Golan: la coupe est pleine, les Philippins veulent retirer leurs observateurs

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Un poste d’observation de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD), dan le Golan syrien (Photo: Gernot Maier/ONU)
Un poste d’observation de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD), dans le Golan syrien (Photo: Archives/Gernot Maier/ONU)

Après un nouvel enlèvement le 7 mai de quatre de ses soldats sur le plateau du Golan, le deuxième enlèvement du genre après celui de 21 observateurs philippins, le 6 mars dernier, le ministre philippin des Affaires étrangères, Albert del Rosario, souhaite le retrait aussi tôt que possible des Casques bleus philippins de la Force de l’observation du désengagement sur le Golan (FNUOD)

Le ministre philippin des Affaires étrangères a déclaré ce vendredi 10 mai, qu’il allait proposer le retrait des 300 soldats philippins au président Benigno Aquino, qui prendrait la décision en dernier ressort.

Quatre observateurs philippins des Nations Unies ont en effet été enlevés, mardi 7 mai, près d’Al-Jamlah,sur le plateau du Golan. Les quatre hommes, membres de la FNUOD [Force des Nations Unies pour l’observation du désengagement sur le Golan, ndlr], ont été capturés «par un groupe armé inconnu». Ils patrouillaient dans la zone-tampon entre Israël et la Syrie, près de la localité d’Al-Jamlah, avait indiqué la porte-parole de la mission onusienne, Joséphine Guerrero.

Déjà, le 6 mars dernier, 21 observateurs de l’ONU avaient été enlevés par un groupe de combattants syriens armés dans cette même zone.

En mars, les 21 Casques bleus philippins avaient été capturés alors qu’ils effectuaient une «mission ordinaire d’approvisionnement près du poste d’observation 58, un poste évacué la semaine précédente à la suite de violents combats qui se déroulaient à proximité.

Les otages du 6 mars avaient été finalement libérés et Manille avait alors assuré que le pays maintiendrait ses troupes au sein de la Force de l’observation du désengagement sur le Golan (FNUOD).

«Le contingent philippin de la FNUOD restera stationné sur le plateau du Golan pour remplir sa mission au nom de la paix», avait alors déclaré un porte-parole de la diplomatie philippine, Raul Hernandez.

Base de la FNUOD sur le plateau du Golan (Photo: Archives/ONU)

Face à la menace sécuritaire pesant sur la région, la mission onusienne a d’ores et déjà arrêté ses patrouilles de nuit et abandonné plusieurs positions particulièrement exposées et les Nations-Unies craignent pour la pérennité de cette force, veillant, depuis 1974, au cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan.

Alors que les récentes opérations aériennes menées dans le sud de la Syrie ont relancé les tensions entre l’État hébreu et le régime de Bachar Al-Assad, le plateau du Golan a été ces dernières semaines le théâtre de plusieurs tirs d’obus.

D’ailleurs, craignant pour la sécurité de leurs troupes, plusieurs pays œuvrant au sein de la FNUOD ont ainsi décidé de réduire ou d’arrêter leur investissement humain dans la région du Golan où la situation est de plus en plus difficile.

Après le retrait des troupes canadiennes, japonaises et croates, il ne reste plus maintenant que les Autrichien, les Indiens et…les Philippins.

Il semble donc que, pour le ministre philippin des Affaires étrangères, le dernier enlèvement était de trop et il serait bien possible maintenant que les Philippins, à leur tour, retirent bientôt leurs observateurs.

«Dès qu’il dira ‘C’est bon!’, nous le ferons le plus vite possible», a-t-il déclaré à la presse, en référence à sa demande de retrait des observateurs philippins de la Force de l’observation du désengagement sur le Golan.

Pendant ce temps, le Secrétaire général de l’ONU, qui demande la libération immédiate des otages philippins et condamne fermement cet enlèvement, a lancé un appel à toutes les parties à respecter la liberté de mouvement des observateurs de la FNUOID: « Le Secrétaire général rappelle à tous les acteurs en Syrie que la FNUOD est mandatée pour surveiller la mise en œuvre de l’Accord sur le dégagement des forces israéliennes et syriennes et […] les appelle […] à respecter la liberté de mouvement des personnels de la FNUOD, ainsi que leur sûreté et leur sécurité».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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