Conférence des donateurs: plus de 4 milliards $ réunis «pour le renouveau du Mali»

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Des enfants déplacés dans la capitale du Mali, Bamako, prennent un repas bienvenu (Photo: HCR/H. Caux)
Des enfants déplacés dans la capitale du Mali, Bamako, prennent un repas bienvenu (Photo: HCR/H. Caux)

À l’issue de la Conférence des donateurs, organisée ce mardi à Bruxelles, la communauté internationale s’est engagée à débloquer plus de 4 milliards $ pour venir en aide au Mali. À l’initiative de la France et de l’Union européenne, cette réunion a permis de dessiner les bases du renouveau du pays, meurtri par plusieurs mois d’insurrection.

Quelques 108 pays et institutions ont ainsi promis de contribuer au développement du Mali à l’issue de cette conférence internationale. L’ensemble de ces promesses permettra de financer le Plan pour la Relance Durable du Mali 2013-2014 (PRED) qui a été présenté par le gouvernement malien.

Le président par intérim Dioncounda Traoré a chaleureusement exprimé «la reconnaissance et la gratitude» du peuple malien envers la communauté internationale. Remerciant notamment son «ami» François Hollande, Dioncounda Traoré a également confié sa volonté d’honorer la confiance que lui ont accordée ses différents partenaires internationaux.

Il a ainsi rappelé la tenue d’élections présidentielles avant la fin juillet afin d’assurer la transition démocratique nécessaire à la reconstruction du pays. «C’est un pari que nous sommes obligés de gagner car nous sommes convaincus que les véritables problèmes qui se posent au Mali […] ne peuvent être réglés que par un gouvernement élu, légitime et disposant de plus de temps», a-t-il assuré.

Car pour le président français François Hollande, il revient désormais «aux Maliens de respecter les engagements pour la réconciliation, pour la sécurité, pour l’Etat de droit et pour la bonne gouvernance».

360 millions $ d’aide de la part de la France

Le chef d’État français a ainsi annoncé une aide de la France à hauteur de 360 millions $, soulignant qu’il s’agit d’un «effort important à un moment où nous connaissons des difficultés financières». La Commission européenne a, pour sa part, promis de débloquer près de 670 millions $. La Banque Mondiale et la Banque islamique de Développement vont, elles, participer à hauteur de 322 millions $ chacune.

De son côté, le Canada a annoncé, ce mardi, le renforcement de son aide à hauteur de 10 millions $ pour «veiller à ce que ce pays ne devienne pas un refuge pour les djihadistes et les extrémistes, et l’aider à rétablir un ordre démocratique qui, par le passé, a servi de modèle pour l’Afrique», comme l’a assuré le chef de la diplomatie canadienne John Baird.

«À titre de donateur principal, le Canada veut s’assurer que l’on répond aux besoins élémentaires du peuple malien. Pendant la conférence, le Canada a de nouveau montré que sa démarche consiste toujours à aider les Maliens à construire un nouveau Mali sur des assises plus solides», a renchéri, ce mercredi, à Bruxelles, la députée Lois Brown, secrétaire parlementaire du ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino.

«Rétablir les services de base» en priorité

Une aide qui devra rapidement se concrétiser car la reconstruction presse dans le pays. Pour le Commissaire européen chargé du Développement, Andris Piebalgs, il s’agit avant tout de «rétablir les services de base», comme l’eau, l’électricité ou l’éducation. Autant de «conditions indispensables pour redonner confiance» à la population malienne, en particulier dans le nord du pays.

«Le constat est simple: il n’y aura pas de sécurité et de stabilité durable sans développement et sans démocratie. Il faut donc agir de front sur les trois côtés du triangle: sécurité, démocratie, développement», a ajouté le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

«En réunissant les promesses de dons dont le pays a besoin pour rencontrer ses priorités de développement, la communauté internationale envoie un signal fort dont nous pouvons collectivement nous réjouir», a souligné le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. «Ce front de solidarité uni est essentiel pour tous les Maliens et pour le pays dans son ensemble, dont le devenir concerne toute la région du Sahel et, au-delà, la stabilité internationale».


La Communauté internationale au chevet du Mali – 14 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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