Tunisie: neuf militaires blessés en deux jours d’opération «antiterroriste»

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Ali Larayedh, le ministre de l'intérieur Tunisien, leader fondateur du parti Ennahdha , mainbtenant désigné au poste de premier ministre (Photo: Arbimaestro, WikiCommons)
Le Premier ministre tunisien Ali Larayedh a réaffirmé, ce mardi, sa volonté de vaincre la menace terroriste en Tunisie (Photo: Arbimaestro, WikiCommons)

Six militaires et gendarmes tunisiens ont été blessés, ce mardi, par l’explosion de mines au deuxième jour d’une opération contre des «terroristes» à proximité de la frontière algérienne, selon le ministère de l’Intérieur tunisien.

Parmi les six blessés, deux ont été gravement atteints, ce mardi. La veille, un gendarme et un militaire ont eu une jambe arrachée et un autre a été gravement touché aux yeux. Les forces tunisiennes effectuaient alors une opération «antiterroriste» dans la région du mont Chaambi.

«Deux agents viennent d’être blessés, gravement, dans une explosion d’une mine alors qu’ils poursuivaient des membres d’un réseau terroriste refugiés dans une zone difficile d’accès dans la montagne de Chaambi», a déclaré, ce lundi, le ministère de l’Intérieur sur son compte Facebook.

Alors que le gouvernement n’a pas commenté, comme à l’accoutumée, la tenue de ces opérations, des sources sécuritaires interrogées par l’AFP ont assuré que les forces tunisiennes recherchaient un petit groupe armé qui aurait miné le massif montagneux avec des engins artisanaux.

Une menace extérieure comme intérieure

Au cœur de cette zone difficile d’accès, à proximité de la frontière algérienne, la contrebande, notamment d’armes, met à mal la stabilité et la sécurité des populations. Depuis l’assassinat, en décembre dernier, d’un agent de la garde nationale par un groupuscule armé, les forces tunisiennes se sont régulièrement déployées sur place. Ce mardi, elles ont même reçu un soutien populaire dans la ville de Kasserine, chef-lieu de la région. Aux côtés de gardes nationaux, des habitants ont ainsi manifesté pour réclamer de meilleurs équipements pour détecter les mines et s’en protéger.

Fer de lance du Printemps arabe, la Tunisie est aujourd’hui menacée par l’expansion des menaces terroristes en son propre sein. Selon les autorités, l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre dernier, ou encore l’assassinat du leader de l’opposition Chokri Belaïd, le 6 février dernier, seraient ainsi l’œuvre de groupuscules islamistes armés.

Le 13 mars dernier, jour de son investiture, le nouveau Premier ministre tunisien Ali Larayedh avait fait de la lutte contre le terrorisme et les violences sociales sa priorité en matière de sécurité. «Le danger principal pour la sécurité nationale est le terrorisme, que ce soit celui venant de l’étranger […] ou celui qui peut provenir de l’intérieur. Je veux dire par terrorisme un groupe organisé qui utilise la violence et les armes contre les individus ou pour prendre le pouvoir», avait-il déclaré dans un entretien à l’AFP.

La Tunisie et l’Algérie renforcent leur coopération en matière de sécurité

Présent ce lundi à Alger, le chef du gouvernement tunisien a tenu à réaffirmer la coopération indispensable avec le voisin algérien. Bien conscient de la précarité sécuritaire de la région, M. Larayedh a notamment assuré que cette réunion avec son homologue algérien Abdelmalek Sellal a permis une «forte impulsion» en matière de collaboration. Une collaboration qui doit inclure, selon lui, «des échanges d’expertises en matière d’instruction et de formation militaires».

Car l’instabilité de la région inquiète les autorités respectives. Qu’il s’agisse d’une menace intérieure comme extérieure. Occupant une position stratégique, la Tunisie représente un lieu de passage convoité, soit par les massifs du nord, soit par les régions du sud, pour les livraisons d’armes entre la Libye, l’Algérie, voire le Mali.

Pour preuve, onze Tunisiens faisaient partie des preneurs d’otage sur le site gazier d’In Amenas, en janvier dernier. Les autorités tunisiennes avaient également évoqué la présence d’une cinquantaine de djihadistes tunisiens dans le nord du Mali.

Aujourd’hui, le territoire tunisien est aux avant-postes d’une montée du djihadisme dans la région, conséquence collatérale des velléités libérales du Printemps arabe. En mars dernier, un mouvement salafiste tunisien a prêté, pour la première fois, allégeance à Al-Qaïda, acceptant ainsi l’appel à la guerre sainte, le djihad, lancé par l’organisation terroriste. Le symbole d’une sécurité régionale mise à mal depuis plusieurs mois.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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