Jimmy Carter, 88 ans, au secours de la paix dans la péninsule coréenne

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L'ex-président américain Jimmy Carter (Photo: The Carter Center)
L’ex-président américain Jimmy Carter (Photo: Archives/The Carter Center)

L’ancien président américain Jimmy Carter aurait adressé une lettre au secrétaire d’État américain John Kerry faisant savoir qu’il mène actuellement des discussions avec la Corée du Nord et projette de se rendre à Pyongyang une nouvelle fois, rapporte l’agence sud-coréenne Yonhap.

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Mise à jour du 02/05/13 à 22h00

Finalement, l’agence sud-coréenne, qui avait été la première a faire état des rumeurs de voyage de l’ex-président Carter en Corée du Nord, apporte maintenant un démenti à cette information.

«L’ancien président américain Jimmy Carter a rejeté les spéculations des médias sur un projet de voyage à Pyongyang dans un avenir proche par le biais de sa porte-parole, Deanna Congilio, ce jeudi. Ce projet de voyage avait été évoqué hier dans un contexte de tensions sur la péninsule coréenne et suite à la condamnation d’un Américain d’origine coréenne détenu en Corée du Nord à 15 ans de travaux forcés», rapporte Yonhap.

L’attachée de presse de l’ex-chef d’État américain a expliqué à l’agence sud-coréenne que «le président Carter n’a pas reçu d’invitation pour une visite en Corée du Nord et il n’a pas le projet d’y aller».

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Lors de la première crise nucléaire nord-coréenne, en juin 1994, Jimmy Carter s’était déjà rendu en Corée du Nord où il s’était entretenu avec le dirigeant nord-coréen de l’époque, Kim Il-sung qui est le père de Kim Jong-il et le grand-père de l’actuel leader Kim Jong-un.

En avril 2011, sous la direction de Jimmy Carter, une délégation du groupe The Elders avait fait une visite de six jours en République de Corée (Corée du Sud), en République populaire démocratique de Corée (la Corée du Nord) et en Chine, pour tenter de désamorcer les tensions dans la péninsule coréenne.

The Elders est une organisation non gouvernementale regroupant des personnalités publiques connues rassemblées par Nelson Mandela en 2007 dont l’objectif est de résoudre les problèmes mondiaux en utilisant, dit le groupe… «près de 1000 ans d’expérience collective».

Jimmy Carter reçoit un cadeau en 1994 du président nord-coréen de l’époque, Kim Il Sung (Photo: Archives/The Carter Center)

Jimmy Carter, qui fut président des États-Unis de 1977 jusqu’en 1981, est un adepte de cette forme de diplomatie privée, en dehors d’un cadre officiel et des échanges diplomatiques traditionnels.

Cette fois, l’ex-chef d’État ne se rendrait pas à Pyongyang à la tête d’une délégation, mais à titre individuel. La Corée du Nord, qui cherche sans doute une porte de sortie à la crise qu’elle a elle-même créée, aurait exprimé son intention de l’inviter pour une visite, ont affirmé certaines sources diplomatiques à Washington.

Si le projet de voyage de l’ancien président américain se réalise, sa mission sera notamment de reformuler une demande de libération de Kenneth Bae, un américain d’origine coréenne détenu depuis novembre dernier en Corée du Nord pour avoir pris des photos d’enfants en train de mendier, alors qu’il était en Corée du Nord pour le compte d’un voyagiste, et qui vient d’être condamné ce jeudi 2 mai à 15 ans de camp de travail pour «actes hostiles» envers le régime communiste.

L’agence officiellenord-coréenne, KCNA, rapportait samedi dernier qu’il avait «avoué les délits d’avoir entretenu de l’animosité contre la République populaire démocratique de Corée et tenté de renverser» le régime. «Les charges (retenues contre lui) ont toutes été corroborées par des preuves», selon l’agence.

Washington a demandé sa libération immédiate.

L’affaire Kenneth Bae, qui pourrait être destinée à mettre de la pression sur les autorités américaines pour qu’elles acceptent des pourparlers avec Pyonyang, suivie d’une invitation de la Corée du Nord pour une visite adressée à l’ex-président Carter, tout cela ressemble beaucoup, selon les observateurs, à une tentative de forcer le dialogue avec les États-Unis.

Une tentative qui peut paraître tordue aux yeux des occidentaux, mais révèle peut-être une volonté de trouver une issue à la crise dans laquelle Pyongyang s’est enfermée.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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