Après six mois de calme relatif, les rebelles du M-23 et l’Armée congolaise s’affrontent de nouveau

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Une patrouille conjointe de la MONUSCO et des FARDC dans le Nord Kivu, en République démocratique du Congo (RDC) (Photo: Archivres/ Clara Padovan/ MONUSCO
Une patrouille conjointe de la MONUSCO et des FARDC dans le Nord Kivu, en République démocratique du Congo (RDC) (Photo: Archivres/Clara Padovan/MONUSCO

Après six mois de calme relatif, les rebelles du M-23 et l’Armée congolaise s’affrontent de nouveau depuis lundi. L’armée congolaise a même fait appel à des hélicoptères d’attaque lors de ces premiers combats depuis novembre 2012 près de Goma, au Nord-Kivu, entre les Forces armées congolaises (FARDC) et les rebelles du M-23, Mouvement du 23-Mars.

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Mise à jour du 21/05/13 à 9h57

Quinze rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont été tués et 21 blessés, tandis que l’armée congolaise a enregistré 4 morts et 6 blessés au cours de combats lundi près de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, a annoncé mardi le gouvernement, rapporte l’AFP.

«Le bilan des combats de ce lundi 20 mai fait état de 15 éléments tués et 21 blessés lors des combats (…) parmi les pseudo-mutins du M23 tandis que les forces gouvernementales ont enregistré 4 morts et 6 blessés», a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, au cours d’une conférence de presse.
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La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, la MONUSCO, confirme que des combats ont commencé tôt ce matin, vers 4h dans la nuit de dimanche à lundi, dans les localités de Kibati et de Rusayo, situées à 12 kilomètres de Goma, et que les FARDC ont utilisé des hélicoptères d’assaut lors d’une de l’opération.

Selon un porte-parole du M-23, ce serait un accrochage entre des membres du M-23, allaient puiser de l’eau au même endroit où ils le font quotidiennement tôt lundi matin, au même endroit où ils le font quotidiennement, et des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui auraient dégénéré, les affrontements en venant par la suite à impliquer les soldats des Forces congolaises régulières, présents eux aussi dans cette zone.

Les Forces congolaises quant à elles ont une autre version et parlent plutôt d’une attaque des rebelles du M-23 qui auraient tenté de s’approcher de la route entre Goma et Sake.

Pour l’ONU, il s’agirait véritablement un accrochage qui a dégénéré « La mission onusienne a indiqué que ce qui était au début des escarmouches s’est transformé en affrontements à l’arme lourde, avec l’utilisation de mortiers et de grenades», a déclaré le porte-parole de l’ONU, Eduardo del Buey, lors d’une conférence de presse à New York.

La Monusco a donc mis en œuvre son plan de protection maximale de la ville de Goma et environ 1 000 personnes, qui ont fui la zone des accrochages et se sont réfugiées au camp de Mugunga, à la périphérie de Goma.

La MONUSCO a exprimé dans un communiqué le même jour «sa vive préoccupation face aux nouveaux affrontements entre les rebelles armés du M23 et les Forces armées nationales (FARDC)».

«La MONUSCO n’épargne aucun effort pour trouver une solution diplomatique et politique et mettre un terme aux affrontements», a encore déclaré le porte-parole de la MONUSCO à New York.

En novembre 2012, le groupe rebelle M23, composé de mutins des FARDC, s’était emparé de Goma, mais avait battre en retraite peu de temps après devant les pressions de la communauté internationale et des pays des Grands Lacs avaient donné 48 heures aux mutins du M23 pour quitter la ville de Goma.

Toujours selon l’ONU, les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles ont déplacé plus de 130 000 personnes dans et autour de la ville de Goma et 47 000 autres ont fui vers la province voisine du Sud-Kivu.

Après tous ces évènements, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le 28 mars dernier une résolution qui renforce la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo en créant pour la première fois une force d’intervention chargée de «neutraliser les groupes armés» opérant à l’Est.

Cette brigade d’intervention au sein de la MONUSCO est dotée d’un mandat offensif, avec ou sans l’appui des FARDC, pour lutter contre les groupes armés qui menacent la paix et la sécurité à l’est de la RDC et, le 10 mai, un contingent de militaires tanzaniens est arrivé à Goma, des officiers, des éléments d’État-major, donc des personnes chargées de la planification et qui seront suivis d’autres militaires de ce pays.

À terme, la brigade d’intervention comprendra un peu plus de 3 000 hommes.

La reprise des combats entre armée et rebelles depuis lundi survient avant l’arrivée mercredi du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en tournée dans la région des Grands Lacs, où il doit s’arrêter à Goma, jeudi, jeudi avant de se rendre dans la capitale rwandaise, Kigali.


Au téléphone à la télévision, la version du Colonel Olivier Amhuli des FARDC (Vidéo: capture de SCTV par un particulier)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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