Au moins trois soldats et neuf civils meurent dans de nouveaux attentats en Irak

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Des Irakiens observent une voiture détruite par une bombe dans la banlieue de Bagdad, le 20 mai 2013 ( Photo: Archives/Ali al-Saadi)
Des Irakiens observent une voiture détruite par une bombe dans la banlieue de Bagdad, le 20 mai 2013 (Photo: Archives/Ali al-Saadi)

L’Irak n’en finit plus de trembler. Au lendemain d’une vague d’attentats ayant couté la vie a plus de 60 personnes à travers le pays, de nouvelles attaques ont émaillé la journée de mardi. Plusieurs bombes ont explosé dans trois villes du pays, coûtant la vie à au moins douze personnes.

Dans la localité de Tarmiya, à 45 km au nord de Bagdad, un attentat suicide a couté la vie à trois soldats irakiens. Un kamikaze s’est fait exploser au cours de heurts entre l’armée et des hommes armés au niveau d’un barrage militaire. La police et les services de secours ont également rapporté que sept autres soldats ont été blessés.

Au cœur de la région autonome du Kurdistan, la ville de Touz Khourmatou, située à 175 km au nord de la capitale, trois personnes ont trouvé la mort dans l’explosion de deux voitures piégées dans un quartier à majorité turcomane. 44 autres personnes ont été blessées dans cette partie résidentielle de la ville.

Régulièrement touchée par les récentes violences confessionnelles frappant le pays, la ville de Kirkouk, dans le nord du pays, a également été secouée par l’explosion de trois bombes près d’un marché. Six personnes, dont au moins deux vendeurs de moutons, ont perdu la vie dans ce quartier situé dans l’est de la ville.

Les témoignages recueillis sur place font état de corps déchiquetés sur le sol. «J’ai entendu les explosions mais je n’aurais jamais pensé que cet endroit puisse être pris pour cible vu que les animaux n’ont rien à voir avec la politique, rien à voir avec les croyances, rien à voir avec les questions ethniques ou la religion», a confié un habitant de la ville, Mahmoud Djoumaa, cité par l’AFP.

Plus de 200 personnes tuées en une semaine

De nouvelles violences qui interviennent quelques heures seulement après une série d’attentats meurtriers à travers le pays. Huit attaques, pour la plupart à l’aide de voitures piégées, ont notamment secoué des quartiers majoritairement chiites de Bagdad, ce lundi matin. Des attaques violentes et ciblées qui laissent craindre une recrudescence des violences confessionnelles dans le pays.

La minorité sunnite exige notamment la démission du premier ministre Nouri al-Maliki, issu de la communauté chiite, et que les autorités mettent fin à la stigmatisation dont ils s’estiment victimes. Le chef du gouvernement a néanmoins assuré, ce lundi, qu’il allait modifier sa politique sécuritaire afin de rétablir l’ordre dans le pays.

Car depuis le début de l’année, les violences ont fait chaque mois plus de 200 morts, avec un pic à plus de 460 en avril, selon un décompte de l’AFP. Et cette tendance lourde tend à se confirmer puisque ce sont plus de 200 personnes qui ont perdu la vie au cours de la semaine écoulée.

Cette vague de violences fait craindre un retour du conflit interconfessionnel qui avait fait rage en 2006 et 2007 à l’époque où les troupes américaines étaient régulièrement prises pour cible, faisant des milliers de morts tous les mois.


Irak: les chiites visés par une nouvelle vague d’attentats – 20 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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