Échanges de tirs sur le Golan: la tension monte entre Israël et la Syrie

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Sur le plateau du Golan, un char abandonné qui remonte à la guerre du Kippour qui avait opposé Israël, l'Égypte et la Syrie en 1973 (Photo : Archives / Shmuel Spiegelman, WikiCommons)
Sur le plateau du Golan, un char abandonné qui remonte à la guerre du Kippour qui avait opposé Israël, l’Égypte et la Syrie en 1973 (Photo : Archives / Shmuel Spiegelman, WikiCommons)

Ce mardi, l’armée israélienne a annoncé avoir répliqué, la nuit dernière, à des tirs en provenance de Syrie sur le plateau du Golan. Si aucun blessé ne serait à déplorer, la région reste des plus instables avec ces nouveaux échanges de tirs aux abords de la ligne de cessez-le-feu.

«Au cours de la nuit, une patrouille de Tsahal [l’armée israélienne, ndlr] a été la cible de tirs près de la frontière syrienne dans le plateau du Golan», a affirmé, ce mardi, l’armée israélienne dans un communiqué. «Aucun blessé n’est à déplorer. Le véhicule a été endommagé. Les soldats de Tsahal ont répondu en ouvrant le feu avec précision et ont atteint la source des tirs», peut-on également y lire.

De plus, l’armée israélienne «s’inquiète des récents incidents dans le nord du pays et a déposé une plainte auprès des forces des Nations-Unies en fonction dans la région», ajoute le communiqué. L’État hébreu entend ainsi dénoncer les agissements des forces ennemies au cœur du plateau du Golan.

Dans cette région syrienne, en partie annexée par Israël depuis le conflit de 1967, une ligne de cessez-le-feu délimite provisoirement les frontières instables des deux pays, officiellement en guerre.

Or, l’armée syrienne a dénoncé la présence d’un véhicule israélien de son coté de la frontière, justifiant ainsi ses récents tirs de l’autre côté de la frontière. «Nos forces armées ont détruit un véhicule israélien avec tout ce qu’il transportait, qui venait des territoires occupés. Ce véhicule a dépassé la ligne de cessez-le-feu et avançait vers le village de Bir-Ajam situé dans la partie syrienne libérée», a assuré le commandement général des forces armées syriennes.

Une version contredite du côté israélien. «Des tirs syriens ont touché en l’endommageant légèrement une jeep militaire israélienne sur le plateau du Golan. Les informations de l’armée syrienne sont infondées», ont ainsi précisé des sources militaires israéliennes sous couvert de l’anonymat.

Quatre observateurs philippins enlevés puis relâchés

Si aucun affrontement direct n’est pour l’heure à déplorer, la tension, tant diplomatique que militaire, entre la Syrie et Israël laisse planer le doute sur la stabilité de la région. Au début du mois, quatre Casques bleus philippins ont été enlevés par des rebelles syriens à un poste d’observation sur le plateau du Golan.

Ces soldats, engagés au sein de la Force de l’observation du désengagement sur le Golan (Fnuod), ont été libérés le 12 mai dernier. Ils avaient été capturés alors qu’ils patrouillaient dans la zone-tampon entre Israël et la Syrie, près de la localité d’Al-Jamlah, selon l’ONU, juste deux mois après l’enlèvement de 21 observateurs également philippins, qui avaient été relâchés au bout de trois jours.

«Pas un jour ne passe sans que nous ne soyons engagés dans un processus de prise de décision qui pourrait mener à une détérioration soudaine et incontrôlable de la situation sécuritaire», s’est inquiété le chef d’état-major israélien Benny Gantz, cité par les médias. «C’est une situation qui va nous accompagner dans l’avenir proche, nous devons en être conscients», a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs jours, les tirs en provenance de Syrie ont ainsi touché la région du Golan. La semaine passée, des projectiles ont touché le mont Hermon, point culminant du Golan occupé par Israël, entraînant la fermeture aux visiteurs de ce site touristique habituellement fréquenté. D’autres tirs ont également émaillé la nuit de dimanche à lundi. Les médias locaux ont alors évoqué l’impact des tirs à proximité d’une patrouille militaire israélienne.

Des événements dénoncés du côté de Jérusalem. «Notre politique est claire : nous n’intervenons pas dans la guerre civile en Syrie, mais concernant la situation sur le plateau du Golan, nous ne permettons pas et nous ne permettrons pas une volée de tirs sur notre territoire», a ainsi prévenu le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon, cité, ce mardi, dans un communiqué.


Israel prepares for war in the Golan heigts – 17 mai 2013 (Vidéo: FoxNews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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