appuyant sur un large réseau de militants et de médecins dans les hôpitaux civils et militaires à travers la Syrie.

De son côté, le Premier ministre syrien, Waël al-Halaqi, a tenu à prévenir les auteurs de cette attaque, qualifiée de «lâche», que leur activité cessera sous la volonté commune de mettre fin à cette barbarie. «Nous disons à ceux qui sont derrière ces attentats que le peuple syrien […] va aller de l’avant pour écraser ces bandes terroristes armées», a ainsi déclaré le chef du gouvernement, présent sur les lieux de l’attentat. «Votre terrorisme ne servira à rien, les Syriens lutteront ensemble avec l’armée contre ces groupes terroristes», a-t-il ajouté, en référence aux rebelles syriens, épaulés par des djihadistes et qualifiés de terroristes par le régime de Bachar al-Assad.

Un communiqué pour «remonter le moral des troupes et des partisans»

Ce dimanche, les invectives entre certains médias officiels et l’OSDH se sont poursuivies sur fond de bombardements. Selon l’ONG syrienne, une quinzaine de civils sont morts à l’issue de différentes explosions, à l’est de la capitale syrienne. De son côté, l’agence de presse officielle SANA a assuré que l’armée syrienne faisait le siège d’enclaves rebelles à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de la capitale, dans le secteur de la Ghouta orientale.

Une situation dénoncée par Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH. Ce dernier a en effet jugé le communiqué de l’agence comme sans fondement, n’ayant pour seul but que de «remonter le moral des troupes et des partisans» du régime. «Quand ils disent qu’ils font le siège du secteur de la Ghouta, où sont les preuves? Les combats ont fait rage dans ce secteur toute la journée et de nombreuses villes et villages sont toujours sous contrôle rebelle», a-t-il ajouté.

Considérée comme l’attentat le plus central dans Damas depuis le début de la révolte populaire, l’attentat-kamikaze à la voiture piégée, perpétré ce lundi, vient semer un peu plus le trouble au cœur de la capitale syrienne. Alors que le dialogue ne semble pas à l’ordre du jour entre régime et rébellion, les populations civiles continuent de vivre au gré des attaques et combats successifs, émaillant le quotidien du pays depuis plus de deux ans.


Attentat à la voiture piégée près de la place de Sabaa Bahrat 
(Images pouvant heurter la sensibilité de certaines personnes) – 8 avril 2013 (Vidéo: Al-Ikhbariya)

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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