Conférence internationale sur la Syrie: Damas participera, l’opposition veut des preuves

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Le président syrien Bachar al-Assad, le 19 décembre 2006 à Moscou (Photo: Archives/Yuri Kadobnov/AFP)
Le président syrien Bachar al-Assad, le 19 décembre 2006 à Moscou (Photo: Archives/Yuri Kadobnov/AFP)

Damas a prévu de participer à la conférence internationale qui doit se tenir dans les prochaines semaines à Genève. C’est en tout cas ce qu’assure la diplomatie russe, ce vendredi, laissant l’opposition syrienne dubitative sur le sujet.

Le flou reste entier sur la prochaine réunion internationale, dite «Genève II». Près d’un an après un premier sommet diplomatique en Suisse, l’initiative russo-américaine peine, pour l’heure, à prendre forme. Et pour cause, les participations respectives du régime de Bachar al-Assad et de l’opposition syrienne s’inscrivent en pointillés. Moscou a néanmoins affirmé, ce vendredi, que Damas serait présent à cette réunion, prévue en juin prochain.

«Nous notons avec satisfaction que nous avons reçu de Damas un accord de principe du gouvernement syrien pour participer à une conférence internationale, afin que les Syriens eux-mêmes puissent parvenir au règlement de ce conflit destructeur pour le pays et pour la région», a ainsi déclaré le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch lors d’un point de presse à Moscou.

Mais cette information n’a pas satisfait la Coalition nationale de l’opposition syrienne. Et pour cause, cette dernière a regretté le caractère «vague» de cette annonce. «Nous voulons entendre cette déclaration de la bouche du gouvernement d’Assad […] Nous voulons savoir qu’ils ont vraiment l’intention de négocier la transition vers un gouvernement démocratique qui inclurait le retrait de Bachar al-Assad», a déclaré à l’AFP Louay Safi, porte-parole de la Coalition.

La Coalition de l’opposition réclame «plus de clarté»

L’opposition a ainsi fait du départ de l’actuel président une condition sine qua non à la tenue de toute négociation en vue d’un prochain gouvernement de transition. Mais le doute persiste sur les volontés du régime syrien. «Les Russes ont déjà dit que le gouvernement syrien avait une équipe pour négocier. [Mais] nous ne savons pas selon quels termes. Ont-ils les mandats pour négocier en toute bonne foi la transition ou pas?», s’est interrogé Louay Safi.

Actuellement réunis à Istanbul, la Coalition étudie notamment sa participation à cette prochaine conférence internationale. M. Safi a, avant toute chose, réclamé «plus de clarté» de la part de Damas pour confirmer sa présence ou non du côté de Genève.

Présents, ce mercredi, à Amman, en Jordanie, les «Amis du peuple syrien» ont réitéré leur volonté de voir le président syrien quitter ses fonctions pour amorcer un processus de transition. Les États-Unis, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, l’Égypte, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie ont déclaré, dans un communiqué commun, que «Bachar al-Assad, son régime et ses proches qui ont du sang sur les mains ne pourront tenir aucun rôle dans le futur en Syrie».

Moscou en appelle au peuple syrien pour résoudre ce conflit

La Russie a, pour sa part, rappelé qu’elle n’infirmerait pas sa position diplomatique. Moscou refuse en effet toute ingérence internationale à l’égard du conflit syrien. «Il s’agit d’une position de principe. Cette position peut être nuancée en fonction de l’évolution de la situation, mais les principes, les fondements de cette position ne changeront pas», a déclaré, ce vendredi, le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov.

Si le secrétaire d’État américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se sont entendus, le 7 mai dernier, sur l’organisation de cette nouvelle conférence internationale, les divergences restent fortes entre Washington et Moscou. Le président américain Barack Obama a notamment assuré, le 13 mai dernier, se «préparer à une Syrie démocratique sans Bachar al-Assad».

Dénonçant les livraisons d’armes effectuées par Moscou à destination de Damas, les puissances occidentales que sont la France, la Grande-Bretagne ou encore les États-Unis, réfléchissent à une manière d’équilibrer cette intervention internationale.

Pour autant, un éventuel soutien armé à la rébellion syrienne peine à se mettre en place. Et pour cause, la crainte de voir ces armes tombées aux mains d’insurgés extrémistes est bien réelle. Si Londres appuie néanmoins ce dispositif, Washington et Paris restent plus mesurés. En attendant, notamment, cette fameuse réunion internationale en vue de parvenir à un règlement politique de cette tragédie qui frappe le pays depuis plus de deux ans.

Un haut responsable du département d’État américain a assuré, ce vendredi, qu’une nouvelle rencontre entre John Kerry et Sergueï Lavrov aura lieu, ce lundi, à Paris. L’occasion d’établir des avancées concrètes avant la tenue de ce sommet au caractère déterminant sur le plan diplomatique.


Syrie: l’optimisme du médiateur de l’ONU Lakhdar Brahimi – 21 mai 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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