En Amérique centrale, Barack Obama reste vague sur la sécurité

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Le président américain Barack Obama et le présidente du Costa Rica Laura Chinchilla posent au milieu d'enfants au ministère des Affaires étrangères, à San José, le 3 mai 2013 (Photo: Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Barack Obama et le présidente du Costa Rica Laura Chinchilla posent au milieu d’enfants au ministère des Affaires étrangères, à San José, le 3 mai 2013 (Photo: Mandel Ngan/AFP)

Le président Barack Obama a promis vendredi d’aider ses partenaires d’Amérique centrale à lutter contre les violences dues à la drogue, en restant toutefois vague dans ses engagements alors que ces pays craignent les effets des coupes budgétaires américaines.

M. Obama, arrivé en début d’après-midi à San José pour la deuxième et dernière étape de sa mini-tournée en Amérique latine après le Mexique la veille, s’est dit déterminé à « traiter les inquiétudes de plus en plus grandes en matière de sécurité » au Costa Rica, allusion à la recrudescence des violences liées au trafic de drogue vers les États-Unis.

Le président américain, qui s’est entretenu pendant plus d’une heure avec son homologue Laura Chinchilla, a aussi rappelé que son pays avait engagé « près d’un demi-milliard de dollars » ces dernières années pour aider la région à lutter contre ce trafic, lors d’une conférence de presse commune.

Mais en pleine cure d’austérité aux États-Unis, il n’a pas annoncé de nouvelle initiative, se contentant d’assurer que « nous sommes en train de briser les cartels de la drogue et les gangs (…) et nous traitons les forces qui attisent la criminalité, avec des programmes de prévention pour les jeunes à risque et avec un développement économique qui donne de l’espoir et des perspectives ».

Le président a aussi réaffirmé, comme la veille au Mexique, que « les États-Unis reconnaissent que nous avons des responsabilités: la plus grande partie de la violence dans la région est due à la demande de drogue émanant notamment des États-Unis ».

En soirée, dans le cadre somptueux du théâtre national de San José entouré de mesures de sécurité draconiennes, M. Obama a retrouvé les dirigeants des sept pays d’Amérique centrale et de la République dominicaine pour un dîner de travail.

Pas de promesses précises

La région, confrontée aux groupes criminels et aux cartels de trafiquants de drogue contre lesquels elle ne peut lutter efficacement faute de moyens, attend surtout des États-Unis – premier consommateur mondial de cocaïne – qu’ils l’appuient davantage dans ce combat. Car ces pays en paix où les taux de criminalité atteignent des niveaux record voient transiter 90% de la cocaïne distribuée aux États-Unis.

« Une des grandes attentes (…) de cette réunion est un engagement et une implication accrus du gouvernement des États-Unis » dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, avait récemment affirmé le président salvadorien, Mauricio Funes. « Nous avons besoin d’un appui décisif du gouvernement des États-Unis pour affronter l’ennemi commun », avait abondé son homologue hondurien Porfirio Lobo.

M. Obama, en public du moins, n’a pas énoncé de promesses précises vendredi. « Nous sommes intéressés par une coopération avec chaque pays sur les questions de sécurité. Nous savons quels dégâts ont eu lieu. Nous sommes évidemment très inquiets du trafic et du commerce de drogue », a-t-il assuré.

Les États-Unis ont inscrit au budget 2013 une réduction des aides à la région, de 100 à 86,2 millions de dollars.

Ce voyage à San José est aussi l’occasion pour le président américain de défendre la réforme de l’immigration qu’il appelle le Congrès à adopter pour faire « sortir de l’ombre » les quelque 11 millions de clandestins, en majorité d’origine latino-américaine, vivant aux États-Unis.

Au total, cinq millions de personnes originaires d’Amérique centrale, dont la moitié de Salvadoriens, vivent aux États-Unis. En 2012, les envois de capitaux de ces immigrés dans leurs pays d’origine ont atteint 12 milliards de dollars, soit 7% du PIB régional.

M. Obama doit conclure sa visite au Costa Rica en participant en fin de matinée samedi à une discussion sur le développement et l’économie, avec des ressortissants de pays d’Amérique latine. Il rentrera à Washington en soirée.

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