Irak: Mossoul et Bagdad touchées par de nouvelles violences meurtrières

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Selon un bilan des Nations Unies, Avril 2013 a été le mois le plus meurtrier en Irak depuis près de cinq ans (Photo: Archives/TRT)
Selon un bilan des Nations Unies, Avril 2013 a été le mois le plus meurtrier en Irak depuis près de cinq ans (Photo: Archives/TRT)

L’explosion d’une voiture piégée devant une mosquée sunnite a coûté la vie à quatre personnes, ce vendredi, au nord de Bagdad, alors que neuf policiers ont été tués dans des combats dans le nord du pays.

712 morts et 1 633 blessés. À travers ce bilan «des violences et des actes terroristes» au cours du mois d’avril, la mission des Nations Unies à Bagdad a tenu, ce jeudi, à dresser le portrait actuel de la situation irakienne. «Le mois d’avril est le plus meurtrier depuis juin 2008», a-t-elle ajouté. Et l’instabilité se poursuit dans le pays.

Ce vendredi, plusieurs régions du pays ont été touchées par des affrontements ou autres attaques terroristes. À Rachidiya, au nord de Bagdad, la prière traditionnelle du vendredi a été entachée d’une nouvelle attaque sanglante. À la sortie de la mosquée sunnite Al-Ghoufrane, quatre personnes ont péri dans l’explosion d’une voiture piégée. 22 autres ont été blessées, selon des informations révélées par un responsable au ministère de l’Intérieur et une source médicale.

À l’ouest de la ville de Mossoul, dans le nord du pays, des affrontements entre policiers et hommes armés ont éclaté ce vendredi matin. D’après la police et une source médicale, plusieurs obus de mortier ont été tirés sur des barrages militaires. Neuf policiers ont été tués au cours de ces heurts alors que sept autres ont été blessés. Ces mêmes sources annoncent que quatre hommes armés ont également péri dans ces affrontements.

Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a fait état de deux nouvelles explosions dans le pays. Un officier de la police a ainsi été blessé à Al-Amil, dans le sud de Bagdad, lors de l’explosion d’une bombe magnétique. À Taji, au nord de la capitale, un autre engin explosif, posé au bord de la route, a blessé trois policiers.

Un pays affaibli et meurtri par les violences confessionnelles

Régulièrement la cible d’attaques de ce genre, les forces irakiennes doivent faire face, depuis plusieurs semaines, à une recrudescence des violences dans le pays. Si celles-ci n’atteignent pas le niveau critique du conflit religieux de 2006-2007, au cours duquel plusieurs milliers de personnes trouvaient la mort chaque mois, elles n’en restent pas moins préoccupantes pour l’avenir du pays.

Accusé d’accaparer le pouvoir et de marginaliser la minorité sunnite du pays, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki tente de faire face à ces tentatives de déstabilisation répétées. Car depuis plus d’un an, des milliers d’Irakiens manifestent dans les régions à majorité sunnite pour réclamer le départ du chef du gouvernement, membre du parti chiite Dawa.

De récentes violences ont notamment éclaté après l’assaut, le 23 avril dernier, des forces irakiennes à Hawija, au nord de Bagdad, dans un camp de manifestants sunnites hostiles au Premier ministre. Les autorités irakiennes ont alors assuré qu’elles avaient «demandé aux manifestants pacifiques non armés d’évacuer la place» avant l’assaut, ajoutant que l’opération visait «l’armée des Naqchbandis», un groupe rebelle islamiste violemment opposé au gouvernement.

Les violents affrontements qui ont suivi entre forces de l’ordre et insurgés ont ainsi coûté la vie à au moins 240 personnes à travers le pays. Entre l’assaut militaire et les actes de représailles, l’Irak s’est retrouvé, en quelques jours, meurtri par une escalade aussi soudaine qu’inquiétante des violences confessionnelles.

Le 26 avril dernier, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Irak, Martin Kobler, a déploré que l’Irak se dirige vers un avenir incertain si des mesures concrètes et décisives ne sont pas prises immédiatement pour mettre fin à l’escalade de la violence. «Il relève de la responsabilité historique des dirigeants iraquiens d’assumer le leadership et de prendre des mesures courageuses», a-t-il déclaré dans un communiqué. Avant de conclure que «le pays se trouve à la croisée des chemins».

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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