Génocide au Guatemala: l’ex-dictateur Ríos Montt reconnu coupable

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(Photo: Archives/Amnesty International USA)
(Photo: Archives/Amnesty International USA)

Accusé du génocide de tribus indiennes durant son passage au pouvoir, en 1982 et 1983, en pleine guerre civile, l’ancien dictateur guatémaltèque Efrain Ríos Montt, a été reconnu coupable ce vendredi.

«L’accusé est responsable d’avoir commis le crime de génocide et (…) est condamné jusqu’à 50 ans ferme, et l’accusé est responsable de crimes contre l’humanité (crimes de guerre) commis contre la vie et l’intégrité de la population civile et (…) se voit imposé la peine de 30 ans de prison ferme», a déclaré la juge Jazmín Barrios, à la lecture du jugement historique qui peut être portée en appel.

Il était jugé depuis le 19 mars et a comparu aux côtés de l’ancien général José Rodriguez, à l’époque chef du renseignement, poursuivi pour les mêmes chefs d’accusation.

Protégé par son immunité parlementaire, Efrain Ríos Montt a échappé à la justice pendant plus de trente ans, avant de quitter le parlement en 2012. Il est le premier président sud-américain a être condamné pour génocide.

Assigné à résidence depuis un an, M. Ríos Montt, qui est âgé de 86 ans, est accusé d’être responsable du massacre de 1 770 indiens mayas de l’ethnie des Ixiles dans le département de Quiché. Devant ses juges, il a nié les charges pesant contre lui, de même que son co-accusé.

Les débats ont connu une série d’incidents de procédure provoqués par la défense qui a réussi à paralyser ce procès, le premier d’un ancien dirigeant guatémaltèque poursuivi pour génocide et pour lequel l’ancien dictateur a été condamné à une peine de 50 ans de prison pour génocide et 30 ans pour crimes contre l’Humanité, soit 80 ans de prison ferme.

Lors du procès, quelque 150 témoins et experts ont commencé à révéler les détails macabres d’actes perpétrés contre la population d’origine maya entre 1982 et 1983, période la plus critique de la guerre civile qui a duré 36 ans et fait 200 000 morts et 45 000 disparus au Guatemala, selon les Nations unies.

En 1999, la Commission pour l’éclaircissement historique recensa que la très grande majorité des crimes commis (plus de 90 %) lors de la guerre civile ont été commis par l’État (paramilitaires inclus) et qu’une très grande partie de ceux-ci ont été commis sous la dictature de Ríos Montt.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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