Accusé du meurtre de 16 civils afghans, un soldat américain pourrait éviter la peine de mort

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Le sergent Robert Bales lors de son déploiement en Afghanistan (Spc. Ryan Hallock/Department of Defense)
Le sergent Robert Bales lors de son déploiement en Afghanistan (Spc. Ryan Hallock/Department of Defense)

Le sergent Robert Bales pourrait plaider coupable aux chefs d’accusation retenus contre lui suite à un accord passé avec les procureurs, rapporte son avocat John Henry Browne. Il éviterait ainsi la peine de mort.

Accusé de 16 meurtres, 6 tentatives de meurtre et 7 agressions, le sergent aurait quitté sa base située dans le Kandahar, en Afghanistan, et se serait dirigé vers deux villages pour perpétrer les actes dont il est accusé. Dix-sept des victimes étaient des femmes et des enfants. En rentrant à la base, il aurait été tout de suite arrêté.

Le porte-parole de la base Joint Base Lewis-McChord, où se tient le procès, le colonel Dangerfield, a déclaré au sujet des pourparlers qui auraient eu lieu entre les avocats et les procureurs ne pouvoir confirmer la conclusion d’une entente ou même que les deux parties étaient en négociation. Il confirme cependant qu’une audience a été provisoirement prévue pour mercredi prochain, le 5 juin.

En novembre dernier, l’armée américaine avait requis la peine de mort à l’encontre du sergent Bales. Le sergent avait plaidé non-coupable lors l’audience préliminaire. Un soldat a témoigné que celui-ci lui avait confié avoir «tué quelques personnes». Les analyses médico-légales effectuées ont révélé que le sang sur les vêtements portés par le sergent lors de son arrestation appartenait à au moins quatre personnes, et correspond à celui des victimes.

Le procureur de l’armée, le lieutenant-colonel Morse, déclare lors de l’audience que le sergent était «lucide et cohérent» à son retour à la base le 11 mars 2012. Les procureurs, quelque peu avant l’audience préliminaire tenue en novembre dernier,  avaient émis l’hypothèse que le sergent avait agi par vengeance après l’explosion d’une bombe ayant causé la perte d’une jambe à un compagnon d’armes.

La défense rapporte, quant à elle, que le sergent, qui en était à son quatrième déploiement, souffrait de stress post-traumatique et d’une commotion cérébrale. Malgré tout, il aurait été renvoyé au front. L’avocat du sergent soutient que le soldat avait recours sur place aux drogues, stéroides et somnifères, ce qui compliquait l’évaluation de l’état mental de son client.

En décembre dernier, l’avocat Browne, dans une interview accordée au New York Times, avait considéré que le procès fait au sergent était «compréhensible, mais totalement irresponsable». «L’armée américaine tente de détourner l’attention de ses échecs, qui sont considérables», renchérit-il.

Il s’agit du crime de guerre commis par un soldat américain agissant seul le plus meurtrier depuis les attentats du 11 septembre 2001.

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Étudiante en journalisme à l’Université de Montréal, Sara s’intéresse aux questions de géopolitique.

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