INTERVIEW | Gertrude Kearns, artiste de guerre

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45eNord.ca a rencontré l’artiste de guerre, Gertrude Kearns à bord du NCSM Algonquin lors de l’Exercice Trident Fury au large de la Colombie-Britannique. Rencontre avec une femme hors du commun:

45eNord.ca: Gertrude Kearns, vous êtes une artiste de guerre. En quoi cela consiste?

Gertrude Kearns: Eh bien, artiste de guerre est un terme qui peut être ambiguë, il y a de l’art militaire, de l’art militaire qui peut être plus illustratif, plus puissant, … et c’est ce dernier que je me plais à penser que je pratique qui est profondément liée à une mission, comme celle en Afghanistan, que le travail doit avoir beaucoup de profondeur. Même si c’est le militaire qui est le sujet, ils’agit vraiment de l’art de la guerre. Donc ce n’est pas tant que d’exploiter ou de féliciter l’armée, mais plutôt sur la nature de l’engagement dans la guerre.

Pourquoi avez-vous choisi de faire cet art en particulier?

Cela a commencé en 1991 avec la crise du Golfe, une grande partie de mon travail était du noir et blanc, un travail abstrait, sachant que je voulais connaître la défense canadienne. C’est une idée qui me trottait dans la tête, je l’ai mise de côté durant deux ans, travaillant avec des personnes en particulier dans l’armée canadienne, pendant que je faisais ce premier corps de travail.

De 1993 jusqu’en 2001 environ, j’ai fait beaucoup de recherches sur les conflits, pour réaliser ces grandes toiles, puis en 2001, j’ai commencé à travailler avec les soldats et les commandants des Forces canadiennes, et c’est comme ça depuis 13 ans maintenant.

Vous travaillez donc beaucoup avec l’armée, mais maintenant vous êtes à bord du NCSM Algonquin pour l’exercice Trident Fury, avec la Marine royale canadienne. Pourquoi essayer quelque chose de différent?

Pour l’expérience. Une partie de mon travail est aussi dans le domaine de la défense, donc je travaille avec des gens qui sont des analystes, afin que je puisse me voir à un moment faire un travail qui serait lié à la sécurité maritime, le commandement naval… je ne sais pas, je veux dire que j’ai fait beaucoup de choses sur la nature du métier de soldat, de la nature de commandement dans l’armée. Je ne sais pas vraiment ce que l’avenir nous réserve. Mon projet de l’armée va maintenant me tenir occupé pendant un an et demi, et je verrai bien.

Lorsque vous décrivez une scène, quand vous imaginez quelqu’un, qu’est-ce que vous essayez de mettre dans cette image?

J’ai deux types de travail parallèles.

Il y a les grands portraits que je fais pour l’Institut militaire. Ces portraits sont, comme les chiffres avec toutes les armes et les uniformes et ainsi de suite.

Puis j’ai une seconde série avec certains de ceux qui étaient aux commandes en Afghanistan. Je fais des portraits de la tête au pied de 5 pieds à partir de photos prises pendant les séances de dessin. Ainsi, ces portraits sont un corps de travail.

Un autre travail parallèle est le texte de ces tableaux, le texte qui donnent un sens à ces images, un texte qui a différentes dynamiques.

Donc, je pense que le portrait, s’il fonctionne, et il devrait, doit exprimer l’intensité, la psychologie de la philosophie militaire, de l’individu, et avec le texte, il peut suggérer la convergence des théories, comme celles du chaos ou de la contre-insurrection, en une seule pièce, avec différents points de vue.

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans tout ça?

Probablement, être une civile, qui essaye de donner la perspective militaire, le point de vue de quelqu’un qui travaille dans le monde de la Défense. Je pense que c’est ça qui m’intéresse vraiment.

Donc, le travail semble être réussie de cette façon parce que j’ai le soutien de tant de soldats et les commandants me donnent de leur temps pour ce projet, qui n’est pas une commande [de la Défense].

Pour moi, c’est la chose la plus satisfaisante d’être entrée dans ce monde et d’essayer de lui rendre justice.

Ils vous donnent de leur temps et vous passez beaucoup de temps avec eux finalement.

C’est vrai. J’étais en Afghanistan en 2006, et j’ai été sur certains exercices, mais non, ces gens viennent à mon atelier pour le travail. Mais cela signifie que j’avais encore un lien avec la mission.

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Art of War Col P Stogran 2011Ceci est un portrait du colonel Pat Stogran, qui a été ombudsman des vétérans pour deux ans il y a plusieurs années.

Le portrait est de 54 par 42 pouces.

Le dessin de camouflage canadien (CADPAT), pixelisé, est cousue sur sa tête pour suggérer comment il est intensément engagé et impliqué, combien il prend à cœur et à l’esprit les affaires des soldats.

Il n’a jamais réellement porté l’uniforme avec le camouflage désert, il portait l’uniforme vert quand il a commandé dans la région du Sud en 2002. Mais ces questions d’anciens combattants et de méfiance actuelle des anciens combattants, il était intéressant de combiner les deux uniformes en une seule pièce qui entrent sa tête psychologiquement, comme un éclat de métal qui est fait de l’uniforme vert qu’il portait en 2002. Et j’espère qu’il fait aussi référence à l’uniforme canadien, le vert des plaines qui était là avant le CADPAT actuel.

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Saved For What 2011Celui-ci fait parti d’un groupe de 30 textes et d’œuvres dont la base sont des photographies, à partir des grands dessins originaux.

Le sujet de celui-ci est le seul à ne jamais s’être assis pour moi. C’est un soldat, pas un Canadien. Je ne peux pas dire qui il était, mais certainement pas un soldat canadien. C’est un soldat qui a perdu trois membres, a eu un bassin écrasé, des blessures internes, et un traumatisme crânien probablement, je ne suis pas sûr de cela, mais il n’a pas vécu pendant plus de quelques semaines.

Quoi qu’il en soit, à travers l’un des nombreux médecins avec qui je suis restais en contact au niveau militaire, j’ai eu cette photo, et je voulais faire une oeuvre qui exprime l’horreur absolue, le chagrin et la tristesse d’une blessure grave. Le titre, «Sauvé pour quoi?», fait référence au célèbre tableau de Varley, Fred Varley, intitulé «Pour quoi?», lors de la Première guerre mondiale et, en utilisant dans le contexte de «Sauvé pour quoi?», c’est comme une triple panique et peut être interprété de plusieurs façons.

Elle pourrait être interprétée, par exemple, à ce qui pourrait attendre le soldat avec une blessure de ce type s’il survit, ce qu’Anciens Combattants Canada peut fournir, la réalité changée. C’est une oeuvre qui suggère aussi une sorte d’aspect classique de la médecine, l’art de la médecine et les mots ars medicina en latin dans cette belle police, afin qu’ils se juxtaposent avec la police de «Sauvé».

Donc, c’est une oeuvre qui a beaucoup de soutien de vétérans qui la trouvent dérangeante, mais puissante. Elle a également suscité une réaction très négative de quelques soldats pour qui c’était extrêmement vulgaire et bas, de capitalisé ainsi sur leurs blessures. Mais je voulais que cette pièce fasse partie de la série pour présenter la question des horreurs de la guerre du point de vue militaire.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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