Violents combats près de Damas, au moins 70 morts en quatre jours d’affrontements

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Violents combats entre les insurgés et l'armée syrienne à Dereya (Photo: NBC News)
Violents combats entre les insurgés et l’armée syrienne à Dereya (Photo: NBC News)

Près de 70 personnes au moins, dont de nombreux rebelles, ont été tuées dans de violents combats qui font rage depuis quatre jours entre les forces rebelles et l’armée syrienne à Jdeidet al-Fadl, au sud-ouest de Damas, rapporte, ce samedi 20 avril, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une organisation basée en Grande-Bretagne qui s’appuie sur un réseau de militants et de médecins civils et militaires à travers la Syrie et que les médias citent abondamment depuis le début du conflit.

«Soixante-neuf personnes ont été tuées en quatre jours de violences à Jdeidet al-Fadl dont les troupes gouvernementales tentent de prendre le contrôle total», a annoncé l’OSDH, citant des militants sur place qui ont affirmé que plusieurs avaient été tués dans des bombardements de l’armée ou avaient été sommairement exécutées.

Des affrontements avaient aussi lieu dans les zones sunnites de la localité voisine de Jdeidet Artouz, à majorité chrétienne, a ajouté l’OSDH.

Ces deux banlieues se trouvent à proximité de Deraya, que l’armée tente depuis l’année dernière de reprendre aux rebelles.

«Daraya est bombardée par l’artillerie et les chars, tandis que de nouveaux combats ont éclaté dans la matinée sur les fronts sud et ouest», a rapporté de son côté le conseil local rebelle de Deraya, ajoutant que des renforts gouvernementaux et 30 chars et véhicules militaires ont été déployés dans la ville.

À Damas, les quartiers périphériques du sud subissaient les bombardements des troupes du régime alors que, dans la province de Homs (centre), l’armée a pris le contrôle du village de Radouaniyé, près du bastion rebelle de Qousseir, proche de la frontière libanaise, où les rebelles se battaient contre l’armée, les milices du régime et des combattants du puissant mouvement chiite libanais Hezbollah.

Au Liban, où ne baissent pas les tensions à la frontière nord et est avec la Syrie, deux roquettes lancées à partir du territoire syrien se sont abattues dans la région de Hermel (est), sans faire de victime.

Toujours selon l’OSDH, vendredi, les violences en Syrie avaient fait au moins 157 morts, dont 75 civils.

Nouveau pas des États-Unis

Pendant ce temps, les États-Unis doivent samedi une nouvelle étape dans leur soutien à l’opposition syrienne en annonçant à Istanbul, lors d’une réunion du groupe des Amis de la Syrie, en fournissant aux groupes modérés de l’opposition des équipements militaires défensifs, mais toujours pas d’armes létales, comme le réclame l’opposition syrienne.

Les États-Unis fournissent déjà des rations militaires et des kits médicaux. Les équipements défensifs en question pourraient être des gilets pare-balles, des véhicules et/ou des lunettes de visée nocturne.

Conscient de la situation dramatique sur le terrain, le chef de la diplomatie américaine avait exprimé jeudi dernier ses craintes d’une « dislocation » de la Syrie, mais il avait aussi insisté sur la prudence nécessaire en matière de soutien militaire à l’opposition. «Nous essayons d’avancer avec précaution pour ne pas créer encore plus de désordre», avait déclaré le Secrétaire d’État américain «nous voulons aussi nous assurer que ceux avec qui nous travaillons défendent le pluralisme, la diversité et un processus démocratique».

Les pays occidentaux hésitent toujours à livrer des armes aux rebelles, de peur de les voir tomber entre les mains des groupes les plus radicaux de l’insurrection, comme le front al-Nosra qui vient de faire allégeance à Al-Qaïda.

La principale force de l’opposition au régime de Damas, la Coalition nationale syrienne (CNS), une composante majeure de la Coalition nationale de l’opposition, plaide pour une aide militaire.
La France et la Grande-Bretagne, qui s’étaient prononcées pour la levée de l’embargo décrété par l’Union européenne (UE) sur les fournitures d’armes, la seule mesure capable disaient elles de faire pencher la balance militaire en faveur des rebelles. Mais, depuis, la France s’est ravisée Paris estimant que les conditions sur le terrain n’étaient pas réunies.


Violents combats entre les insurgés et l’armée syrienne à Dereya (Vidéo: NWN)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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