Attentat de Benghazi: les autorités évoquent une «explosion accidentelle»

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Un nouvel attentat à la voiture piégée a secoué la ville de Benghazi, ce lundi, tuant trois personnes (Photo: Capture d'écran/Youtube)
Un nouvel attentat à la voiture piégée a secoué la ville de Benghazi, ce lundi, tuant trois personnes (Photo: Capture d’écran/Youtube)

Au lendemain de l’attentat à la voiture piégée ayant secouée la ville de Benghazi, dans l’est de la Libye, le ministre libyen de l’Intérieur a évoqué la thèse d’une «explosion accidentelle». L’attaque effectuée à proximité d’un hôpital n’aurait ainsi pas eu lieu à l’endroit prévu.

«Tous les indices font croire à une explosion accidentelle», a assuré, ce mardi, le ministre libyen de l’Intérieur au cours d’une conférence de presse à Benghazi. La thèse de l’accident, une perspective également retenue par le ministre de la Justice, Salah al-Marghani.

Si ce dernier a confié qu’il était «trop tôt pour tirer des conclusions», il a néanmoins précisé que «parmi les thèses retenues, il y a celle que cet accident n’était pas prémédité et que l’explosion n’était pas prévue à cet endroit».

Un rapport préliminaire de l’armée a notamment mentionné le fait que la voiture n’était pas à l’arrêt quand elle a explosé. Elle transportait a son bord des explosifs utilisés dans la fabrication de mines anti-chars. D’apres le ministre de la justice, les deux personnes qui auraient été à bord du véhicule n’ont pas été encore identifiées.

De son côté, le ministère de la Santé a donné «un bilan définitif» à l’issue de cette attaque, faisant ainsi état de 3 morts et de 14 blessés. Tout au long de la journée de ce lundi, de nombreux chiffres ont circulé. Le vice-ministre libyen de l’Intérieur, Abdallah Massoud, a notamment déclaré que «quinze personnes sont mortes et au moins trente autres ont été blessées».

Des centaines de manifestants protestent dans les rues de Benghazi

L’attaque a eu lieu près de l’hôpital al-Jala, dans une zone très fréquentée de la ville libyenne. Le gouvernement libyen a alors évoqué «un crime odieux» et un «acte terroriste» ayant provoqué la mort d’«innocents». Il a ainsi promis de «faire son devoir pour arrêter les criminels et les traduire devant la justice».

De son côté, la mission des Nations Unies en Libye (Unsmil) a «fermement condamné l’attentat criminel», appelant «tous les Libyens à la solidarité durant cette phase critique face à toutes les tentatives de destructions, le terrorisme et la déstabilisation de la Libye».

Car deux ans après la chute du dictateur Kadhafi, le pays reste bouleversé par une instabilité chronique. Le pouvoir actuel peine à affirmer son autorité sur le territoire libyen. Pire, il doit faire face à différentes milices armées, engageant ainsi un bras de fer tenace.

Peu de temps apres l’explosion, des centaines de manifestants se sont ainsi réunis dans les rues de Benghazi pour exiger le départ de ces milices armées. «C’est la chair de nos fils, voilà ce que les milices nous apportent», a martelé un manifestant sur les lieux de l’attentat de lundi. «Tout ce dont nous avons besoin ici, c’est de la police et de l’armée», a-t-il ajouté, dans des propos rapportés par l’AFP.


Manifestations de colères après l’attentat de Benghazi – 13 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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