Journée internationale des Casques bleus, aujourd’hui 29 mai

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Alors que plusieurs régions du monde sont plongées dans la tourmente et que les missions de maintien de la paix des Casques bleus, de plus en plus difficiles et risquées, deviennent des opératiuons d’imposition de la paix, l’ONU célèbre aujourd’hui, 29 mai, la Journée internationale des Casques bleus.

Cette Journée a pour but d’honorer la mémoire des Casques bleus qui ont perdu la vie au service de la cause de la paix et de rendre hommage à tous ceux et celles qui ont servi et continuent de servir dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Depuis que la première mission de maintien de la paix a été organisée, en 1948, plus de 3 100 militaires, agents de police et civils ont perdu la vie au service de la cause de la paix par suite d’actes de violence, d’accidents et de maladies, rappelle l’ONU à cette occasion.

«En 2012, 111 Casques bleus ont perdu la vie au service des Nations unies.», écrit Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix. «Plusieurs sont tombés sur le théâtre d’opération. En avril, cinq Casques bleus ont été tués au Soudan du Sud lorsque le convoi de civils qu’ils escortaient a été attaqué. En juin dernier, sept autres sont morts en Côte d’Ivoire, également victimes d’une attaque armée. Au cours de l’année écoulée, d’autres ont été tués au Darfour, à Abyei ainsi qu’en RDC.»

Ce 29 mai, les bureaux de l’ONU, en même temps que les États Membres et organisations non gouvernementales, organisent des manifestations solennelles à la mémoire des Casques bleus tombés au champ d’honneur.

Au Siège de l’ONU, à New York, le Secrétaire général déposera une gerbe en honneur de tous les Casques bleus qui ont perdu la vie sous les drapeaux de l’ONU.

En outre, la médaille Dag Hammarskjöld sera décernée à titre posthume aux Casques bleus tombés au champ d’honneur pendant l’année écoulée.

Les opérations de maintien de la paix de l’ONU profiteront aussi de cette journée, dit le Département des opérations de maintien de paix (DOMP), pour resserrer leurs liens avec les populations locales qu’elles servent en organisant des compétitions sportives, des visites d’écoles et d’orphelinats, des concours de peinture ou de rédaction, des expositions de photographies, des campagnes de nettoyage de quartier, des programmes de plantation d’arbres, des concerts et des conférences et des séminaires consacrés à des questions liées à la paix.

La nouvelle réalité des Casques bleus

Les opérations de maintien de la paix de l’ONU ont commencé en 1948 lorsque le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement d’observateurs militaires au Moyen-Orient.

Le rôle de la mission était alors de surveiller l’application de l’Accord d’armistice entre Israël et ses voisins arabes, de maintenir la paix à laquelle les deux États belligérants, Israël et la Syrie étaient parvenus.

Les premières missions «traditionnelles» des Casques bleus étaient donc surtout des tâches d’observation, accomplies par des militaires, certes, mais tout de même…

Toutefois, au fil des ans, lors de missions de plus en plus complexes, les Casques bleus se sont vus dans l’obligation d’aider à bâtir la paix et, aujourd’hui, les missions d’observation et de maintien de la paix d’hier pourraient bien devenir aussi des opérations «d’imposition» de la paix.

La nature des conflits a également profondément changé et, de plus en plus, au lieu de faciliter le règlement de conflits entre États, les opérations de maintien de la paix sont déployées pour faire face à des conflits intraétatiques et à des guerres civiles.

Les Forces de maintien de la paix des Nations Unies se voient donc confier de nouveaux mandats qui les amènent à se déployer dans de nouveaux cadres opérationnels tels que le Mali, «vaste nation désertique où les terroristes internationaux continuent de menacer la souveraineté nationale et la population locale.»

La République démocratique du Congo est un autre exemple. Pour tenter d’en finir une bonne fois pour toutes avec les luttes armées, l’ONU, qui a déjà commencé à utiliser des «Véhicules aériens non armés» dans ce pays, va maintenant y déployer une «Brigade d’intervention» dotée d’un «mandat offensif».

Quant à l’une des plus vieilles missions de l’ONU, celle de la FINUOD, établie en 1974 et chargée d’observer le désengagement des forces syriennes et israéliennes et d’établir une zone tampon, elle a dû, ironie du sort, rapatrier ses observateurs.


Le responsable des opérations de main tien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous (Vidéo: ONU)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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