Erdogan, en visite à Washington, prône toujours la ligne dure face à Assad

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Le président Barack Obama et le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à un dîner de travail dans la «Red Room» de la Maison Blanche, le 16 mai (Photo: Pete Souza, Maison Blanche)
Le président Barack Obama et le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à un dîner de travail dans la «Red Room» de la Maison Blanche, le 16 mai (Photo: Pete Souza, Maison Blanche)

Le président américain Barack Obama et le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan se sont engagés, jeudi 16 mai, lors de la visite du premier ministre turc à Washington, à continuer à faire pression sur le régime de Bachar al-Assad.

«Nous allons continuer à faire monter la pression sur le régime d’Assad et à coopérer avec l’opposition syrienne. Le premier ministre (Erdogan) a été en pointe dans les efforts de la communauté internationale pour obtenir une transition vers une Syrie démocratique, sans Bachar al-Assad», lors de la conférence d’une conférence de presse commune à la Maison .

Le président a aussi salué la «générosité extraordinaire» des Turcs qui ont accueilli quelque 400 000 réfugiés syriens.

Se référant manifestement au «Genève II», qui relance le processus de Genève (qui prévoyait déjà une transition démocratique en Syrie après un cessez-le-feu qui n’est jamais survenu, faute d’accord sur le sort de Bachar al-Assad), le président américain a dit que la Turquie allait «jouer un rôle important au moment où nous réunissons des représentants du régime et de l’opposition dans les prochaines semaines.»

Le processus de Genève a en effet été relancé la semaine dernière quand la Russie et les États-Unis se sont entendus lors de la visite du secrétaire d’État américain John Kerry Moscou pour inciter le régime syrien et les rebelles à trouver une solution politique au conflit, et pour encourager l’organisation «au plus vite» d’une conférence internationale sur la Syrie.

Mais le processus pourrait être encore bloqué par le même obstacle: ni la Russie, ni le régime syrien n’acceptent que Bachar al-Assad Assad soit exclu du processus de transition, alors que le départ d’Assad est, pour les insurgés, une condition préalable à toute négociation.

«Nous devons avoir avec la Russie cette discussion franche pour la convaincre que son intérêt, l’intérêt de la région, et l’intérêt de la paix, c’est d’en terminer avec Bachar al-Assad», a de son côté déclaré le même jour en conférence de presse à Paris le président français François Hollande.

«Il faut que (Bachar al-Assad) transmette le pouvoir à une autorité de transition, c’est la seule façon dont nous allons résoudre cette crise», a encore répété pour sa part jeudi le président américain, ajoutant «Le plus tôt sera le mieux.»

La Turquie est quant à elle de plus en plus durement touchée par le conflit syrien.

Un double attentat à la voiture piégée dans la ville de Reyhanli le 11 mai dernier a fait 51 morts. Le premier ministre turc Erdogan, qui soutient les rebelles syriens, en a attribué la responsabilité à un groupuscule marxiste turc lié à Damas, qui a démenti pour sa part toute implication.

Mais, même avant cet attentat, Recep Erdogan avait demandé à Washington d’adopter une ligne plus dure face à Bachar al-Assad et, jeudi, lors de la conférence de presse commune à Washington, il a déclaré que «mettre fin à cette situation sanglante en Syrie et répondre aux demandes légitimes (des Syriens) en établissant un nouveau gouvernement sont deux volets sur lesquels nous sommes totalement en accord avec les États-Unis.»


Conférence de presse conjointe du président Obama et du premier ministre turc Erdogan le 16 mai (Vidéo: Maison-Blanche)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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