Venezuela: au moins sept morts dans des violences post-électorales

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Battu lors des élections présidentielles, ce dimanche, Henrique Capriles a qualifié le nouveau chef d'Etat vénézuélien, Nicolas Maduro, de "président illégitime" (Photo: Archives/Miraflores Palace)
Le nouveau chef d’Etat, Nicolas Maduro, a appelé le peuple vénézuélien à « combattre dans la paix » suite aux manifestations tragiques qui ont émaillé le pays depuis lundi soir (Photo: Archives/Miraflores Palace)

Suite à l’élection contestée, ce dimanche, du nouveau président vénézuélien, Nicolas Maduro, de violentes manifestations ont eu lieu, dès lundi soir, faisant au moins sept morts et 61 blessés à travers le pays, selon le procureur général, Luisa Ortega.

Un mois seulement après la mort de son président symbolique, Hugo Chavez, le Venezuela se retrouve à nouveau dans une spirale de violences et d’insécurité. À l’issue d’un scrutin controversé, plusieurs rassemblements ont eu lieu pour manifester contre l’arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro. «Lors de ces violences, sept Vénézuéliens sont morts, parmi eux un fonctionnaire de police de l’État de Tachira (ouest)», a affirmé le procureur général, Luisa Ortega, ajoutant que 135 personnes ont été interpellées au cours de ces manifestations.

Un partisan de Nicolas Maduro a également été tué dans la localité de Baruta, à la périphérie de Caracas, comme l’a confirmé le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua. Précisant qu’il «a été tué par une arme à feu» au cours d’une manifestation pro-Capriles, le chef de la diplomatie vénézuélienne a également affirmé qu’une femme de 44 ans avait été blessée lors de cet incident. «Les deux criaient des slogans en faveur de la victoire du président Nicolas Maduro quand est passé un groupe d’opposants, qui ont ouvert le feu», a ajouté le ministre Jaua, qualifiant ces heurts de «violences fascistes».

Henrique Capriles, principal opposant de Nicolas Maduro et battu de quelques 260 000 voix lors du scrutin présidentiel, continue de contester les résultats officiels. Si le Conseil national électoral (CNE) a entériné la victoire chaviste avec 50,75% des suffrages, l’opposition n’a pas tardé à appeler ses sympathisants à manifester leur désaccord avec la présence du nouveau chef d’État.

Après avoir qualifié le récent vainqueur de «président illégitime», Henrique Capriles a donné pour consigne «qu’on l’entende dans le monde entier». Des milliers de partisans ont ainsi envahi les rues de Caracas, lundi soir, contraignant même les forces de l’ordre à utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Alors que de nouveaux appels à manifester ont été lancés pour la journée de mercredi, Henrique Capriles a réagi, ce mardi, sur son compte Twitter, face à la violence de la contestation. «L’illégitime [Nicolas Maduro, ndlr] et son gouvernement ont ordonné la violence pour éviter le comptage des votes! Ce sont eux les responsables!», a-t-il affirmé, annonçant de prochaines déclarations au peuple vénézuélien dans les heures à venir.

 

Maduro «appelle le peuple à combattre dans la paix»

De son côté, le président récemment élu a lancé un appel au calme pour endiguer ces récentes violences tragiques. «J’appelle le peuple à combattre dans la paix», a-t-il annoncé, depuis le palais présidentiel de Miraflores, qualifiant de «caprices de bourgeois» la demande de recomptage des voix exigée par le chef de l’opposition.

Car, pour le gouvernement, cette contestation électorale n’a aucun autre but que de prendre le pouvoir par la force. «Ce qui se cache derrière les paroles d’aujourd’hui, M. Capriles, c’est une convocation à un putsch contre l’État, les institutions, la démocratie de ce pays», a martelé Jorge Rodriguez, le chef de campagne de Nicolas Maduro.

Opposants célèbres au régime chaviste, les États-Unis ont d’ores et déjà affirmé qu’un nouveau comptage des voix serait une étape «importante, prudente et nécessaire», comme l’a confié le porte-parole de la Maison Blanche.

Après plusieurs jours de recueillement suite au décès d’Hugo Chavez, le mois dernier, la campagne électorale avait rapidement pris place pour assurer l’avenir du pays. Au cours de cette période, Nicolas Maduro avait alors assuré que «seule la voie du socialisme nous permettra de sauver ce pays et de parvenir à l’union et à la paix de la nation». Comme une réponse au fléau de la violence qui touche le pays depuis plusieurs années. «Le 15 avril, je prendrai la responsabilité de ce sujet, de la vie, du combat contre la criminalité» pour qu’il devienne le «thème central de tout ce que nous faisons», déclarait-il quelques jours avant son élection. Le voilà désormais face à un premier défi de taille.


Le Venezuela divisé après 14 années de chavisme – 16 avril 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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