La Corée du Sud apprend une visite japonaise en Corée du Nord … dans les journaux!

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Isao lijima, le conseiller du premier ministre japonais Shinzo Abe  atterrit à Pyongyang (capture d'écran/KCNA)
Isao lijima, le conseiller du premier ministre japonais Shinzo Abe atterrit à Pyongyang (capture d’écran/KCNA)

Le Japon n’a pas informé la Corée du Sud ou les États-Unis de la visite surprise en Corée du Nord d’Isao Iijima, un conseiller du premier ministre Shinzo Abe, qui est arrivé à Pyongyang mardi, et c’est par les médias nippons et l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA que les Sud-Coréens ont appris la nouvelle.

C’est du moins ce qu’affirme ce matin l’agence sud-coréenne Yonhap, faisant état de la crainte de la Corée du Sud qu’une telle visite ne nuise aux efforts visant à une approche coordonnée envers le pays communiste.

Cette visite indiquerait peut-être selon certaines spéculations que le Japon cherche à améliorer ses relations avec le Nord alors qu’il fait face à une dispute territoriale grandissante avec la Chine.

«La visite de la délégation japonaise en Corée du Nord est un acte inattendu qui ne s’aligne pas avec l’attitude de la communauté internationale pour résoudre la question du nucléaire nord-coréen», a indiqué à l’agence sud-coréenne une source gouvernementale sud-coréenne, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ajoutant «Des discussions entre la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon auront lieu au sujet de cette visite».

Qui veut la fin…veut les moyens

Mais le premier ministre japonais, Shinzo Abe, s’est déclaré mercredi favorable à un sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, si cela pouvait de résoudre le problème des Japonais enlevés par la Corée du Nord dans les années 1970 et 1980.

La Corée du Nord, avec qui le Japon n’a pas de relations diplomatiques, avait enlevé dans les années 1970 et 1980 13 Japonais dans le but de s’en servir comme professeurs de langue et de culture nippone pour ses espions.

Tokyo accuse Pyongyang de détenir encore des kidnappés japonais, mais la Corée du Nord prétend que, parmi les 13 qu’elle a reconnu avoir enlevés, huit sont maintenant décédés.

«Si un sommet est considéré comme un moyen important de travailler à la résolution du problème des kidnappés, nous devons naturellement le prendre en compte dans nos négociations avec eux», a déclaré le premier ministre japonais au Sénat mercredi, en réponse à un élu de l’opposition qui lui demandait s’il serait prêt à rencontrer Kim Jong-Un.

Son conseiller,Isao Iijima devrait pour sa part rester en Corée du Nord jusqu’à vendredi, rapporte l’agence de presse japonaise Kyodo.

Isao Iijima avait déjà travaillé avec un autre Premier ministre conservateur nippon, Junichiro Koizumi (2001-2006), organisant pour lui deux spectaculaires voyages en Corée du Nord en 2002 et 2004 qui avait permis au premier ministre japonais de récupérer cinq Japonais enlevés plusieurs décennies auparavant par les services secrets nord-coréens.

L’agence officielle nord-coréenne KCNA, …toute fière de la visite, ne s’est pas privée quant à elle de largement diffuser la vidéo de l’arrivée du conseiller du premier ministre japonais.


Isao lijima, conseiller du premier ministre japonais est arrivé mardi enCorée du Nord (Vidéo: KCNA)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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