Frappes israéliennes contre la Syrie: Ban Ki-moon lance un appel au calme

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon. (Photo: ArchivesMark Garten/ONU)
Le Secrétaire général Ban Ki-moon. (Photo: ArchivesMark Garten/ONU)

Après la dernière attaque israélienne en Syrie contre un chargement d’armes à destination du Hezbollah libanais, alors que, d’un côté, la droite américaine y voit une occasion de pousser l’administration Obama à intervenir en Syrie et que, de l’autre côté, le monde musulman, l’Iran en tête, est en émoi, le Secrétaire général de l’ONU lance un appel au calme et à la retenue.

Ban Ki-moon s’est dit gravement préoccupé par les informations selon lesquelles des frappes aériennes auraient été lancées par Israël en Syrie, rapporte le service d’information de l’ONU, citant le porte-parole du Secrétaire général.

Le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU a souligné qu’«à ce stade, les Nations Unies ne disposent pas de détails concernant les incidents signalés. [Elles] ne sont pas davantage en mesure de vérifier de manière indépendante ce qui s’est passé ».

L’agence officielle syrienne Sana, a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche qu’une attaque israélienne avait eu lieu contre le centre de recherches scientifiques de Jamraya, à Damas.

L’armée israélienne s’est refusée à tout commentaire, mais un responsable du ministère de la Défense a dit qu’«Israël suit la situation en Syrie et au Liban, particulièrement le transfert d’armes chimiques et d’armes spéciales», éventuellement au Hezbollah libanais.

Le président américain, Barack Obama, a quant à lui refusé de commenter «ce qui s’est passé […] en Syrie», disant laisser «le gouvernement israélien confirmer ou démentir d’éventuels bombardements qu’ils auraient effectués».

Il a toutefois jugé «justifié» que les Israéliens cherchent à «se protéger contre le transfert d’armes sophistiquées à des organisations terroristes comme le Hezbollah» chiite, un allié du président Assad, de confession alaouite, une branche du chiisme.

Les attaques du 3 et du 5 mai étaient les 2e et 3e attaques du genre

La cible de la dernière attaque était un chargement de missiles de fabrication iranienne Fateh-110 à destination du Hezbollah, a déclaré un responsable israélien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Ces missiles téléguidés, chargés de bombes d’une demi-tonne, ont une portée qui leur permet de frapper facilement le coeur d’Israël.

Par contre, les États-Unis n’auraient reçu aucun avertissement avant les récentes frappes aériennes en Syrie, a déclaré dimanche un responsable du renseignement américain sous le couvert de l’anonymat.

Depuis le début du conflit, en mars 2011, Israël aura finalement mené trois raids près de Damas, le premier le 30 janvier dernier et, maintenant,  deux autres, les 3 et 5 mai. Les dernières attaques, celles de vendredi 3 mai et dimanche 5 mai,  visant trois postions militaires, auraient tué 42 soldats syriens.

L’attaque du 5 mai a touché un centre de recherches scientifiques à Jamraya, déjà visé le 30 janvier, ainsi qu’un dépôt de munitions et une unité de la défense anti-aérienne, selon une source diplomatique à Beyrouth. Celle  du 3 mai a visé des armes russes entreposées à l’aéroport de Damas.

L’Iran menace

Pour l’influent sénateur républicain John McCain, ex-candidat à la Maison Blanche et co-président du comité du Sénat américain sur les Forces armées, les frappes aériennes d’Israël sur la Syrie pourraient ajouter de la pression sur l’administration Obama pour que les États-Unis interviennent enfin en Syrie.

Damas, quant à lui,  a menacé de riposter, affirmant  que cette «agression» ouvrait la porte à toutes les options et la télévision d’Etat syrienne a  prévenu que «les missiles sont prêts pour frapper des cibles précises». Toutefois, les observateurs s’accordent à dire que le régime Assad est maintenant beaucoup trop faible pour s’engager dans un conflit avec Israël.

L’Iran, par contre, a déclaré dimanche que l’attaque d’Israël sur la Syrie allait «abréger la vie de l’entité sioniste», a rapporté le site du Hezbollah, Al-Manar.

«L’attaque menée par le régime sioniste va raccourcir la vie de ce faux régime» aurait déclaré le ministre iranien de la Défense, le général Ahmad Vahidi, selon Al-Manar..

Pendant ce temps, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast , condamnant l’attaque israélienne, a accusé «Le régime sioniste et ses alliés [de chercher]à semer la discorde ethnique et religieuse entre les pays musulmans.», discours auquel la Ligue arable, bien qu’opposée au régime Assad, ne s’est pas montrée insensible puisqu’elle a condamné à son tour l’attaque israélienne.

C’est dans ce contexte pour le moins tendu que «Le Secrétaire général appelle toutes les parties à agir dans le calme et à exercer la plus grande retenue afin de prévenir l’escalade d’un conflit déjà dévastateur et extrêmement dangereux», a dit le porte-parole de Ban Ki-moon, ajoutant que le Secrétaire général « […] exhorte au respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de tous les pays de la région, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.»

Pendant ce temps, Israël a déployé au nord, à sa frontière avec la Syrie, deux batteries du système de défense «Iron Dome» pour parer à toute éventualité.

À lire aussi:

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion2 commentaires

  1. Jasmine Romanov

    Ceci ne devait pas arriver un état qui bombarde un autre sans aucun motif valable et ce n'est pas la premiére fois, en Syrie ,en Somalie, en Irak avant l'invasion pour soit disant bombarder les réacteurs nucléaires. Est ce qu'un pays queconque a bombardé les réacteurs nucléaires d'Israel ?? Il est impossible que ces drames puissent avoir lieu si vraiment les responsables de l'ONU et du Conseil de Sécurité font leur travail !!!!! Ban Ki-Moon et consort s'ils ne se sentent pas capables de faires respecter les Lois internationales et les conventions de L'ONU, doivent démissionné.