Encore un Casque bleu tué dans une embuscade, cette fois au Congo

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Un convoi de la Mission des Nations-Unies en RDC transportant du personnel militaire (Photo: Archives/Marie Frechon/ONU)
Un convoi de la Mission des Nations-Unies en RDC transportant du personnel militaire (Photo: Archives/Marie Frechon/ONU)

Des hommes armés non identifiés ont tué mardi 7 mai un Casque bleu pakistanais dans une embuscade contre un convoi des Nations Unies dans l’est de la République démocratique du Congo, au cours de laquelle deux autres soldats ont été légèrement blessés, a déclaré aujourd’hui la mission de l’ONU dans ce pays.

La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, la MONUSCO, condamne avec force l’attaque perpétrée entre Walungu et Bukavu, dans le Sud-Kivu et qui a entrainé la mort du Casque Bleu pakistanais, déclare-t-elle dans un communiqué aujourd’hui..

«C’est une attaque lâche et injustifiée», a dit Roger Meece, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, ajoutant «Nous demandons aux autorités nationales d’ouvrir une enquête pour découvrir les auteurs de cet acte ignoble et de les présenter à la justice.»

La Mission rappelle que les Casques Bleus sont avant tout au service de la paix et que toute attaque délibérée contre eux constitue un crime de guerre.

Le Secrétaire généra, Ban Ki-moon, a lui aussi appelé les autorités congolaises à traduire les responsables en justice, en disant qu’il était «consterné» par le meurtre.

L’embuscade a toutefois eu lieu à environ 200 km (120 miles) du territoire contrôlé par les rebelles Tutsi du M23, dans une zone où sont plutôt présents les rebelles Hutus du FDLR et la milice locale Raia Mutomboki.

«Nous ne pouvons pas dire qui était derrière l’attaque, mais il semble que le convoi ait été spécifiquement ciblé. Une enquête est en cours pour savoir qui a fait ça», a déclaré pour sa part Biliaminou Alao, un porte-parole de la mission de maintien de la paix de 17 000 hommes dans le Sud-Kivu.

Le Secrétaire général Ban Ki-moon a appelé les autorités congolaises à traduire les responsables en justice, en disant qu’il était «consterné» par le meurtre.

Ce décès porte à 32 le nombre de soldats de la paix tués au Congo depuis que la mission a commencé en 1999, selon le site de la mission.

La «brigade d’intervention» de l’ONU

Cette attaque survient alors que l’ONU renforce sa mission chargée de vaincre les rebelles au coeur de deux décennies de conflit dans cette région.

L’ONU s’apprête en effet à déployer sa première «brigade d’intervention» de 3 000 soldats chargés de mener une action offensive ciblée plutôt que de se contenter de protéger les civils.

Le 28 mars dernier, face aux vagues de conflit récurrentes dans l’est de la République démocratique du Congo menaçant la stabilité et le développement de tout le pays et de la région des Grands Lacs, le Conseil de sécurité a décidé de créer une « brigade d’intervention » spécialisée pour une période initiale d’un an.

Elle comprendra, peut-on lire sur le site de l’ONU, trois bataillons d’infanterie, une compagnie d’artillerie, une force spéciale et une compagnie de reconnaissance et sera placée sous le commandement direct du commandant de la force de la MONUSCO, qui aura pour responsabilité de neutraliser les groupes armés et pour objectif de contribuer à réduire la menace que représentent les groupes armés pour l’autorité de l’État et la sécurité des civils dans l’est de la République démocratique du Congo et de préparer le terrain pour les activités de stabilisation.

Le Conseil a également décidé que la MONUSCO renforcerait la présence de ses composantes militaire, policière et civile dans l’est de la République démocratique du Congo et réduirait sa présence, dans toute la mesure du possible pour l’exécution de son mandat, dans les régions non affectées par le conflit, en particulier à Kinshasa et dans l’ouest de la République démocratique du Congo.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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