Arctique: la stratégie des États-Unis mêle «opportunité» et «responsabilité»

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Un CC-138 Twin Otter de l'Aviation royale canadienne de la 440e Escadron de transport, basée à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, s'arrête à la station des gardes de Parcs Canada au Fjord Tanquary, au Nunavut, dans le cadre d'Opération Nunalivut le 17 avril 2013. (Photo: Cpl Pierre Letourneau, Section d'imagerie de la 19e Escadre Comox, © 2013 DND-MDN Canada)
Un CC-138 Twin Otter de l’Aviation royale canadienne de la 440e Escadron de transport, basée à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, s’arrête à la station des gardes de Parcs Canada au Fjord Tanquary, au Nunavut, dans le cadre d’Opération Nunalivut le 17 avril 2013. (Photo: Cpl Pierre Letourneau, Section d’imagerie de la 19e Escadre Comox, © 2013 DND-MDN Canada)

Dans un rapport rendu public ce vendredi, la Maison Blanche a dévoilé l’ensemble de la stratégie américaine pour la région de l’Arctique. Au cœur des orientations de Washington, le président Barack Obama a tenu à souligner «les opportunités économiques» de cette région, rappelant la nécessité de «veiller de façon responsable» à la protection de l’environnement.

«L’Arctique est l’une des dernières grandes frontières de notre planète. Notre esprit pionnier est naturellement attiré vers cette région pour les opportunités économiques qu’elle présente et en reconnaissance de la nécessité de protéger et de préserver cet environnement unique, précieux et changeant». En guise d’introduction, Barack Obama a ainsi dessiné les grandes lignes de la stratégie des États-Unis pour la région de plus en plus convoitée de l’Arctique.

La défense des intérêts de sécurité nationale, la poursuite d’une gestion responsable et le renforcement de la collaboration et de la coopération internationale constituent ainsi les trois axes clés de la stratégie américaine. «Nous le ferons en partenariat avec l’État de l’Alaska et les autochtones d’Alaska, ainsi que la communauté internationale et le secteur privé, pour développer des solutions innovantes et de nouveaux modes de fonctionnement», a assuré le président américain.

Le rapport de la Maison Blanche a ainsi mis l’accent sur une approche scientifique afin de mettre en place ses objectifs régionaux. «L’environnement unique de l’Arctique nécessitera un engagement des États-Unis de prendre des décisions judicieuses et coordonnées d’investissement en infrastructures, basées sur la science», assure ainsi le document américain. Cette stratégie nationale entend ainsi développer «une approche collaborative et innovante pour gérer une région en mutation rapide».

La collaboration, nationale comme internationale, sera ainsi au cœur des orientations américaines. Pour ce faire, le porte-parole de la Maison Blanche sur la stratégie nationale pour la région de l’Arctique a d’ores et déjà annoncé que des tables-rondes seront organisées dès le mois de juin prochain en Alaska. L’administration américaine souhaite ainsi démontrer son «engagement actif avec les autochtones d’Alaska, l’État de l’Alaska et d’autres intervenants clés».

Les États-Unis prendront la présidence du Conseil de l’Arctique en 2015

Conscient que « l’Arctique est en train de changer », le président américain Barack Obama a rappelé la nécessité d’une collaboration nationale et internationale (Photo: Archives/Pete Souza/White House)

À l’échelle internationale, Washington a réitéré son soutien et son implication au sein du Conseil de l’Arctique, principale instance internationale de la région. Le Canada prendra la présidence du Conseil, à l’issue de la réunion de Kiruna, en Suède, le 15 mai prochain. Deux ans plus tard, ce sera au tour des États-Unis de prendre le relais pour poursuivre leur approche collaborative avec les sept autres États membres (Canada, Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède, Russie) et les six communautés autochtones, membres permanents du Conseil. La stratégie américaine mentionne notamment les partenariats en matière de recherche et sauvetage signés par les différents membres.

Évoquant les «opportunités» propres à la région de l’Arctique, le rapport dévoilé ce vendredi tient également compte des intérêts émergeants de nombreux acteurs internationaux. L’Union européenne, la Chine ou encore la Corée du Sud se montrent de plus en plus insistantes pour obtenir le statut d’observateur au Conseil de l’Arctique. «La fonte des glaces de l’Arctique a le potentiel de transformer le climat planétaire et les écosystèmes ainsi que l’expédition mondiale, les marchés de l’énergie et d’autres intérêts commerciaux», analyse ainsi le rapport.

Cette nouvelle donne environnementale amène les «États arctique» à s’interroger, depuis de nombreuses années, sur les questions écologiques de la région. Attestant de sa proximité avec les peuples autochtones de l’Alaska, la Maison Blanche souhaite démontrer sa prise en compte indispensable des intérêts humains dans une région en constante évolution. «Pour relever ce défi, nous aurons besoin de pensées audacieuses et innovantes qui embrassent et génèrent des modèles nouveaux et créatifs de coopération public-privé et multinationale», ajoute le document américain.

«L’Arctique est en train de changer. Nous devons agir, conscients de ce que nous devons faire maintenant, et cohérents avec nos principes et nos objectifs pour l’avenir», a conclu le président Obama.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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