Kerry ne relâche pas ses efforts pour relancer le processus de paix au Proche-Orient

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Le secrétaire d'État américain, John Kerry, avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 9 avril à Jérusalem (Photo: Archives/Department of State)
Le secrétaire d’État américain, John Kerry, avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 9 avril à Jérusalem (Photo: Archives/Department of State)

Au cœur d’une tournée au Proche-Orient, le secrétaire d’État américain John Kerry a été reçu, ce jeudi, à Jérusalem avant de se rendre à Ramallah, en Cisjordanie. Une nouvelle tentative prévue pour relancer durablement le processus de paix israélo-palestinien, actuellement dans une profonde impasse diplomatique.

John Kerry n’est pas résigné. Bien au contraire. Malgré le gel du processus de paix entre les autorités israéliennes et palestiniennes, le secrétaire d’État américain tente une nouvelle fois de rouvrir un dialogue constructif. Ce jeudi, il a été reçu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu du côté de Jérusalem. A l’issue de cette réunion, il devait se rendre du côté de Ramallah, en Cisjordanie, pour y rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas.

«Nous espérons, qu’en étant méthodiques, prudents, patients, précis et tenaces, nous pourrons avancer» vers un processus de paix entre Israël et la Palestine, a-t-il affirmé avant son entrevue avec Benjamin Netanyahu. «Je connais suffisamment cette région pour savoir qu’il y a du scepticisme et dans certains cas du cynisme […] Il y a eu des années d’amertume et de déception», a-t-il ajouté. Une tendance lourde à laquelle il souhaite mettre fin.

Mais comme pour ses prédécesseurs, sa tâche apparait délicate. Et pour cause, malgré de nombreux déplacements et rencontres depuis sa prise de fonction, le 1er février dernier, le secrétaire d’État américain peine à faire bouger les choses. Seules la réactivation du plan de paix adopté en 2002 au sommet de Beyrouth et une entente commune avec les responsables israéliens et palestiniens pour «promouvoir le développement économique en Cisjordanie» ont vu le jour.

John Kerry salue le «sérieux» de Benjamin Netanyahu

S’il préfère avant tout s’inscrire dans une démarche sur le long terme, le chef de la diplomatie américaine attend des gestes et des avancées concrètes de la part de ses interlocuteurs. «Nous voulons avant tout que les pourparlers de paix reprennent avec les Palestiniens», lui a répondu Benjamin Netanyahu, ce jeudi. «C’est quelque chose que nous voulons, quelque chose que vous voulez et que, je l’espère, les Palestiniens veulent», a-t-il ajouté.

Malgré l’impasse actuelle des négociations, John Kerry a ainsi tenu à saluer le «sérieux» avec lequel le Premier ministre israélien a «entrepris le travail» de fond mentionné par le président américain Barack Obama lors de sa visite au mois de mars dernier. Le général américain John Allen est «ici sur le terrain pour travailler avec ses homologues sur les questions de sécurité», a-t-il précisé, démontrant ainsi l’investissement américain pour résoudre les différends dans la région.

Mais malgré les déclarations volontaires des différents dirigeants, tant israéliens que palestiniens, les accusations respectives minent les négociations diplomatiques. Un membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Tayssir Khaled, a notamment affirmé à la radio officielle Voix de la Palestine qu’il ne s’attendait a aucune «percée» lors de la visite de John Kerry.

Et pour cause, «il est clair que le gouvernement Netanyahu n’est pas sur le point de changer de politique», a-t-il affirmé, estimant que «les colonies sont devenues sa priorité». «Mais le problème, c’est que les Américains n’aient pas pris une position claire sur la colonisation. Ils n’ont pas exigé d’Israël qu’il y mette fin», a-t-il ajouté.

«Des divergences idéologiques» au sein du gouvernement israélien

Mais le secrétaire d’État américain doit également faire face aux prises de position différentes au sein du gouvernement israélien. La ministre de la Justice, chargée des négociations avec les Palestiniens, Tzipi Livni, a notamment évoqué «des divergences idéologiques au sein du gouvernement».

Selon elle, l’impasse actuelle «ne sert que ceux qui pensent que chaque jour qui passe permet de s’installer sur un terrain [en Cisjordanie]de construire une nouvelle maison [dans une colonie]et qu’ainsi il est possible d’empêcher un accord». Une référence toute trouvée au lobby des colons et à certains partenaires de la coalition actuellement au pouvoir.

Pour sa part, le ministre des Finances Yaïr Lapid, grand vainqueur des élections de janvier à la tête du parti centriste Yesh Atid, a ainsi exclu le gel de la colonisation réclamé par les Palestiniens pour reprendre les négociations et toute concession sur Jérusalem-Est occupé et annexé par Israël.

Une situation qui ne laisse guère espérer d’amélioration imminente. Pour autant, John Kerry ne relâche pas ses efforts et semble bien décider à retrouver les bases d’une négociation pacifique. Pour l’instant, en vain.


Le secrétaire d’État américain John Kerry en visite à Jérusalem – 23 mai 2013 (Vidéo: Jewish News One)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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