Afghanistan: nouveaux affrontements meurtriers entre policiers et talibans

0
Le président afghan Karzai s'est rendu, ce mardi, en Inde pour rencontrer le Premier ministre, Manmohan Singh, et le président de l’Union indienne, Pranab Mukherjee, et ainsi plaider en faveur d'une aide militaire accrue (Photo: Archives/Pete Souza/White House)
Le président afghan Karzai s’est rendu, ce mardi, en Inde pour rencontrer le Premier ministre, Manmohan Singh, et le président de l’Union indienne, Pranab Mukherjee, et ainsi plaider en faveur d’une aide militaire accrue (Photo: Archives/Pete Souza/White House)

Au moins onze policiers afghans ont perdu la vie au cours des dernières 24 heures, à l’issue de deux attaques ayant secoué le pays. Des affrontements ont notamment éclaté avec les talibans dans la province du Helmand lors de la plus importante attaque des insurgés au cours du dernier mois écoulé.

Dans cette province du sud de l’Afghanistan, considérée comme un bastion des talibans, une fusillade a éclaté, ce lundi matin, lors d’une offensive des insurgés contre les forces de sécurité afghanes. Ces derniers ont attaqué des bâtiments et barrages de la police dans le district de Sangin, réputé très instable, provoquant une riposte des forces afghanes «qui les ont repoussés», selon le porte-parole du gouverneur provincial, Omar Zwak, cité par l’AFP.

Alors que les affrontements se sont poursuivis, ce mardi, «de façon sporadique», selon cette même source, les autorités ont d’ores et déjà annoncé un bilan de cinq victimes du côté des policiers. 26 insurgés auraient également péri dans ces affrontements, selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Sediq Seddiqi.

En revanche, le nombre d’insurgés présents lors de cette offensive est sujet à controverse. Et pour cause, il diffère d’une source à l’autre. Ainsi, les autorités provinciales ont fait état de plusieurs centaines de talibans, le ministère de l’Intérieur a évoqué une centaine, et la force de l’OTAN à peine une cinquantaine.

Quoi qu’il en soit, il s’agit de l’attaque la plus importante de la part des talibans au cours du dernier mois. En avril, 13 soldats afghans avaient été tués lorsqu’une centaine d’insurgés munis de lance-roquettes et d’armes automatiques avaient attaqué un poste militaire dans la province de Kunar, frontalière du Pakistan.

Six policiers tués dans l’explosion d’une bombe artisanale

Ce mardi, l’explosion d’une bombe artisanale a également couté la vie a six policiers afghans, au cœur de la province d’Hérat, dans l’ouest du pays. Ces policiers étaient membres d’une force policière de protection chargée d’assurer la sécurité des convois militaires étrangers, des bureaux des organisations internationales et de leurs employés en Afghanistan.

Ils se rendaient alors sur le site d’un barrage hydro-électrique en cours de reconstruction par l’Inde, comme l’a confié à l’AFP Sher Agha, chef de police du district d’Obe où s’est produite l’attaque. Le porte-parole du gouverneur de Hérat, Mohayedin Noori, a pour sa part affirmé que sept gardes avaient été tués dans cette attaque, pour l’heure non revendiquée.

Mais «l’offensive du printemps» lancée par les talibans à la fin du mois dernier maintient l’instabilité de certaines régions en proie à l’insurrection. Ce lundi, ce sont quatorze personnes, dont un influent élu local, qui ont trouvé la mort dans un attentat suicide dans la province de Baghlan, dans le nord du pays. Depuis le début du mois, 18 militaires de la Force internationale d’assistance et de sécurité (ISAF) de l’OTAN ont été tués en Afghanistan alors que des dizaines d’Afghans ont également péri dans ces attaques successives.

Hamid Karzai se rend en Inde pour évoquer une aide militaire supplémentaire

Pour lutter contre cette instabilité chronique, le président afghan Hamid Karzai prépare d’ores et déjà l’après-2014, date du retrait des troupes internationales. Ce mardi, le chef d’État s’est rendu en Inde pour y rencontrer le Premier ministre, Manmohan Singh, et le président de l’Union indienne, Pranab Mukherjee. L’occasion d’évoquer sa volonté de renforcer l’aide militaire indienne afin de poursuivre la lutte contre l’insurrection en Afghanistan.

Selon son porte-parole, Aimal Faizi, le président afghan va demander à l’Inde «toute sorte d’assistance pour renforcer ses institutions militaires et en matière de sécurité» lors de ses discussions à New Delhi. Il pourrait s’agir d’un potentiel accord d’armement entre les deux pays, comme l’a révélé à l’AFP une source au sein de la diplomatie indienne. «L’Inde est prête à répondre à toute demande qui renforcerait les institutions sécuritaires afghanes», a-t-elle ajouté.

Car à la fin de l’année 2014, les soldats et policiers afghans devront assurer l’entière sécurité du territoire nationale. Les quelques 100 000 soldats des forces de l’OTAN auront quitté le pays. Et la crainte de voir resurgir le régime des talibans, bouté du pouvoir en 2001 a l’arrivée des forces américaines, est bien réelle.

À lire aussi:

Matériel militaire coincé en Afghanistan: la Défense envoie une équipe >>

Afghanistan: 14 morts dans un nouvel attentat suicide contre un convoi de l’OTAN >>

Afghanistan: visite surprise d’Angela Merkel en «soutien» aux troupes allemandes >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.