Irak: encore 58 morts aujourd’hui, un millier en deux mois

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Un homme adossé à des carcasses de voitures après un des attentats qui a touché le quartier de Habibiyah à Bagdad, le 27 mai 2013 (Photo: Ahmad al-Rubaye/AFP)
Un homme adossé à des carcasses de voitures après un des attentats qui a touché le quartier de Habibiyah à Bagdad, le 27 mai 2013 (Photo: Ahmad al-Rubaye/AFP)

Ça ne va plus du tout en Irak! Lundi 27 mai, 19 attaques, dont une dizaine d’attentats à la bombe, ont fait au moins 58 morts et 187 blessés, qui s’ajoutent aux morts et aux blessés depuis le début de cette flambée de violence en début d’année.

La recrudescence des violences fait craindre une résurgence du conflit confessionnelle entre sunnites et chiites en Irak, pendant que la Syrie se désintègre et que le Liban menace d’être entraîné dans la tourmente.

Lundi, l’Irak a été le théâtre de 19 attaques, dont plus d’une dizaine d’attentats à la bombe visant essentiellement les quartiers chiites à Bagdad et dans les environs de la capitale, pendant que, au nord, dans la province contestée de Kirkouk, un membre d’une milice anti Al-Qaïda et un gérant de générateurs privés ont été tués lors de deux attaques à main armée isolées, et qu’une bombe sur la route a tué un policier à Mossoul.

Par ailleurs, les forces irakiennes, déployant des troupes le long de la frontière syrienne, ont lancé samedi une vaste opération, qui se poursuivait lundi, contre des activistes sunnites dans le désert de l’ouest du pays.

Les attentats n’ont pas été revendiqués pour l’instant, mais les insurgés sunnites liés à Al-Qaïda, qui cherchent à déstabiliser le pays en ravivant les haines confessionnelles et prennent régulièrement pour cible des chiites, sont connus pour recourir à ce genre d’attaques.

IRAK

  • Arabes (75 à 80 %) [sunnites: 17 %, chiites: 77 %, + minorité chrétienne]
  • Kurdes (10 à 15 %, sunnites en majorité)
  • Turkmènes, Assyriens et autres (2%)

Le premier ministre Nouri al-Maliki, issu de la communauté chiite, majoritaire, avait déclaré la semaine dernière «que [les insurgés]ne seront pas en mesure de nous replonger dans le conflit confessionnel».

Lors d’une conférence de presse organisée dans un ancien palais de Saddam Hussein, il avait annoncé le remplacement à venir de «certaines personnes chargées de la sécurité, à haut niveau et à un niveau intermédiaire, et de changer de stratégie sécuritaire», visant tout particulièrement , dit-on, le général Ahmed Hachem, qui dirige le commandement des opérations à Bagdad.

Le pays est actuellement frappé par une profonde crise, tant politique que confessionnelle. Les opposants sunnites réclament la démission de Nouri al-Maliki, et la fin de la stigmatisation par les autorités dont ils s’estiment victimes.

Depuis le début de l’année, les violences ont fait chaque mois plus de 200 morts, avec un pic à plus de 460 en avril, selon un décompte de l’AFP.

Cette vague de violences laisse craindre un retour du conflit interconfessionnel qui avait fait rage en 2006 et 2007 à l’époque où les troupes américaines étaient régulièrement prises pour cible, faisant des milliers de morts tous les mois.

De plus, aujourd’hui, le conflit en Syrie voisine, où les alaouites [ un groupe chiite «laïcisant »] sont confrontés à une rébellion majoritairement sunnite, a ravivé le conflit interconfessionnel irakien qui, dans les années 2006-2007, faisaient plus d’un millier de morts chaque mois.

Rappelons, pour mémoire, que dans l’Islam, les sunnites représentent l’orthodoxie religieuse et qu’ils considèrent les chiites comme des hérétiques et des «infidèles».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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