En RDC, Ban Ki-moon rencontre Kabila et les rebelles parlent d’un cessez-le-feu

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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (à gauche) avec le Président de la Banque mondiale Jim Kim (à droite) et le Président de la RDC, Joseph Kabila (Photo: Myriam Asmani/MONUSCO)
Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon (à gauche) avec le Président de la Banque mondiale Jim Kim (à droite) et le Président de la RDC, Joseph Kabila (Photo: Myriam Asmani/MONUSCO)

En RDC, alors que Ban Ki-moon rencontre le président congolais Joseph Kabila à Kinshasa, les rebelles du M-23, qui affrontent les Forces armées congolaises depuis lundi dans la région de Goma, se sont déclarés mercredi prêts à «une cessation immédiate des hostilités pour faciliter la visite du secrétaire général de l’ONU», attendu à Goma ce jeudi 23 mai.

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Mise à jour 23/05/13 à 8h36

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a annoncé jeudi à Goma, ville stratégique de l’est de la République démocratique du Congo, que la brigade d’intervention de l’ONU sera prête d’ici «un à deux mois» pour combattre les groupes armés de l’est congolais, rapporte l’AFP.

Jeudi matin, un calme relatif régnait aux abords de Goma, ajoute l’agence, l’armée et le M23 ayant tacitement décidé d’une trêve pour la visite de Ban Ki-moon qui, en début d’après-midi, a quitté Goma pour Kigali.

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Près de Goma, au Nord-Kivu, les combats qui se poursuivent entre les rebelles et les Forces gouvernementales congolaises avaient déjà fait mardi, selon les autorités congolaises, 19 morts et 27 blessés, alors que l’armée congolaise et le M23 continuaient à s’accuser mutuellement d’avoir lancé les hostilités.

Les Casques bleus de la Mission de l’ONU ont «lancé une patrouille de réaction rapide pour s’assurer que les civils de ces zones sont protégés», a déclaré pour sa part Eduardo del Buey, porte-parole adjoint de l’ONU.

Et mercredi, le M23 a demandé dans un communiqué «un accord de cessez-le-feu» et la «reprise des négociations de Kampala» pour aboutir à «un accord politique» «qui donnera aux Congolais une vraie paix».

Ces négociations, menées sous l’égide de l’Ouganda après les combats de novembre 2012 entre le M23 et l’armée, avaient été interrompues faute de pouvoir parvenir à un accord, la délégation de la RDC refusant de signer un cessez-le-feu.

La visite de Ban Ki-moon à Kinshasa

Des Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) ( Photo: Archives/Sylvain Liechti /ONU)

Pendant ce temps, Ban Ki-moon, qui a commencé mercredi sa tournée de la région des Grands lacs par une visite à Kinshasa, avant une visite à Goma jeudi, puis à Kigali, (Rwanda), Entebbe (Ouganda) et Addis Abeba (Éthiopie), a demandé justement au président congolais Joseph Kabila, de reprendre les négociations de Kampala.

À propos du récent renforcement de la Mission des Nations-Unies, la MONUSCO, et la création d’une brigade d’intervention chargée de mener des opérations offensives ciblées contre les groupes qui menacent la paix et la sécurité dans l’est de la RDC, le Secrétaire général a tenu à préciser que «ce n’était là qu’un élément d’un processus politique plus large visant à trouver une solution globale.»

À Kinshasa, aux côtés du Président de la Banque mondiale, Jim Kim, le Secrétaire général a indiqué mardi, à la suite d’une réunion avec le président de la RDC Joseph Kabila, que le pays et la région des Grands Lacs se trouvaient à un moment critique. «Le Président Kabila et 10 autres dirigeants africains ont signé un accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération qui revêt la plus haute importance et ouvre des perspectives de paix telles qu’il n’y en a pas eu depuis longtemps», a rappelé le Secrétaire général.

«Mais cet accord doit se traduire par des actes tangibles […] Un accord de paix doit rapporter des dividendes de paix à la population », a poursuivi Ban Ki-moon, qui a aussi indiqué que sa visite dans la région était une manifestation de la solidarité et de l’appui sans réserve des Nations Unies

«Le Président Kabila doit donner suite aux engagements nationaux qu’il a pris», a-t-il déclaré, avant de se féliciter de la création du mécanisme de contrôle national, qui permettra de surveiller le respect de ces engagements, notamment en ce qui concerne les grandes réformes, le dialogue politique et la réconciliation.

L’accord d’Addis Abeba pour guider les parties

L’Accord-cadre de paix, signé dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba, en février 2013, par la RDC, l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Soudan du Sud, l’Ouganda, la Tanzanie et la Zambie, prévoit que les signataires protègent la souveraineté territoriale et préservent la paix et la stabilité de la RDC en s’abstenant, notamment, de soutenir tout groupe armé.

Le Rwanda et l’Ouganda, notamment, avaient été accusés de soutenir le M23.

Le Secrétaire général, qui doit se rendre dans les prochains jours au Rwanda et en Ouganda, a clairement indiqué que, partout où il ira, «il engagera instamment les dirigeants à jouer le rôle qui leur revient».

Mais il a également exhorté le Président Kabila «à donner aux forces armées de la RDC les instructions nécessaires afin qu’elles se conforment strictement au droit international humanitaire et protègent la population civile».

Le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU estime d’ailleurs pour sa part qu’environ 30 000 déplacés ont fui les camps de Mugunga à cause des combats à l’arme lourde autour de Goma.

Enfin, pour sa part, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a annoncé une aide d’un milliard de dollars pour la région des Grands Lacs, destinée à des projets en matière d’énergie, d’agriculture, de commerce transfrontalier, de santé et d’emploi.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion2 commentaires

  1. Nous sommes fatigués avec la guerre. Il est temps de nous mettre sur une même table pour trouvez solution à nos problèmes. Aimons nous les uns les autres comme notre DIEU nous a appris à aimez jusqu'au point de verser son sang à cause de nos péchés. Evitons la haine et le tribalisme.